Êtes-vous prêts pour des vacances "longue distance"?

Suite à l'impact de la crise sanitaire, Santorin se transforme en île fantômes alors que la saison touristique était censée y commencer.

La pandémie touche le secteur du tourisme de plein fouet. Selon l'Organisation mondiale du tourisme, 72% des acteurs ont déjà fait une croix sur leurs touristes internationaux.

Des frontières fermées, des avions cloués au sol, des hôtels contraints à rester portes closes, la pandémie du Covid-19 pèse sur le secteur du tourisme. Selon l'Organisation mondiale du tourisme (UNWTO), 100% des destinations connaissent encore des restrictions sur les voyages. 72% ont mis un terme complet au tourisme international, selon les données collectées le 27 avril 2020.

Et pourtant, la période estivale approche. Charlie Chahine tient un hôtel sur l'île grecque de Santorin. En ce moment, il devrait accueillir ses premiers clients de la saison, mais rien. "La situation est au point zéro. Aucun mouvement. Mais comment les touristes arriveraient-ils ici sans avion? En sous-marin?", ironise-t-il. Alors les villes de Santorin se transforment en villes fantômes, laissant entrevoir le pire pour un pays qui après avoir dû se serrer la ceinture pour éviter la banqueroute, voit maintenant son secteur touristique à l'arrêt. Un secteur qui représente plus de 15% du PIB du pays. 

L'Europe réfléchit

Outre la Grèce, c'est tout le secteur touristique européen qui est fortement affecté par les mesures prises pour éviter la propagation de la pandémie du Covid-19. Certes, on tente de s'organiser. L'Espagne, l'un des pays les plus endeuillés par le virus, veut ainsi devenir l'une des destinations les plus saines et hygiéniques pour tenter coûte que coûte de sauver sa saison.   

6,4 millions
d'emplois
Quelque 6,4 millions d'emplois pourraient disparaître dans le secteur du tourisme européen, selon la Commission européenne.

La Commission européenne planche sur des mesures pour soutenir le secteur. Normalement ce sont quelque 150 milliards d'euros de recettes qui sont récoltés sur la seule période juin-août, notamment via 360 millions d'arrivées internationales. Même si elle préconise la poursuite de la fermeture des frontières extérieures de l'Union jusqu'à la mi-juin pour les déplacements non essentiels, elle s'inquiète notamment pour l'emploi du secteur. 

"Notre industrie touristique est en grave danger. 6,4 millions d'emplois pourraient disparaître dans le secteur. Les restaurants et hôtels ont fait état d'une chute de 50% de leur chiffre d'affaires et les compagnies aériennes et les croisiéristes d'un plongeon des revenus pouvant atteindre 90%".

Prêts à faire vos valises?

L'Organisation mondiale du tourisme appelle les gouvernements à travailler main dans la main pour assouplir les mesures et lever les restrictions de manière "opportune et responsable". "Le tourisme est une bouée de sauvetage pour des millions de personnes, en particulier dans les pays en développement. Ouvrir à nouveau le monde au tourisme permettra de sauver des emplois, de protéger les moyens de subsistance et de permettre à notre secteur de reprendre son rôle vital de moteur du développement durable." 

"La situation est au point zéro. Mais comment les touristes arriveraient-ils ici sans avion? En sous-marin?"
Un hôtelier de Santorin

Reste à savoir, si le citoyen fera cette année ses valises pour de longues distances en avion? Est-il prêt à se faire prendre la température avant de monter dans un appareil et de porter un masque tout au long du vol, comme le demandent certaines compagnies, telles que Air France?

Le tourisme international a plongé de 22% au premier trimestre et pourrait reculer de 60 à 80% sur l’ensemble de l’année. En mars, les arrivées de touristes internationaux ont diminué de 57 %, soit suite une diminution de quelque 67 millions de touristes et d'environ 80 milliards de dollars de recettes, précise le Secrétaire général de l'OMT, Zurab Pololikashvil.

Quant à la reprise, les experts de l'UNWTO tablent davantage sur 2021.

 

Lire également

Publicité
Publicité