Sérieux doutes sur les données fournies par la Chine sur le coronavirus

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À Wuhan, des questions se posent sur les chiffres réels de morts suite à l'épidémie de coronavirus. Les autorités chinoises annoncent 2.535 décès, alors que des milliers d'urnes ont été livrées ces dernières semaines dans la ville où la pandémie a démarré.

La Chine a annoncé dimanche la fin de l'épidémie de Covid-19 dans le pays, quatre mois après que le virus a commencé à se propager au départ de la ville de Wuhan. 

3.304
personnes mortes du Covid-19 en Chine
81.470 personnes auraient été atteintes par la maladie en Chine et 3.304 seraient décédées.

D'après le gouvernement chinois, le nombre de personnes infectées à ce jour serait de 3.300. Depuis le début de l'épidémie, mi-novembre à Wuhan, 81.470 personnes auraient été atteintes par la maladie et 3.304 seraient décédées. Les données les plus récentes font état de 31 nouveaux cas, dont 30 "importés" et de 4 décès. 

L'arrêt de l'épidémie est attribué à un ensemble de mesures très strictes, dont un confinement total démarré en janvier dernier, le port du masque obligatoire et une quarantaine de deux semaines pour tout étranger entrant dans le pays.

Le nombre de morts sous-évalué

Plusieurs sources remettent en cause le décompte du régime chinois. Selon Pékin, la ville de Wuhan compterait 2.535 morts du coronavirus sur une population de 11 millions d'habitants. Pourtant, les médias ont montré ces derniers jours des images de files interminables de familles devant les crématoriums de la ville, des milliers de personnes venues chercher les cendres et les certificats de décès de leurs proches.

6.500
urnes funéraires
Plus de 6.500 urnes auraient été livrées ces deux dernières semaines dans un seul funérarium de Wuhan, alors que la Chine annonce que 2.535 personnes seraient mortes du Covid-19 dans cette ville.

Le journal économique chinois en ligne Caixin affirme, en se basant sur les arrivées d'urnes funéraires à Wuhan, que les données des autorités chinoises sont largement sous-évaluées. Selon Caixin, plus de 6.500 urnes auraient été livrées ces deux dernières semaines dans un seul funérarium. La ville en possédant sept, cela ferait 45.500 urnes au total affirme le journal. Lors d'une autre enquête, les 25 et 26 mars, Caixin a constaté l'arrivée de 2.500 urnes par navire chaque jour dans la ville.

En outre, la méthodologie utilisée par les autorités chinoises ne fait pas l'unanimité. Pas moins de 48.000 personnes ont été testées positives en Chine sans présenter de symptômes de la maladie. Elles ont été placées en quarantaine, mais n'ont pas été comptabilisées dans les 81.470 cas. Or, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de nombreux pays, comme la Corée du Sud, comptabilisent les personnes asymptomatiques dans le nombre total de personnes atteintes.

Les données fournies par la Chine révèlent un décalage important avec celles d'autres pays. Les États-Unis comptent aujourd'hui 143.055 personnes atteintes pour 327 millions d'habitants, un chiffre nettement supérieur à la Chine qui compte pourtant 1,3 milliard d'habitants.

Il reste toutefois difficile de comparer les données des pays entre eux, les méthodes de dépistage et de comptage variant de l'un à l'autre, de même que des paramètres démographiques.

Opération de communication

Le gouvernement chinois est très critiqué pour avoir tardé à reconnaître l'épidémie. Dans un premier temps, Pékin avait sanctionné les médecins ayant révélé le début de l'épidémie. Le régime avait imposé une censure dans les médias et sur internet sur l'existence du virus. Par la suite, les autorités ont modifié à plusieurs reprises leur méthode de comptage des cas et des décès.

Aujourd'hui, la Chine affirme qu'elle a atteint le niveau "zéro" contamination. Son économie redémarre, tandis que le gouvernement lance une vaste opération de communication pour redresser l'image dans le monde. Alors qu'il était présenté comme "le foyer de départ de l'épidémie", l'Empire du Milieu se présente en vainqueur de la maladie. La Chine communique aussi abondamment sur l'aide fournie à l'Occident en manque de matériel médical, une première dans son histoire.

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