Un travailleur sur trois en chômage temporaire en avril

Dans l'horeca, l'activité est à l'arrêt complet depuis la mi-mars. ©BELGA

34% des travailleurs ont été mis au chômage temporaire au mois d'avril. C'est 50% de plus qu'en mars.

En avril, le pourcentage de travailleurs mis au chômage temporaire a augmenté de 50% par rapport à la fin du mois de mars.

Un employé sur trois a été mis au chômage temporaire au moins un jour en avril, ce qui représente une augmentation de 40% par rapport aux deux dernières semaines de mars. Près de six ouvriers sur dix (56%) y ont été confrontés, contre 22% des cadres. Ces chiffres émanent du secrétariat social Acerta, qui s'est appuyé sur un échantillon de 32.000 employeurs.

Si l’on rapporte le chômage temporaire au nombre de jours que les travailleurs devaient théoriquement prester, on obtient un taux de chômage temporaire global de 23%.

23%
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En avril, près d’un quart du temps de travail n’a pas été presté en raison de la pandémie.

"Cela signifie que près d’un quart du temps de travail n’a pas été presté en raison de la pandémie de coronavirus. Il s’agit certes d’un pourcentage très élevé, mais pas si inattendu", estime Amandine Boseret, conseillère juridique chez Acerta. "Fort heureusement, la reprise des entreprises et la réouverture des commerces au mois de mai réduiront considérablement ce chiffre", assure-t-elle.

Complément de salaire

En avril, un cinquième des travailleurs concernés a reçu un petit complément de salaire de l'employeur (hors fonds sociaux), soit deux fois plus comparé à fin mars, lorsque le système de chômage temporaire venait d’être introduit.

"En avril, il était déjà clair pour de nombreux employeurs que la crise serait plus longue et plus dure financièrement que prévu."
Amandine Boseret
Acerta

À l’époque, seul un chômeur temporaire sur dix recevait un complément. "Lors des premières semaines de chômage temporaire pour cause de force majeure, personne ne savait réellement combien de temps cette situation allait durer", rappelle Amandine Boseret.

Tout le monde a été surpris par l’impact rapide du virus. "En avril, il était déjà clair pour de nombreux employeurs que la crise serait plus longue et plus dure financièrement que prévu. Bon nombre d’employeurs ont alors réagi en octroyant à leur personnel un complément à l’allocation de chômage temporaire", indique la juriste d'Acerta.

Secteur financier impacté

Si tous les secteurs ont été touchés par une hausse du nombre de chômeurs temporaires le mois dernier, ils ne l’ont pas tous été de la même façon. Les ouvriers, et en particulier les ouvriers du secteur des services, sont les plus impactés (73%). Du côté des employés, le secteur financier enregistre la plus forte augmentation du chômage temporaire, même si sa part reste relativement faible comparée à d'autres secteurs.

Enfin, la taille de l’entreprise semble être déterminante : plus l’entreprise est grande, moins elle a recours au chômage temporaire pour ses employés.

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