L'Europe et la Chine passent aux essais cliniques de molécules contre le Covid-19

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Quelque 3.200 patients européens, dont des Belges, vont être testés à quatre traitements. La Chine a elle lancé un essai clinique d'un vaccin.

Alors que le nombre de personnes infectées par le coronavirus ne cesse de croître, le secteur pharmaceutique met les bouchées doubles. Le ministère français de la Santé a annoncé dimanche qu'un essai clinique européen avait été lancé dans au moins sept pays européens, dont la Belgique. Ces essais permettront de tester quatre traitements expérimentaux contre le coronavirus. Quelque 3.200 patients vont participer à cet essai.

Les quatre traitements testés à grande échelle seront les molécules suivantes: le remdesivir, le lopinavir en combinaison avec le ritonavir, ce dernier traitement étant associé ou non à l'interféron bêta, et l'hydroxychloroquine, selon un communiqué de l'Inserm, l'organisme qui chapeaute la recherche médicale en France.

Fabriqué par Gilead Sciences, le remdivisir est un antiviral à large spectre. Il a été testé lors de l'épidémie de virus Ebola en Afrique de l'Ouest, de 2013 à 2016, mais sans grand succès. Il a par contre donné de bons résultats dans des tests sur des animaux affectés par des coronavirus proches du Covid-19, le SRAS et le Mers. 

Les molécules lopinavir et ritonavir sont quant à elles utilisées en binôme contre le HIV. Elles sont commercialisées par le laboratoire américain Abbott Laboratories sous le nom de Kaletra et ritonavir et par Abbvie sous le nom d'Aluvia. Un premier essai clinique en Chine avec ces deux molécules seules n'a, semble-t-il, toutefois pas donné de très bons résultats.  

3.200
patients
3.200 patients européens incluant la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Espagne, et peut-être d'autres pays vont être inclus dans ces essais cliniques.

"Il est prévu d'inclure 3.200 patients européens incluant la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Espagne, et peut être d'autres pays dont au moins 800 en France, hospitalisés pour une infection Covid-19 dans un service de médecine ou directement en réanimation", a précisé l'Insem.

Baptisé Discovery, cet essai inclut donc l'hydroxychloroquine, un antipaludique fabriqué par Sanofi et Novartis. Depuis l'apparition du nouveau coronavirus en Chine, le Pr Didier Raoult, directeur de l'IHU Méditerranée Infection à Marseille, défend l'usage de la chloroquine contre la maladie. Il a suscité des réserves chez de nombreux autres spécialistes, qui estiment notamment que les essais qu'il a menés auprès de 24 patients ne répondent pas à tous les critères nécessaires.

"Cet essai a permis d'aboutir à des résultats intéressants qui sont d'ailleurs publiés ce jour dans International Journal of Antimicrobial Agents", selon le Pr Salomon. Ce test sera "adaptatif" et "très rapidement les traitements expérimentaux inefficaces pourront être abandonnés et remplacés par d'autres molécules qui émergeront de la recherche", souligne dans le communiqué de l'Inserm Florence Ader, infectiologue à l'hôpital de la Croix-Rousse au CHU de Lyon, qui va piloter le projet.

Un autre essai clinique international sera lancé "sous l'égide de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), baptisé 'Solidarity'", indique encore l'Inserm.

Une taskforce belge

Afin de coordonner la demande croissante de tests au coronavirus, la ministre de la Santé publique Maggie De Block a créé une taskforce sous la direction du ministre De Backer. Cette taskforce a comme objectif d'élargir au maximum la capacité belge de tests.

Laboratoires cliniques et hospitaliers, universités, entreprises biotechnologiques et pharmaceutiques et fournisseurs de machines et de réactifs sont appelés à unir leurs forces.

La Chine teste elle aussi

La Chine annonce aussi lancer un premier essai clinique pour tester un vaccin contre le nouveau coronavirus

Cent et huit volontaires, répartis en trois groupes, ont reçu vendredi de premières injections, rapporte le quotidien anglophone Global Times. Âgés de 18 à 60 ans, ils sont tous originaires de la ville de Wuhan, où le Covid-19 a fait son apparition en décembre avant de se propager à l'étranger.

Ces volontaires chinois seront suivis pendant six mois.

Une promesse: 12 à 18 mois

Des multinationales de l'industrie pharmaceutique se sont engagées jeudi à fournir un vaccin contre le Covid-19 "partout dans le monde", dans un délai estimé de 12 à 18 mois minimum.

Des multinationales de l'industrie pharmaceutique se sont engagées jeudi à fournir un vaccin contre le Covid-19 "partout dans le monde", dans un délai estimé de 12 à 18 mois minimum.

De son côté, la Russie a annoncé avoir commencé à tester un vaccin sur des animaux. Les premiers résultats seront connus en juin. Le pays avait assuré en janvier se lancer immédiatement dans le développement d'un vaccin, après avoir reçu de la Chine le génome du Covid-19.

 

 le médicament injectable Remdesivir, fabriqué par Gilead Sciences, est un antiviral à large spectre 

 le médicament injectable Remdesivir, fabriqué par Gilead Sciences, est un antiviral à large spectre 

 

Le remdesivir avait été testé lors de l'épidémie de virus Ebola en Afrique de l'Ouest, de 2013 à 2016, mais sans grand succès. Il a en revanche donné de bons résultats dans des tests sur des animaux affectés par des coronavirus proches de celui qui sévit actuellement en Chine, à savoir celui du SRAS et celui du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (Mers-CoV).


 

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