À Ciney, les bovins ne se pressent plus au portillon

Au marché couvert de Ciney, le nombre de bêtes présentes est retombé mi-mars à 600, avant de remonter à un peu plus de 1.000 la semaine dernière. ©Anthony Dehez

La crise du coronavirus a fortement réduit l'affluence au marché couvert de Ciney. Vendredi dernier, un bon millier de bovins étaient présents, contre 2.500 habituellement.

Avec les règles de distanciation, fini la 'paumée', cette tape dans les mains qui conclut une transaction entre un éleveur et un acheteur. Au marché couvert de Ciney, les ventes de bovins se poursuivent, secteur prioritaire oblige. Mais les règles de distanciation s'appliquent ici aussi. Sans difficulté majeure.

Il est vrai que la fréquentation du marché couvert condruzien n’est plus ce qu’elle a été. Dans les années 70 et 80, le marché de Ciney, qui accueillait plus de 4.000 têtes, a été le plus grand marché aux bestiaux d’Europe. Depuis lors, la fréquentation moyenne est retombée entre 2.200 et 2.500 bêtes.

La crise du coronavirus lui a donné un gros coup de mou. Mi-mars, le nombre de bêtes présentes plafonnait à 600, un nombre qui est progressivement remonté pour dépasser les 1.000 têtes la semaine dernière. Certains éleveurs ont peur. "Ils ne veulent pas courir le risque lié à un lieu d'affluence, ce qui s’explique facilement. La moyenne d'âge de la population qui fréquente le marché couvert dépasse les 50 ans", dit Marc Dive, le nouveau directeur du marché cinacien.

Hall d'attente

2,50
Le prix du kilo-carcasse (le poids d’une bête sans la peau et les tripes) de la viande 'de fabrication' a été ramené de 3 euros à 2,50 euros.

Les contraintes liées à la distanciation dissuadent peut-être aussi certains vendeurs. Les transporteurs de bétail sont priés de rester dans leurs camions. Les passeports des animaux transportés sont scannés à l’entrée. Les camions descendent alors près des quais où sont déchargés les animaux, et les vendeurs sont invités à patienter dans le "petit marché", réaménagé en hall d’attente, sous l'œil attentif de la police.

Mille bêtes au lieu de 2.500, cela représente un solide manque à gagner. S'ajoute à cela une baisse sensible des prix de la viande "de fabrication", destinée à des préparations (hamburgers...). Le prix du kilo-carcasse (le poids d’une bête sans la peau et les tripes) a été ramené de 3 euros à 2,50 euros. Pour la viande de qualité, les prix restent par contre stables, voire se raffermissent. Pour un blanc-bleu-belge haut de gamme, le prix du kilo-carcasse est passé de 4,75 à 5,10 euros.

"Le plus important, c’est de maintenir l’outil. Une interruption de l’activité ferait courir plus de risques au marché couvert."
Marc Dive
Directeur du marché couvert de Ciney

"Les gens cuisinent plus et mangent plus de viande noble, ce qui favorise une poussée de la demande, et donc des prix", dit Benoît Cassart, secrétaire de la Fédération du commerce de bétail et de viande. Qui s'inquiète toutefois de l’impact futur de la crise sur le pouvoir d’achat.

Pas question en tout cas de suspendre la vente des animaux. "Le plus important, c’est de maintenir l’outil. Une interruption de l’activité ferait courir plus de risques au marché couvert, ou retarderait son redémarrage", souligne Marc Dive.

Lire également

Publicité
Publicité