Les organisateurs d'événements vont devoir s'adapter

A Brussels Expo, plusieurs salons ont été reportés ©BELGAIMAGE

Concerts, spectacles, cinémas, foires et salons, manifestations sportives et parcs d’attractions "indoor"… Le monde de l’événementiel va devoir s'adapter aux mesures gouvernementales.

Le gouvernement "recommande" donc d’annuler les événements intérieurs de plus de 1.000 personnes... tout en renvoyant la patate chaude aux bourgmestres et aux gouverneurs: c’est à eux de décider d’annuler ou non un événement ou de limiter la fréquentation d’un lieu.

Exemple, en Wallonie avec le parc aquatique Aqualibi à Wavre dont la capacité dépasse les 1.000 personnes: "Nous évaluerons la situation en fonction des décisions prises par le bourgmestre", y dit-on. À Bruxelles, par contre, le Conseil régional de sécurité réunissant notamment les bourgmestres des 19 communes a décidé de suivre la ligne du gouvernement tandis qu'à Anvers le bourgmestre, Bart De Wever, a au contraire affirmé qu'il ne pouvait interdire aucun événement uniquement sur la base d'un avis. Cela aussi, c'est la Belgique...

Foires et salons sous pression

Quoi qu'il en soit, la mesure touche surtout le secteur des foires et salons qui réunissent des milliers de participants. À Brussels Expo, le Salon Eurantica qui devait ouvrir ses portes du 24 au 29 mars a été reporté du 2 au 7 juin, tout comme le salon de l’emploi Job Fair et le salon Seafood, un de ses plus gros événements. Mais plusieurs salons avaient déjà été annulés ou reportés avant mardi: Photo Days, le salon du manga Made in Asia (70.000 visiteurs attendus), la Foire de Printemps Conway, Infosecurity, Baby Boom et Laborama. 

"A présent, la situation est claire, je remercie les autorités."
Eric Everard
CEO d'Easyfairs

"À présent, les choses sont claires et je remercie les autorités", commente Éric Everard, patron d’Easyfairs, organisateur de salons actif dans vingt pays. "En Belgique, nous avons trois salons en mars et huit d’ici la fin juin, poursuit-il. On avait déjà pris la décision de reporter celui du manga à Bruxelles, et nous allons sans doute devoir faire de même avec Bois et Habitat à Namur. Nous allons tout faire pour trouver de nouvelles dates pour tous ces salons et faire jouer auprès de nos clients nos conditions générales qui prévoient pareil cas de force majeure."

Le secteur paie d'ailleurs au prix fort de cette crise. Selon l’UFI, son association professionnelle, plus de 500 salons professionnels ont été annulés ou reportés dans le monde. Elle estime à 23 milliards d’euros le manque à gagner (commandes, nouveaux contrats...) pour les entreprises exposantes et à 14,4 milliards les pertes pour le secteur (location de stands, voyages, horeca...).

23
milliards d'euros
C'est le manque à gagner (commandes, nouveaux contrats...) pour les entreprises exposantes suite à l'annulation de plus de 500 salons dans le monde en raison du coronavirus, selon l'association professionnelle UFI.

Le secteur financier est lui aussi touché. Mediafin, éditeur de L’Écho, a décidé d’annuler sa traditionnelle cérémonie des Fonds Awards, notamment parce que les banques ont pris des mesures drastiques pour éviter la contamination. Il se dit aussi que De Groof Petercam a annulé trois événements. 

Le monde culturel s'adapte 

Dans le secteur culturel, la représentation de mercredi soir à la Monnaie (trilogie Da Ponte/Mozart) est maintenue sur avis positif de la Ville de Bruxelles. Pour les soirs qui suivent, le comité de direction se réunira ce mercredi matin. Pas de fermeture prévue aux Musées royaux des Beaux-Arts. Ils accueillent bien 2.000 personnes par jour, mais jamais de manière concentrée. Par contre, le festival Rire Ensemble – initialement prévu du 23 au 28 mars à Bruxelles – a été postposé et les organisateurs sont à la recherche de nouvelles dates.

Dans les cinémas, Bruno Plantin Carrenard directeur d’UGC Belgique dit attendre la décision des bourgmestres et gouverneurs. "Mais aucune de nos salles ne dépasse les 1.000 fauteuils." Selon la porte-parole de Kinepolis, Anneleen Van Troos, c’est en effet chaque salle qui est individuellement concernée et non le complexe entier. Celui de Bruxelles compte plus de 6.600 places, "mais nous n’avons pas de salle de plus de 1.000 places, ajoute-t-elle, et nous avons pris des dispositions pour que les séances ne démarrent pas toutes en même temps afin de limiter au maximum le nombre de personnes en contact."

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