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Alexander De Croo: "Restez très prudents pour éviter une troisième vague"

Le premier ministre Alexander De Croo et plusieurs experts, dont Steven Van Gucht et Yves Van Laethem, ont donné une conférence de presse "surprise" pour expliquer les coulisses de la prise de décision par le prochain Comité de concertation.
  • Revoir la conférence de presse du gouvernement

    La conférence de presse d'Alexander De Croo et des experts

  • A retenir | Assouplir? Oui, mais pas tout de suite

    Alors que depuis plusieurs jours, les appels à un déconfinement rapide de plusieurs secteurs (culture, horeca...) se multiplient, le Premier ministre Alexander De Croo a réuni quelques experts scientifiques pour expliquer les mécanismes sous-tendant les prises de décisions au niveau du comité de concertation. 

    Les modèles mathématiques actuels montrent que permettre un relâchement des mesures tel que la Belgique l'a connu en septembre marquerait de grandes différences sur la situation épidémiologique selon le timing. Initier un déconfinement conséquent dès le 1ᵉʳ mars risquerait de précipiter une troisième vague. Mais repousser l'assouplissement au 1ᵉʳ avril ou, mieux, au 1ᵉʳ mai permettrait de bénéficier de l'avancée de la vaccination et probablement d'éviter une troisième vague.

    Ce prélude au prochain Codeco, organisé ce vendredi 26 février, aura servi à doucher les espoirs des plus optimistes, c'est certain.

  • On relâche quand alors?

    Alexander De Croo complète la présentation en expliquant que les relâchements ne sont pas pour la semaine prochaine "mais ne sont quand même plus très loin".

    Il s'agit de ne pas donner de faux espoirs mais des perspectives.

    Le Premier ministre ne se prononce pas sur le timing des prochains relâchements, mais son message répond clairement aux nombreux appels de différents secteurs et même de responsables politiques de la Vivaldi: il ne faut pas s'attendre à d'importants relâchements pour le début mars.

  • Le risque du variant britannique

    Nicolas Franco, mathématicien à l'Université de Namur, explique que les meilleures estimations donnent une contagiosité augmentée de 50% du variant britannique actuellement. Une personne infectée va contaminer une autre personne avec le variant traditionnel. Mais elle infectera 1,5 personne avec le mutant britannique. Le variant britannique deviendra dominant vers la mi-mars en Belgique.

    Dans les scénarios, cette contagiosité est testée sur base d'une hypothèse de 30%, de 50% et de 70%.

  • Quatre scénarios

    Il y a quatre scénarios, selon les experts qui dressent des modèles d'évolution: selon qu'il n'y ait pas d'assouplissements rapides (le comportement actuel des Belges se poursuit), qu'il y en ait le 1er mars, le 1er avril ou le 1er mai, avec les effets de la vaccination qui progresse. Il y aurait ainsi une énorme différence d'un point de vue épidémiologique à assouplir les règles le 1er avril plutôt que le 1er mars.

    • Avec le 1er scénario il pourrait avoir une "petite" troisième vague.

    • Si on augmente les contacts entre les gens à partir du 1er mars, pour se retrouver dans la situation de déconfinement de septembre, il y aurait selon le meilleur des cas, une situation semblable au début des deux premières vagues.

    • Si ce relâchement intervient au 1er avril, lorsque la vaccination sera suffisamment avancée, cela permettra de lutter contre les effets du variants. Le scénario le plus alarmant reste inférieur à la situation de la première vague.

    • Le quatrième scénario avec un déconfinement comme en septembre, la situation "est potentiellement sous contrôle", ce qui donne de bonnes perspectives pour mai, juin et tout l'été.

    A noter que l'impact de la saison n'est pas pris en compte, alors que son effet devrait être bénéfique.

  • La vaccination accélère mais...

    Il reste 80% de personnes à risques à vacciner, selon Yves Van Laethem. Le mois et demi à venir sera primordial par rapport à l'avancée de la vaccination et des variants.

  • "Si le choses dérapent et qu'on se retrouve dans une nouvelle augmentation de la courbe, les mesures devront être plus sévères et rester plus longtemps, on aura un corset plus serré. Or, avec un corset serré trop longtemps... on a du mal à respirer."
    Yves Van Laethem
    CHU Saint Pierre, porte-parole de la lutte anti Covid

  • 20% de la population belge a des anticorps

    "On vit dans un corset assez stable", explique Yves Van Laethem, spécialiste des maladies infectieuses au CHU Saint-Pierre et porte-parole interfédéral francophone de la lutte contre le Covid. 

    "On n'est plus en train de se demander si on va crever le plafond des soins intensifs. Mais on n'est pas dans le creux de la vallée, on sent l'air frais de la montagne. On est plus proche de la montagne que de la vallée, et on y est très près, de la montagne..."

    6% des gens malades sont hospitalisés. "On n'est pas du tout dans la situation de juin-juillet", relève Yves Van Laethem, face à des chiffres d'hospitalisations et décès en effet beaucoup plus élevés que l'été dernier.

