La BEI veut mobiliser 240 milliards de prêts "corona"

Werner Hoyer, le président de la Banque européenne d'investissement. ©REUTERS

La Banque européenne d'investissement propose aux États de créer un fonds de garantie paneuropéen pour lui permettre de multiplier par six sa capacité de financement des entreprises.

La Banque européenne d'investissement (BEI) veut porter à 240 milliards d'euros sa capacité de prêts destinés à lutter contre la crise économique du coronavirus. Elle a soumis une proposition en ce sens aux ministres des Finances de l’Union lundi, a-t-on appris.

Pour parvenir à ce montant, la BEI propose de créer un fonds de garantie paneuropéen de 25 milliards d'euros, qui serait soutenu par des contre-garanties des États membres et mis en œuvre avec l’appui des banques de promotion nationales (comme la SRIW ou Invest.brussels). Selon la proposition de la BEI, que nous avons pu lire, les États auraient la possibilité d’augmenter la portée du fonds, par exemple en augmentant le capital de la BEI, pour l'adapter à l’ampleur de la crise ou du besoin de relance.

Le plan originel de 40 milliards d'euros "ne sera pas suffisant vu la gravité de la situation", estime la BEI.

Le 16 mars, la BEI avait annoncé la mobilisation "rapide" de 40 milliards d'euros contre la crise provoquée par le virus, pour répondre aux besoins des petites et moyennes entreprises, à côté d'une ligne de 5 milliards pour soutenir le secteur de la santé. Ces investissements seront déployés au travers de prêts relais via des banques privées ou des institutions financières publiques - les entreprises belges pourraient compter sur un soutien de l’ordre de 2 milliards d’euros. Mais la BEI constate que "ce ne sera pas suffisant vu la gravité de la situation". Et propose donc d’augmenter cette capacité de 200 milliards d’euros, qui serviraient à aider les PME mais également les midcaps et grandes entreprises de l’économie réelle.

En première ligne

"Notre but est d'ajouter de nouvelles lignes de défense à l'euro pour empêcher cette crise économique de se muer en crise financière."
Mario Centeno
Président de l'Eurogroupe

Les ministres européens des Finances se réunissaient une nouvelle fois mardi soir pour dresser l’état des lieux économico-financier de la crise et discuter d’une stratégie de riposte coordonnée. "Notre but est d'ajouter de nouvelles lignes de défense à l'euro pour empêcher cette crise économique de se muer en crise financière", indiquait mardi le président de l’Eurogroupe, Mario Centeno, soulignant que la BEI et d'autres institutions européennes "explorent des moyens d'augmenter la puissance de feu de notre réponse à la crise".

Forte de son expérience en matière de prêt aux petites entreprises, la BEI revendique un rôle de première ligne dans la lutte contre la crise économique qui se déploie. Mais ses capacités ne sont en l’état pas illimitées, et elle n’a de cesse de répéter l’importance stratégique pour elle de conserver son triple A. "On n'a pas la possibilité de sauver toutes les PME sur notre bilan", souligne une source au sein de la banque.

Lire également

Publicité
Publicité