À combien s'élèvera la facture pour l'économie belge?

Chiffrer l'impact du Covid-19 sur l'économie belge: la question est partout mais la réponse se fera attendre. ©AFP

Aucun doute, les mesures prises par le Conseil de sécurité national feront mal aux entreprises belges. Quel en sera le coût? Les économistes font tourner les modèles et espèrent que le coup de mou se limitera au 2e trimestre...

Qu'est-ce que tout ceci va coûter à l'économie belge? À côté des mille et une questions sanitaires et logistiques qui se posent depuis jeudi soir, c'est l'autre grand point d'interrogation du moment. Mais ici, aucune réponse n'est possible aujourd'hui. Il est bien sûr beaucoup trop tôt pour sortir un chiffre mais, d'ores et déjà, les économistes ont ajouté une ligne tout en haut de leur to-do list: "chiffrer le coût du coronavirus".

Groupe de crise

De son côté, le ministre des Finances Alexander De Croo a chargé dès hier soir la Banque nationale (BNB) de mettre en place un groupe de crise sur le thème. Ce groupe s'est réuni dès ce vendredi après-midi. Autour de son président, le gouverneur de la BNB Pierre Wunsch, on y retrouve notamment la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), les syndicats et d'autres acteurs comme le fisc, le SPF Emploi ou encore Graydon, le spécialiste des données d'entreprises. Ce groupe a reçu deux missions du gouvernement: chiffrer de façon fiable l'impact du coronavirus sur l'économie belge et proposer des mesures de soutien.

"Soit la crise sera en V, comme lors des attentats de 2016, avec une reprise rapide après le choc. Soit elle dure plus longtemps parce que les mesures (dites de distanciation sociale) doivent être prolongées ou renforcées."

Pour chiffrer l'impact de l'épidémie et des mesures drastiques qui ont été prises par le Conseil national de sécurité, de très nombreux facteurs seront pris en compte mais il en est un qui s'impose à tous les autres: le temps. "Soit la crise sera en V, comme lors des attentats de 2016, avec une reprise rapide après le choc. Soit elle dure plus longtemps parce que les mesures (dites de distanciation sociale) doivent être prolongées ou renforcées", situe-t-on du côté de la BNB.

Après les attentats de Paris puis de Bruxelles, la FEB avait estimé "le préjudice économique subi par l’économie belge entre le 15 novembre 2015 et le 15 novembre 2016 à 2,4 milliards d'euros, soit 0,57% du produit intérieur brut." Ceci sur la base des quatre secteurs les plus touchés (horeca/tourisme, commerce, événementiel et transport aérien). À cela s'ajoute l'impact sur les finances publiques, que la FEB situait comme ceci: "au total, le solde budgétaire aurait été supérieur de 0,55 point de pour cent du PIB en 2015 et 2016 si les attentats n’avaient pas eu lieu."

Crise courte ou longue?

Mais la reprise avait été rapide et le "lockdown" avait été finalement limité en temps et dans l'espace: Bruxelles avait été bouclé six jours après les attentats de Paris, fin 2015, et beaucoup d'activités avaient repris très vite, souvent dès le lendemain, après ceux de Bruxelles, en mars 2016. D'ailleurs, dans le rapport annuel 2016 de la BNB, qui dresse pour chaque année un large panorama de l'activité économique du pays, on parle bien sûr de l'effet des attentats mais presque à la marge, comme d'une "mise à l'épreuve" aussi rude que temporaire. 

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milliards €
Après les attentats de Paris et Bruxelles, la FEB avait chiffré à 2,4 milliards d'euros (soit 0,57% du produit intérieur brut) leur impact sur l'économie belge.

Avec le coronavirus, c'est une autre histoire qui démarre. On sait déjà qu'on est partis pour trois semaines au ralenti, si pas davantage. On sait aussi qu'avec un phénomène global comme celui-là, ce sont des chaînes d'approvisionnement entières qui sont grippées. Les banques vont commencer à voir leurs clients business venir à elles avec des demandes de facilités de liquidité et/ou de crédit, pendant que la consommation privée marquera une pause, ne fût-ce que pour les secteurs du divertissement et de l'horeca. Et tout le monde sera tenté de postposer ses investissements.

Si le ralentissement forcé des échanges est limité au printemps, une légère croissance pourrait revenir dès le troisième trimestre après un second trimestre sous zéro, pronostique-t-on çà et là. C'est du moins ce que certains attendent ou espèrent... Si le mal perdure, on bascule alors dans le monde des chiffres en rouge et on sera déjà contents si 2020 termine à zéro.

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