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"Aucune décision" sur une aide d'État à Brussels Airlines

Pour l’heure, il est encore incertain de quand les avions pourront recommencer à voler. Selon le président de Brussels Airlines Étienne Davignon, le montant de l’aide de l’État va dépendre aussi de cela. ©Wouter Van Vooren

Selon Etienne Davignon, les discussions sur une aide d'État pour Brussels Airlines sont positives. "Il n'y a pas de position de l'État à ce stade", insistent les autorités.

"Le principe est désormais acquis que nous allons bénéficier d'une aide de l'État", affirmait Etienne Davignon, président de Brussels Airlines, dans La Libre Belgique de vendredi. "Il n'y a pas de position de l'État à ce stade", nous revenait-il du Fédéral, comme l'a confirmé plus tard dans la journée Alexander De Croo, le ministre des Finances.

Contacté, Etienne Davignon nous indique que les retours qu'il reçoit du monde politique "sont raisonnablement positifs" et que bien entendu aucun accord n'est encore conclu. Les discussions portent notamment sur les modalités et la proportionnalité de l'effort. Selon lui, le secteur aérien est reconnu comme stratégique pour l'économie belge. "Zaventem est le deuxième axe de développement après le port d’Anvers pour la Belgique", indique-t-il.

Un montant de 300 millions d'euros est mentionné dans La Libre. Nous faisions état d'une demande de 200 millions d'euros il y a trois semaines. Dans les faits, le chiffre final de la demande n'est pas encore arrêté. "On est en train de faire toutes les économies possibles et imaginables. Mais la question est de savoir à partir de quand on va recommencer à voler. Aujourd’hui, on ne le sait pas. Le montant dépendra de cela", détaille le président de Brussels Airlines.

Une entrée de l'État au capital?

Etienne Davignon n'est pas favorable à une nationalisation de la compagnie. "Brussels Airlines tout seul est un oiseau pour le chat. Sa taille est trop petite", dit-il. D'autres formes de garanties par l'État belge pourraient être envisagées, comme une entrée au capital, mais ce n'est pas la seule piste. L'État belge pourrait, en effet, conditionner son aide de plusieurs façons et, notamment, demander un droit pour avaliser les décisions stratégiques futures.

Ce serait l'occasion pour la Belgique d'avoir plus à dire dans une compagnie qui représente 40% du chiffre d'affaires de l'aéroport de Zaventem et 50% de ses vols long-courrier. "Être tout seul c’est idiot, mais penser que les autres vont s’occuper de vous si vous n’existez pas, c’est naïf", insiste le président. 

Le dossier avance. "On a reçu le feu vert de la Commission européenne. Ils ont ouvert l’autorisation à une aide d’État. La réponse est même: vous pouvez et vous devez aider", insiste le président. 

Il est positif, selon lui, que les Allemands de Lufthansa participent aux discussions en Belgique. Il rappelle que l'Allemagne devrait voter des aides à Lufthansa dès la semaine prochaine. Carsten Spohr, le CEO, a indiqué jeudi que sa compagnie perdait un million d'euros par heure.

Faut-il vraiment aider? 

Le débat sur les aides aux compagnies aériennes a déjà commencé. On sait les écologistes défavorables. L'économiste Étienne de Callataÿ estime aussi que de telles entreprises ne doivent pas être aidées. "Je suis en total désaccord avec lui sur tout. Si vraiment après la crise du Corona on ne se rend pas compte qu’être entièrement dépendant des autres n’est pas la bonne solution, on n'a rien compris", tranche Davignon.

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Brussels Airlines va désormais devoir "intensifier" ses mesures de restructuration à la demande de Lufthansa. Il semble inévitable que la compagnie belge deviendra plus petite après la crise, de 25 à 30%, selon son président, ce qui est la norme dans tout le secteur. Brussels Airlines a déjà annoncé que 8 destinations étaient abandonnées et mis un terme à son contrat avec CityJet représentant 5 avions.

"Tout le monde sait que l’on ne va pas se retrouver aux niveaux de 2017 de sitôt, mais si on ne s’ajuste pas, on va se faire bouffer par les Émirats et les Chinois", insiste Davignon. "On va tout faire pour éviter les suppressions d'emplois, mais nous n'aurons pas que des bonnes nouvelles à annoncer à notre personnel dans les prochaines semaines", a-t-il indiqué dans La Libre. 

Brussels Airlines espère une décision sur l'aide "d'ici fin mai" au plus tard, explique encore le président, mais évidemment "au plus tôt au mieux" pour s'organiser pour la suite.

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