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Il faudra en faire davantage

Un plan de sauvetage économique.

L'Allemagne, la première économie européenne, a annoncé ce lundi un plan de sauvetage massif de plusieurs centaines de milliards d'euros pour faire face à la crise provoquée par le coronavirus. C'est du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale. Au passage, Berlin a laissé tomber son dogme du non-endettement, pourtant inscrite dans sa Constitution.

L'Allemagne n'est évidemment pas le seul pays à agir. Tous le font. La Banque centrale européenne a sorti son chéquier en promettant de racheter 750 milliards de dettes. La zone euro fait voler en éclats toutes les règles du Pacte de stabilité. 

Et en Belgique? À ce stade, le "bazooka" belge est plutôt un gros pétard. Qu'on ne s'y méprenne: les différents gouvernements du pays se mobilisent: l'extension du chômage temporaire et du droit passerelle pour les indépendants, des dispenses de cotisations, des délais de paiement, des crédits assouplis, des garanties bancaires, etc. Toutes ces décisions vont dans la bonne direction. Mais il faudra en faire plus – beaucoup plus – pour amortir le choc.

À ce stade, le "bazooka" belge est plutôt un gros pétard.

Las, la Belgique est pénalisée par une situation budgétaire délicate, avec 12 milliards de déficit public et une dette tutoyant les 100% du PIB... avant même le début de la crise. Sa marge de manœuvre est donc plus restreinte. C'est une leçon qu'il faudra retenir pour l'avenir: en période "normale", une gestion saine des finances publiques reste indispensable pour pouvoir faire face aux imprévus. 

Dans ce contexte, la Belgique devra donc se montrer sélective et efficace dans les choix budgétaires à venir. D'évidence, les soins de santé devront figurer dans la liste de nos priorités. Les aides économiques devront être ciblées sur le pouvoir d'achat des citoyens et sur les entreprises qui ont réellement pâti de la crise. Inutile de soutenir à bout de bras des sociétés qui étaient déjà mal gérées auparavant, par exemple. 

Le salut belge viendra aussi, espérons-le, de l'Europe. Devant une crise qui devrait provoquer une grave récession – d'au moins 5% cette année, selon le ministre allemand de l'Économie –, l'austérité n'est pas la réponse. Les pouvoirs publics peuvent soutenir un endettement plus prononcé. C'est toute une architecture économique qu'il faudra réinventer: elle passera notamment par davantage de solidarité européenne, via la création d'eurobonds notamment, par l'innovation et par des investissements dans de la production locale. 

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