    Il explique que la Belgique, contrairement à d'autres pays, garde "la situation sous contrôle".

    Environ 20% de la population belge a des anticorps. Avec la vaccination, on s'approche des 25%, "mais on est loin d'avoir bâti une immunité collective".

  • Le casse-tête du prochain Codeco

    Les demandes d'assouplissements émanent de toutes parts mais, objectivement, la situation sanitaire se prête-t-elle à un relâchement?

  • De la rigueur des mesures...

    Steven Van Gucht constate que les mesures belges sont relativement moins strictes que celles régissant les habitudes dans de nombreux pays, sur base du "Stringency index" de l'université d'Oxford. Ainsi, les écoles restent ouvertes chez nous, les coiffeurs ont repris le travail, le couvre-feu n'est pas aussi sévère qu'en France...

    "Mais la situation n'est pas vraiment meilleure qu'il y a un mois."

  • La mobilité reste importante

    Actuellement, la mobilité des Belges est 20% plus faible que normalement; durant le premier confinement, elle avait baissé de 45%. En septembre, elle était de 10% plus basse qu'en période normale.

  • "La situation est fragile"

    Mais "la situation reste fragile", selon Steven Van Gucht, l'épidémiologiste de Sciensano et porte-parole néerlandophone de la lutte contre le Covid-19.

  • Une courbe étonnante

    L'expert Steven Van Gucht montre la courbe des contaminations, qui semble stabilisée depuis novembre. Il admet que la situation est étonnante, vu la force du virus et le fait que l'immunité de groupe n'est pas acquise. Pour lui, ce résultat est dû aux mesures appliquées par les Belges.

    Il constate que le chiffre des patients hospitalisés reste important, ce qui montre que les cas de maladies graves sont encore importants.

    Mais la situation épidémiologique belge est clairement meilleure que celle des pays voisins.

  • "Faire l'analyse des chiffres"

    Alexandre De Croo: "C'est le bon moment de regarder la réalité scientifique et de faire l'analyse des chiffres. On va expliquer quelle est la situation."

  • La situation sanitaire ce lundi

    • Le taux de positivité, soit la proportion de tests positifs par rapport à l'ensemble des dépistages effectués, atteint 6%, en hausse d'un point de pourcentage, après avoir longtemps stagné autour des 5%.  
    • Les admissions à l'hôpital restent stables, avec en moyenne 119 hospitalisations par jour entre le 15 et le 21 février. 
    • Le nombre de tests réalisés chute. Entre le 12 et le 18 février, un peu plus de 38.000 dépistages ont été effectués en moyenne chaque jour, soit une baisse de 16% en une semaine. 
    • Le nombre de nouvelles contaminations repart à la hausse, avec 2.005,9 nouveaux cas détectés en moyenne par jour entre le 12 et le 18 février (+5% par rapport à la semaine précédente). La hausse la plus importante est enregistrée en Flandre orientale (+21%), suivie du Brabant flamand (+15%) et de Namur (+12%). À l'inverse, le Hainaut (-10%), Liège (-9%) et le Brabant wallon (-6%) voient baisser le nombre de nouveaux cas diagnostiqués sur leur territoire. 
    • 1.617 lits d'hôpitaux sont toujours occupés par des patients Covid-19 (+1% par rapport au dimanche 14 février), dont 329 en soins intensifs (+7%). 
    • En moyenne, 37,3 personnes ont succombé au coronavirus entre le 12 et le 18 février, une diminution de 10% en une semaine. Cette baisse se remarque particulièrement au sein des maisons de repos, qui ont enregistré 12 décès quotidiens en moyenne durant les sept derniers jours, contre 15,7 au cours de la semaine précédente (-24%). 
  • Les modèles d'évolution: qu'est-ce que c'est?

    Le but de cette conférence est d'expliquer les modèles à long terme sur lesquels le Comité de concertation se basera vendredi prochain, et de montrer les impacts qu'auraient sur la courbe les différents assouplissements envisageables.

    Plusieurs chercheurs développent des modèles mathématiques, calculés par des ordinateurs puissants, pour évaluer l'évolution de l'épidémie selon différents paramètres. Chaque mois, ces différents travaux sont confrontés et un modèle global est publié. En effet, ils sont basés sur des hypothèses et les comparer permet de se rapprocher de la réalité.

    Ces modèles testent ce qui a déjà été estimé précédemment et se basent sur des données d'enquêtes auprès de personnes à propos de leurs habitudes de contact. 

    Ces modèles ont dû être mis à jour récemment avec les variants étrangers et le taux de vaccination.

  • Bonjour à toutes et à tous!

    À 14h30, le Premier ministre Alexander De Croo, accompagné de Steven Van Gucht et Yves Van Laethem, donnera une conférence de presse. Suivez-la avec nous en live.

    ©Photo News

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