À Bruxelles, les vendeurs de vélos sont pris d'assaut

Pour l'instant, la ruée sur les deux-roues se confirme dans les magasins depuis leur réouverture. ©Photo News

C'est la ruée sur les vélos dans les magasins. Effet de rattrapage ou véritable tendance du déconfinement?

Quel sera l'impact la crise sanitaire sur la mobilité? Va-t-on assister à un retour en force de la voiture ou à une percée des deux-roues? Redoutant les embouteillages, la Région bruxelloise a promis 40 km de nouvelles pistes cyclables pour encourager la pratique du vélo lors du déconfinement. Selon une enquête relative aux choix de mobilité post-covid menée par le bureau d’études Espaces-Mobilité et l’ASBL Maestro Mobile, 29% des 3.130 répondants ont déclaré qu'ils prendraient moins les transports publics. Et alors que 34% des sondés ont affirmé qu'ils feraient davantage de vélo ou de trottinette, ils sont seulement 9% à avoir déclaré qu'ils utiliseraient davantage leur voiture.

Reste à voir si l'attrait pour la petite reine se confirme dans les commerces. Au Decathlon d'Anderlecht, on assiste à une véritable razzia sur les vélos depuis le 11 mai. "C'est une tendance déjà observée dans les pays en déconfinement, donc on s'y attendait. Les équipes et les stocks ont été renforcés. Si les rayons semblent parfois un peu vides le temps du réassort, on ne parle pas aujourd'hui de rupture de stock", assure Jonathan Yernault, directeur du magasin.

70%
.
La mobilité (soit les rollers, les trottinettes, mais essentiellement les vélos) représente environ 70% du chiffre d'affaires du Decathlon d'Anderlecht depuis la réouverture des portes.

La mobilité (soit les rollers, les trottinettes, mais essentiellement les vélos) représente environ 70% du chiffre d'affaires depuis la réouverture des portes de l'enseigne sportive à Anderlecht. Avec une tendance plus importante pour le vélo loisir. "Quand mes équipes demandent quelle sera la pratique, certains acheteurs disent avoir peur de reprendre les transports publics. Il y a donc des achats de vélos pour les trajets domicile-travail, mais c'est moins flagrant."

C'est aussi la ruée Au Guidon Vert, magasin spécialisé dans les vélos cargos. "Le printemps est toujours une saison forte pour les vélos utilitaires. Y a-t-il un effet de rattrapage des ventes qui n'ont pas pu se faire en mars ou avril ou y a-t-il une demande nouvelle de clients désireux d'éviter les embouteillages? Je manque encore de recul", admet le gérant Nicolas De Keghel.

Billy Bike veut étendre sa flotte

Swapfiets connaît aussi un boom depuis la crise du coronavirus. La demande pour ces vélos de ville bleus loués pour un forfait mensuel de 17,5 euros, réparations incluses, a quadruplé. À Bruxelles, Swapfiets compte plus de 2.000 abonnés, soit une hausse de 700 clients depuis le début du confinement. "Pour un montant mensuel fixe, vous avez votre propre vélo. Vous avez une solution sûre en termes d'hygiène et êtes immédiatement opérationnel en tant que cycliste. C'est ce qui rend Swapfiets si attrayant aujourd'hui", fait valoir Thomas Schiltz, country operations manager Belgium.

"Pour un montant mensuel fixe, vous avez votre propre vélo. Vous avez une solution sûre en termes d'hygiène et êtes immédiatement opérationnel en tant que cycliste. C'est ce qui rend Swapfiets si attrayant aujourd'hui."
Thomas Schiltz
Country operations manager Belgium de Swapfiets

Enfin, les trajets effectués avec Billy Bike ont triplé entre mars et avril. "Cela s'explique par la saisonnalité, les rues dégagées, l'arrêt de Jump... Pendant le confinement, les trajets étaient plus longs, car l'usage était surtout récréatif. On revient maintenant à des trajets plus nombreux et plus courts", explique Pierre de Schaetzen, CEO de cette firme bruxelloise de vélos en libre service. Pour répondre à cette croissance de la demande, Billy Bike lancera un crowdfunding visant à acquérir de nouveaux engins.

  • A Bruxelles, on a pour le moment plus de 2.000 clients, une augmentation de 700 clients depuis le début du confinement.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité