Ados fêtards, conjoints adultères... Le Covid-19 s'insinue dans nos failles

Lors des retrouvailles de ce dimanche, il faudra respecter la distance d'1m50 entre les invités. ©EPA

D'ici quelques heures, on pourra revoir (un peu de) notre famille, nos amis. Qui? Il y a ceux avec qui il faut redoubler de précautions, les plus âgés et les malades. Et ceux dont il faut se méfier: ados fêtards, conjoints adultères...

Encore quelques heures et les Belges pourront retrouver leurs proches. Les contacts resteront certes limités à quatre personnes, qui devront rester identiques jusqu'à la prochaine phase. Et juste après le weekend, tous les magasins rouvriront. Ces deux grosses étapes dans le déconfinement permettront de relancer l'économie du pays et de restaurer un semblant de vie sociale. Mais en termes de gestion de l'épidémie de Covid-19, elles sont extrêmement périlleuses.

La maladie du nouveau coronavirus n'a pas cessé de se répandre malgré un confinement assez strict des Belges. Si les statistiques s'inscrivent en pente descendante, chaque jour, de nouveaux cas de contaminations sont décelés: 591 jeudi. De nouveaux patients sont hospitalisés aussi (108 toujours pour jeudi). Et 107 personnes viennent encore de décéder.

Alors, oui, le virus se calme. De jour en jour, il fait désormais moins de victimes. Mais comment se fait-il qu'après plus d'un mois et demi de lockdown, il reste quand même suffisamment incisif pour contaminer plus d'un demi-millier de personnes par jour? La faute aux fêtards inconscients?

"Ça peut aller vite avec ce virus! Au supermarché, par exemple. Au boulot, quand les distances ne sont pas en tout temps respectées..."
Thomas Orban
Médecin, président du Collège de la médecine générale francophone de Belgique

Pourquoi le virus se répand encore

"Nous ne savons souvent pas comment les patients hospitalisés ont été contaminés", explique Nicolas Dauby, chef clinique adjoint pour les maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Pierre. Sciensano, sur base des données disponibles, note ainsi que pour 32% des patients hospitalisés, la source de la contamination reste inconnue. Pour 22%, on sait qu'il s'agit de résidents en maisons de repos et pour 6%, de professionnels de la santé.

"C'est bien la preuve qu'on peut ralentir le virus, pas l'arrêter."
Thomas Orban
Médecin

Quelles sont ces sources de contamination "inconnues" officiellement? "Il y a les patients qui savent très bien où ils ont attrapé la maladie, mais ne diront rien. Je pense à ces jeunes qui se rassemblent pour faire la fête sans se soucier de la distanciation", regrette le Docteur Thomas Orban, président du Collège de la médecine générale francophone de Belgique. "Il y a aussi toute la vie cachée des familles... Vous savez, quand la sortie au supermarché dure plus longtemps que nécessaire", glisse le généraliste.

"Et évidemment, le gros problème, ce sont ces cas asymptomatiques, qui ne se doutent pas qu'ils sont contaminés." Mais où ont-ils été infectés, ces contaminateurs en puissance qui s'ignorent? "Ça peut aller vite avec ce virus! Au supermarché, par exemple. Tout le monde doit faire ses courses... Au boulot, quand les distances ne sont pas en tout temps respectées. Ou quand vous sucrez votre café, que vous utilisez la cuillère commune et oubliez de vous laver les mains après un geste aussi anodin", détaille le docteur Orban. "C'est bien la preuve qu'on peut ralentir le virus, pas l'arrêter." 

Les personnes à risque

Depuis le début de l'épidémie, plus de 52.000 cas de Covid-19 ont été décelés en Belgique, 8.521 personnes sont décédées de la maladie. Qui sont ces personnes?

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90% des patients hospitalisés décédés avaient plus de 64 ans.

On sait que le virus touche particulièrement les plus âgés. De fait: la moitié des patients hospitalisés ont plus de 70 ans, selon les dernières données de Sciensano. Les femmes hospitalisées sont en moyenne plus âgées que les hommes: la moitié d'entre elles ont plus de 73 ans, tandis que chez les hommes, la moitié a plus de 68 ans. À noter qu'il y a une proportion plus grande d’hommes hospitalisés que de femmes. 

90% des patients hospitalisés décédés avaient plus de 64 ans. Le risque de décès à cause du Covid-19 est statistiquement plus élevé chez les hommes que chez les femmes. Il est aussi plus important chez ceux qui présentent des problèmes de santé préexistants (comorbidités). En effet, chez les moins de 65 ans, la grande majorité (82%) des patients décédés avaient au moins une comorbidité. Hypertension et maladies cardiovasculaires arrivent largement en tête suivies par le diabète, les maladies pulmonaires chroniques, les maladies neurologiques chroniques, les maladies rénales chroniques, les maladies hépatiques chroniques et les cancers.

"On va essayer de ne pas ouvrir une voie royale au virus pour se propager dans la société", demande, juste avant le démarrage de la phase 1b du déconfinement, l'infectiologue Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19. Il insiste sur les précautions à prendre avec les personnes âgées, particulièrement vulnérables. "Elles peuvent faire partie de la nouvelle bulle, mais elles ne pourront pas retrouver les activités habituelles telles que la garde des enfants." Et les règles d'hygiène et de distance physique seront à respecter ultra-scrupuleusement...

Tout savoir sur le coronavirus Covid-19

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