600 start-ups belges appellent à l'aide

Davy Kestens, le fondateur de Cake, est l'un des instigateurs de l'appel des start-ups au gouvernement belge. ©Debby Termonia

Les start-ups belges sont au bord de la banqueroute. Elles demandent des garanties financières de l'État pour les sauver. Une initiative inédite pour le secteur qui ne fait pas l'unanimité.

La crise frappe toutes les entreprises, surtout les plus petites et les plus jeunes. Les start-ups belges ont fait l’actualité depuis le début de la crise sanitaire en proposant leurs services gratuitement via la plateforme StartupsXCovid19 ou en mettant leur technologie et leur agilité au service du monde médical (Bingli, DNAlytics, Robovision, Savics, Andaman7, UgenTec...).

Pour la première fois, une forme de fédération de start-ups est née, car l’heure est grave. Pas moins de 600 start-ups du nord et du sud du pays se sont rassemblées pour parler d’une seule voix et réclamer de l’aide du gouvernement fédéral.

"Si la situation perdure, elle conduira à la dissolution quasi complète de l’écosystème des start-ups belges."

Les start-ups ont un problème majeur: le cash. "La majorité de nos start-ups et de nos scale-ups perdent leurs clients, les nouveaux contrats sont reportés, les investisseurs freinent leurs investissements. Plus de la moitié des start-ups numériques n’ont assez d’argent que pour tenir 6 mois", expliquent-elles dans un communiqué publié ce lundi.

Si la situation reste en l’état, "elle conduira à la dissolution quasi complète de l’écosystème des start-ups belges", peut-on y lire.

Une aide financière sous forme de garantie

Les start-ups belges demandent que lorsqu’elles arrivent à sécuriser 25% de leurs besoins financiers, l’État fournisse une garantie pour les 75% restant qu’ils soient sous forme de prêts ou d’investissements. Elles estiment que lorsque des investisseurs avertis se sont engagés à couvrir 25% des besoins de financement d’une start-up, le gouvernement a une solide preuve de viabilité.

Dans leur communiqué, elles reconnaissent toutefois les efforts déjà réalisés, notamment au niveau flamand avec un programme de 250 millions d’euros du gouvernement flamand pour l’octroi de prêts aux start-ups régionales.

Le fédéral n'oublie pas les start-ups

"Une start-up est naturellement conçue pour pouvoir résister quelques mois sans avoir de revenus, c'est le principe même de ce type d'entreprise. Je suis donc un peu surpris par l'appel de ce lundi."
Pierre Rion
CEO du fonds WING

Du côté du gouvernement fédéral, on n’a pas attendu l'appel de ce lundi pour se mettre au travail. Un groupe de travail dédié aux jeunes pousses a vu le jour au sein du groupe de "Risk Management" sur les indépendants et les PME. Il est notamment composé de l'ensemble des fonds d'investissement régionaux et de figures de proue du secteur comme Pierre Hermant (finance&invest.brussels), Pierre Rion (Wing), Laurent Hublet (BeCentral) et Olivier Witmeur (Star.Lab). "Nous écouterons les revendications des initiateurs de cet appel. Nous sommes occupés à préparer un modèle de financement hyper rigoureux. Nous arriverons bientôt avec des solutions, ce sera ensuite au politique à décider." explique Pierre Hermant. 

"Une start-up est naturellement conçue pour pouvoir résister quelques mois sans avoir de revenus, c'est le principe même de ce type d'entreprise. Je suis donc un peu surpris par l'appel de ce lundi", commente de son côté Pierre Rion, à la tête du fonds wallon Wing. Selon lui, ce sont surtout les start-ups qui étaient en cours de levée de fonds qui seront le plus impactées.

L'appel des 600 start-ups aura en tout cas servi à accélérer les choses, tout ce petit monde devrait se retrouver autour d'une table ce mardi soir pour trouver des pistes de solution pour le secteur.

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