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100.000 Belges perdront leur emploi cette année

Gita Gopinath, économiste en chef du FMI. ©AFP

D'après le FMI, la Belgique peut s’attendre à une récession de 6,9% en 2020 et 100.000 chômeurs en plus. A l’échelle mondiale, la crise coûtera au moins 9.000 milliards de dollars.

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une contraction de 3% de la croissance mondiale en 2020. La faute, bien entendu, au confinement généralisé qui s’est imposé à l’échelle planétaire suite à l’éclatement de la crise sanitaire. C’est une révision sans précédent de 6,3% par rapport à janvier dernier, lorsque le FMI tablait encore sur une croissance mondiale de 3,3%.

Ce chiffre a été annoncé mardi à l’entame des traditionnelles "réunions de printemps" de l’institution multilatérale basée à Washington.

Avec la fermeture des frontières un peu partout, le commerce international s’est effondré : les échanges commerciaux dans le monde vont se contracter de 11% cette année.

Sans précédent

"Cette crise ne ressemble à aucune autre. (…) Elle risque d’être la pire crise économique depuis 1929, bien pire que celle de 2008-2009", indique Gita Gopinath, économiste en chef du FMI. La crise financière s’était alors soldée par une contraction du PIB mondial de 0,1% seulement en 2009, du fait que les économies développées avaient été principalement touchées.

"Cette crise ne ressemble à aucune autre. (…) Elle risque d’être la pire crise économique depuis 1929."
Gita Gopinath
Économiste en chef du FMI

A condition que les mesures prises par les pouvoirs publics pour enrayer la spirale des faillites et des pertes d’emplois soient prolongées et portent leurs fruits, le FMI table sur un rebond de l’économie mondiale de 5,8% en 2021. A cet égard, Gita Gopinath estime que les mesures prises par les Etats devraient être "davantage coordonnées" afin d’en améliorer l’efficacité.

Toutefois, même en cas de reprise, la croissance restera inférieure à celle projetée initialement, avant que n’éclate la crise du Covid-19. La perte cumulée sur 2020 et 2021 est estimée à 9.000 milliards de dollars (soit environ 8.200 milliards d’euros) par le FMI, soit l’équivalent des PIB additionnés de l’Allemagne et du Japon.

Ce scénario de base reste pour l’heure le plus favorable. Il se pourrait très bien que le confinement se prolonge au second semestre, auquel cas il faudrait se résoudre à voir l’économie mondiale se contracter de 6% (au lieu de 3%). Si l’épidémie devait revenir en 2021, l’économie mondiale ne croîtrait plus de 5,8% mais de 0,8% seulement. Dans le pire des scénarios – confinement prolongé au second semestre et résurgence de l’épidémie en 2021 – on peut redouter une récession de 2,2% l’an prochain.

Zone euro

Dans le détail, la croissance en zone euro devrait être négative de 7,5% en 2020 avant de rebondir à 4,7% en 2021. Les pays les plus durement touchés sont ceux du sud : l’Italie (-9,1%), l’Espagne (-8%) et la Grèce (-10%).

7,5%
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La croissance en zone euro devrait être négative de 7,5% en 2020 avant de rebondir à 4,7% en 2021.

Aux Etats-Unis, le choc sera un rien moins important qu’en Europe, avec une contraction du PIB de 5,9% cette année avant un rebond de 4,7% l’an prochain. Bien qu’étant à l’origine de la pandémie, la Chine sera moins durement touchée. Elle se contentera d’une croissance économique modeste de 1,2% en 2020 avant de rebondir spectaculairement à 9,2% en 2021.

Belgique

L’économie belge devrait connaître une récession de 6,9% en 2020, avant d’enregistrer un rebond de 4,6% l’an prochain. L’inflation restera logiquement à un niveau très bas de 0,3% cette année et de 1,1% en 2021.

100.000
chômeurs
La hausse du chômage en Belgique de 1,9% représente environ 100.000 chômeurs supplémentaires.

Le chômage, qui était de 5,4% fin 2019, s’envolera à 7,3% fin 2020. Rapportée à une population active d’environ 5,5 millions de travailleurs, cette hausse du chômage de 1,9% représente environ 100.000 chômeurs supplémentaires. L’an prochain, le marché de l’emploi se rétablirait quelque peu, avec un chômage de 6,8%. Loin d’un retour à la normale donc.

Les banques doivent assurer

Pour amortir le choc de la crise, les banques ont un rôle crucial à jouer en tant que fournisseurs de crédit aux nombreuses entreprises en difficultés. Le FMI espère que le secteur bancaire se montrera à la hauteur du défi. "A défaut, le comportement des banques risquerait d'amplifier la crise", prévient le FMI. Autant les banques étaient fragilisées par leur endettement excessif lors de la crise de 2008, autant elles sont aujourd'hui bien plus solides.

Le FMI invite enfin les pays riches à instaurer un "moratoire" (pas une annulation) sur la dette des pays pauvres, pour l’heure moins touchés par le virus que par l’effondrement du commerce mondial. Un appel reçu cinq sur cinq par les ministres des Finances et les banquiers centraux du G7 qui se sont dits, mardi, favorables à une suspension provisoire des paiements des intérêts de la dette des pays pauvres. Objectif déclaré : "aider ces pays à faire face aux impacts sanitaires et économiques" de la pandémie.

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