Vers une augmentation du nombre de tests en Belgique

Depuis plusieurs jours, des voix s'élèvent en faveur d'un dépistage systématique du coronavirus auprès des patients et du personnel soignant. ©EPA

Dans les laboratoires des biotechs et des universités, on s'active pour proposer de nouvelles solutions afin d'augmenter le nombre de tests. L'idée de repérer les personnes immunisées fait aussi son chemin.

Depuis plusieurs jours, des voix s'élèvent en faveur d'un dépistage systématique en Belgique du coronavirus auprès des patients et du personnel soignant. Une requête qui se heurte au manque de tests disponibles. Actuellement, le nombre de personnes testées reste aux environs de 2.500 par jour à cause du manque de réactifs utilisés pour les tests. Avec un tel chiffre, beaucoup estiment que la Belgique se prive d'une arme fondamentale dans la lutte contre le coronavirus. D'où la multiplication des appels à augmenter considérablement le dépistage. 

Face aux inquiétudes du monde médical, la Première ministre Sophie Wilmès a fait valoir mardi dans une lettre que la Belgique entendait bien augmenter le nombre de tests. Affichant la volonté de la Belgique d'être en mesure de procéder prochainement au dépistage "de manière massive", la Première ministre a indiqué que le Risk Assessment Group mis sur pied cherche actuellement tous les moyens de résorber la pénurie de réactifs pour effectuer ces tests. "Nous avons de plus décidé en Conseil des ministres, le 22 mars, de décupler notre capacité de testing en recourant aussi à des laboratoires externes publics comme privés, en complément des laboratoires existants", a encore fait valoir Sophie Wilmès.

5 millions de doses

"Nous avons décidé en conseil des ministres, le 22 mars, de décupler notre capacité de testing."
Sophie Wilmès
Première ministre

Du côté des sociétés biopharmaceutiques, on s'active déjà beaucoup. L'entreprise liégeoise Kaneka Eurogentec a affirmé être prête à fournir massivement des doses de réactifs pour réaliser jusqu’à 5 millions de tests de diagnostic suivant la nouvelle méthode créée par l'université de Namur. Celle-ci a mis au point une technique qui permet de se passer des réactifs en pénurie, mais demande plus de main-d’œuvre que la technique traditionnelle.

Plusieurs centaines de ces tests ont déjà été réalisés à l’UNamur et d'autres centres sont prêts à suivre. Mardi, l'université de Mons (UMons) a indiqué qu'elle disposait désormais d'une plate-forme opérationnelle pour entamer le dépistage du Covid-19 à raison de 400 tests par jour.  

Des tests sérologiques

Un autre type de test pourrait permettre de mesurer l’impact réel de l’épidémie dans la population belge, mais serait aussi de nature à renvoyer les gens au travail, à savoir les tests sérologiques d’anticorps. Ils sont plusieurs spécialistes à plaider pour la mise en place rapide de ces tests sérologiques. "Ces tests devraient permettre de détecter aisément celles et ceux qui ont développé des anticorps et sont résistants au Covid-19 et peuvent ainsi contribuer à construire l'immunité collective", a expliqué le professeur d'immunologie à l'ULB, Michel Goldman.

2.500
personnes
Actuellement, le nombre de personnes testées reste aux environs de 2.500 par jour.

En l'absence de traitement ou d'un vaccin, qui constitue la solution ultime, "mettre au point, fabriquer et distribuer ces tests sérologiques devrait constituer une priorité", estime le professeur Goldman, auteur avec le concours de trois autres professeurs de l'ULB et de l'UNamur d'une proposition de stratégie pour relancer l'économie plombée par le coronavirus.

Pour éviter de mettre en péril les stratégies de distanciation sociale et de confinement, il est toutefois indispensable de s'assurer de la fiabilité de ces tests et de les faire certifier, selon le Michel Goldman. 

Une biotech liégeoise, ZenTech a précisément indiqué mardi qu'elle avait proposé un test sanguin de dépistage rapide du Covid-19 destiné aux professionnels au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Liège. Le kit a été développé en Chine par un partenaire local de ZenTech, où il a déjà été utilisé pour faire face à l'épidémie de coronavirus. Selon Jean-Claude Havaux, patron de ZenTech, quelque 1.000 exemplaires vont être fournis à l'établissement hospitalier liégeois pour validation. Quelque 50.000 unités ont été réservées et ZenTech estime, en cas d'aval des autorités, pouvoir en faire venir 500.000 si la demande suit. 

Le test de ZenTech ne sert pas à se dépister soi-même et est bien destiné au corps médical.

L'avantage de cet outil, qui ne sert donc pas à se dépister soi-même et est bien destiné au corps médical, est qu'il donne un résultat dans les dix minutes et coûte bien moins cher (près de 10 euros, soit un quart du prix, selon l'entreprise) que les tests en développement visant à détecter la présence du coronavirus.

A eux seuls, les tests sérologiques ne seront toutefois pas suffisants pour lever le confinement sans risquer de provoquer une deuxième flambée de Covid-19. On ne peut totalement exclure que certains individus immunisés restent porteurs asymptomatiques pendant quelque temps. C'est pourquoi il faudra utiliser ces tests sérologiques en association avec les tests de dépistage du Covid-19.

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