Accord à 9 milliards d'euros entre Lufthansa et le gouvernement allemand

Les mesures prévoient un crédit garanti par Berlin de 3 milliards d'euros, l'achat d'actions pour 300 millions d'euros et une injection de fonds de 4,7 milliards d'euros sans droit de vote. ©REUTERS

Lufthansa, maison mère de Brussels Airlines, est parvenue à un accord avec le gouvernement allemand au sujet d'une aide d'État. Voilà qui pourrait impacter les discussions en cours en Belgique sur l'avenir de Brussels Airlines.

Après des semaines d'intenses négociations, un accord a été conclu entre Lufthansa, maison mère de Brussels Airlines, et le gouvernement allemand sur un paquet de mesures de soutien de plusieurs milliards d'euros. Un communiqué officiel est tombé peu après 17 heures ce lundi, confirmant les rumeurs du jour et chiffrant ce soutien à un montant de 9 milliards d'euros. Ce plan de sauvetage permet aussi à l'État allemand de devenir le premier actionnaire du groupe avec 20% du capital. 

Les mesures, qui doivent encore être approuvées par la Commission européenne et une assemblée générale extraordinaire des actionnaires, prévoient un crédit garanti par Berlin de 3 milliards d'euros, l'achat d'actions pour 300 millions d'euros dans le cadre d'une augmentation de capital et une injection de fonds de 4,7 milliards d'euros sans droit de vote, détaille Lufthansa dans un communiqué. 

L'Europe aura son mot à dire 

Le plan de sauvetage allemand devra être validé par le directoire de la compagnie, ainsi que par la Commission européenne. Lufthansa et l'Allemagne veulent s’assurer que le plan d’aide passe sans encombre à la Commission européenne. Ce qui prend également un peu plus de temps que prévu.

Au cœur du dossier figurent les précieux slots aériens. La crainte des Allemands serait que l'Europe prive Lufthansa de slots lucratifs à Munich et à Francfort en échange de l'autorisation de l'aide. "Nous ne permettrons pas que cela arrive", aurait indiqué Angela Merkel au sein de son parti politique estimant que ce serait une "dure bataille".

Dans le sillage de l'accord, le titre de Lufthansa  a fait des étincelles à la Bourse de Francfort. Il grappillait un peu plus de 6% à 8,52 euros vers midi alors que le Dax s'affichait en hausse d'environ 1,9% au même moment. La capitalisation boursière de Lufthansa a fondu de moitié cette année pour retomber autour de 4 milliards d'euros actuellement.

Pas d'avancée sociale chez Brussels Airlines 

Cet accord aura un impact sur les négociations en cours à Bruxelles entre la direction de Brussels Airlines, filiale de la compagnie allemande, et son personnel. Pour rappel, il y a deux semaines, Brussels Airlines marquait son intention initiale de supprimer jusqu'à 1.000 postes et de réduire sa flotte de 30%. L’idée de la direction est de conserver 75% des emplois en limitant les licenciements secs grâce à de la flexibilité, des départs à la pension et des diminutions de salaire et de temps de travail.

Les syndicats sont prêts à des baisses de temps de travail, notamment pour les pilotes (et donc des diminutions de salaire), mais à titre temporaire jusqu’en 2023. La direction veut des solutions structurelles, alors que Brussels Airlines peine depuis des années à être rentable et donc à financer ses propres coûts.

Une nouvelle réunion a eu lieu ce lundi entre syndicats et direction, mais sans avancée majeure. Didier Lebbe, de la CNE, ne comprend d'ailleurs pas comment la direction peut demander des solutions structurelles. "On ne sait pas quelle sera l’aviation demain, quelles seront les règles dans l’avenir et les mesures de l’Iata face à la crise sanitaire. Leurs mesures structurelles, c'est comme si dans 6 mois on allait revoler comme avant. Mais ce n'est pas du tout certain", dit-il.

L'accord entre Lufthansa et le gouvernement allemand pourrait également impacter les discussions que le groupe aérien et sa filiale belge ont avec le gouvernement Wilmès au sujet d'une aide à Brussels Airlines qui se situerait entre 300 et 400 millions d'euros. 

 

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