Dix jours de rab' potentiels pour les universités et les hautes écoles

Les universités et les hautes écoles pourront prolonger l'année académique jusqu'au 10 juillet si elles en éprouvent le besoin. ©BELGA

Les établissements d'enseignement supérieur seront libres de prolonger leur calendrier académique jusqu'au 10 juillet. Cette souplesse ne fait toutefois pas que des heureux.

Les lundis se suivent et se ressemblent pour les acteurs de l'enseignement supérieur. Depuis maintenant trois semaines, à 14 h 30 précises, le rituel se répète: les représentants des hautes écoles et des universités se concertent par visioconférence avec la ministre Valérie Glatigny (MR) à propos de la fin de l'année académique. 

À moins de deux mois du début des examens, qui concernent au total plus de 200.000 étudiants, les interrogations restent en effet nombreuses. Elles portent non seulement sur l'organisation des épreuves de fin d'année, mais aussi sur la remise des mémoires et des travaux de fin d'études (TFE), les travaux pratiques ou encore les stages. Des décisions sont désormais proches, nous assure-t-on. 

Souplesse et balises

Alors que les universités flamandes ont rapidement fait la clarté sur leur organisation en cette fin d'année, les acteurs francophones ont pris le temps de la réflexion.

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Ce mardi, Valérie Glatigny soumettra finalement au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles une note d'orientation reprenant plusieurs pistes.

Que contiendra-t-elle exactement? Une idée centrale du document est de permettre aux établissements supérieurs de faire preuve de "souplesse" dans l'organisation de la fin du quadrimestre. Parallèlement, des balises vont être posées afin de "garantir l'égalité entre les étudiants qui présentent une épreuve", explique le cabinet de la ministre.

"L'idée que la date du 10 juillet n'est pas un objectif à atteindre mais bien une souplesse laissée aux établissements est passée."
Roland Lahaye
Secrétaire général de la CSC Enseignement

Concrètement, la possibilité de prolonger l'année académique jusqu'au 10 juillet va être offerte aux universités et hautes écoles. Chacune d'entre elles restera bien entendu libre d'y avoir recours ou pas. En ce qui concerne les examens, le document stipule que les étudiants devront recevoir les dates et les modalités – en présentiel ou à distance par exemple – suffisamment à l'avance. Une balise temporelle devrait prochainement être avalisée en gouvernement. 

En ce qui concerne les stages, les mémoires et les TFE, la souplesse sera aussi de mise. "Des aménagements seront possibles, avec un rôle important attribué au jury", prévoit la note.

"Inégalité de traitement"

À l'issue de la réunion, le front commun syndical semblait globalement satisfait. "L'idée que la date du 10 juillet n'est pas un objectif à atteindre, mais bien une souplesse laissée aux établissements est passée", nous assure le secrétaire général de la CSC-Enseignement, Roland Lahaye. 

"Étant donné que chaque établissement va pouvoir choisir de prolonger ou non l'année, on va se retrouver avec une inégalité de traitement entre les étudiants."
Chems Mabrouk
Présidente de la FEF

Parmi les acteurs de l'enseignement supérieur, qu'ils soient issus des universités ou des hautes écoles, l'espoir de pouvoir s'en tenir au calendrier habituel reste par ailleurs vivace. Lundi matin, le recteur de l'ULB, Yvon Englert, a expliqué qu'il pensait "toujours possible de terminer l'année dans les temps". Son homologue de l'UCLouvain, Vincent Blondel, ne disait pas autre chose la semaine dernière. Quant aux modalités pratiques des épreuves, la réflexion bat toujours son plein dans les établissements supérieurs. Un mix entre examens en présentiel et à distance pourrait être privilégié par certains.

Du côté de la Fédération des étudiants francophones (FEF) par contre, les plans de la ministre déçoivent. "Étant donné que chaque établissement va pouvoir choisir de prolonger ou non l'année, on va se retrouver avec une inégalité de traitement entre les étudiants", déplore sa présidente Chems Mabrouk. Cette dernière s'inquiète en outre du "flou" persistant sur la question des stages. 

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