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interview

Allison Vanderplancke, CEO de Chaussures Maniet: "L'e-commerce est porté par les écoliers. Car oui, leurs pieds n'ont pas arrêté de grandir"

Allison Vanderplancke (qui envoie un selfie à L'Echo) prépare la réouverture des 33 magasins Chaussures Maniet ce lundi.

Deux mois de fermeture plus tard, et 35% de chiffre d'affaires à l'eau, les 33 magasins de Chaussures Maniet préparent leur réouverture. Avec, en toile de fond, le stock de la collection passée à remiser.

La réouverture des magasins ce lundi s'annonce comme un soulagement pour ManietDevant permettre au groupe derrière les enseignes Chaussures Maniet et Luxus de repartir du bon pied. Et ce, après deux mois de fermeture.

Alors, en coulisses, tout le monde s'active. Surtout côté logistique. En effet, "quand on a fermé en mars, on était sur la collection hiver. Ici, on doit tout passer à l’été". Pour l'ensemble des 30 points de vente en Wallonie et des trois luxembourgeois. Sans parler des aménagements sanitaires de rigueur pour cause de coronavirus.

"Au moment où on a fermé, on était sur la collection hiver. Ici, on doit tout passer à la collection été."

Soulagement, certes, mais à ce stade, "c'est clair qu'on a déjà réalisé qu'on ne va pas revenir tout de suite au niveau pré-crise", confie Allison Vanderplancke, la jeune trentenaire à la tête de l'enseigne familiale depuis deux ans maintenant, bien qu'elle "la vit depuis toute petite" déjà.

Une partie du personnel restera donc en chômage temporaire, "ce qui arrange certains", évoque la CEO. Et pour cause, "on compte beaucoup de mères de famille, contentes de pouvoir s'occuper de leurs enfants tant que les écoles n'ont pas rouvert".

E-croissance

Et en parlant d'écoles, ce sont justement... les écoliers qui portent la croissance de l'activité e-commerce du groupe. "Car, oui, leurs pieds continuent de grandir", sourit la patronne. "Et il y a un besoin de chaussures adaptées à la saison au vu du beau temps."

Sauf que tout le monde n'en a pas toujours les moyens, surtout dans une période où le pouvoir d'achat des classes moyennes et populaires accuse le coup. Alors, Maniet a décidé de se mobiliser. Offrant 2.600 paires de chaussures neuves aux Restos du Cœur courant de semaine.

"Fin mars, avril et mai sont normalement nos meilleurs mois."

Pourtant, du côté du groupe, la situation n'a rien de simple. Car "fin mars, avril et mai sont nos meilleurs mois", souligne Allison Vanderplancke. A ce stade, il ressort que le chiffre d'affaires reculera de 35% cette année, à un peu plus de 40 millions d'euros contre près de 65 millions initialement escomptés. "Cela fait beaucoup..." Heureusement, une aide de la Sogepa a récemment été décidée.

-25
millions €
A ce stade, le manque à gagner est déjà chiffré : -35% de chiffre d'affaires pour Chaussures Maniet. Qui devrait donc dépasser les 40 millions d'euros contre près de 65 millions initialement escomptés.

Oui, sauf que les problèmes ne s'arrêtent pas là. En effet, à côté du flou sur la question des loyers pour les retailers, joue aussi un tout autre facteur pour l'enseigne: "on ne va pas vendre des bottes fourrées en été", indique la CEO, soulignant la saisonnalité qui prévaut dans son secteur. Alors, il va falloir trouver des solutions pour stocker les invendus immobilisés jusqu'à l'année prochaine. "Cela va nous demander un gros travail, notamment pour trouver de la place dans les semaines qui viennent... Mais on va bien y arriver."

"Ce ne sera pas facile"

Pourtant, George Vanderplancke, son père, l'avait prévenue quand il lui a remis les clés de l'entreprise. "Ce ne sera pas facile", lui avait-il dit, au vu des réalités déjà complexes du secteur à l'époque. Il avait vraisemblablement vu juste. "Mais heureusement, je ne suis pas seule. La famille continue à m'accompagner dans ma tâche", remercie Allison Vanderplancke. Qui vogue aujourd'hui de jour en jour à s'assurer d'une bonne gestion de trésorerie.

Pas toujours simple quand un fournisseur vous appelle, fort de son poids sur l'emploi local dans un petit village italien, pour vous demander, si possible, de payer rapidement une facture pour éviter la casse sociale sur place. "Cela remet les choses en perspective." Tout comme une nécessaire patience, que la jeune CEO a dû développer, elle qui est plutôt du genre fonceuse, face à l'incertitude des multiples échéances mainte fois revues et corrigées.

Alors demain, quand elle le pourra, c'est clair: elle foncera à un concert et au resto. Pour faire un break. "Par contre, je ne sais pas quand ce sera..."

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