Autopsie d'un Belge sous confinement: finances, poids, mal-être...

L'enquête de Sciensano montre que s'est installée une certaine "fatigue du confinement" dans la population, avec un moindre respect des règles. ©EPA

Comment les Belges vivent-ils le confinement? Une grande enquête de Sciensano nous éclaire sur nos changements alimentaires, sportifs... Et sur notre respect des mesures, qui diminue, et notre mal-être, qui augmente.

Et vous, comment ça va? Sciensano a publié les résultats de la deuxième enquête de santé portant sur les conséquences de la crise sanitaire42.896 personnes ont répondu au questionnaire en ligne. Elles étaient interrogées sur le respect des mesures prises pour lutter contre la propagation du Covid-19, sur leur confiance dans les diverses autorités, sur leur poids, leur alimentation, leurs addictions, etc. 

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%
14% des Belges ne respectent pas les mesures d'hygiène.

Le respect des mesures

Hygiène des mains, distanciation physique, sorties limitées... Les règles commencent à peser dans notre quotidien. Entre la première (semaine du 2 avril) et cette deuxième enquête (semaine du 16 avril), la proportion de personnes disant ne pas respecter strictement les mesures de distanciation physique a augmenté, passant de 10% à 12%. De même pour les mesures de confinement, où le pourcentage de personnes non respectueuses est passé de 5% à 7%.

Concernant les règles d'hygiène, 14% disent ne pas respecter les mesures. Pourquoi? Plus de la moitié s'estiment suffisamment "prudents". Certains se justifient aussi en invoquant le fait qu'il ne font pas partie d’un groupe à risque. Les jeunes et les hommes sont significativement plus nombreux à ne pas respecter strictement les différentes mesures mises en place. Utile à savoir à l'heure où le déconfinement s'appuie sur le respect de ces règles...

La confiance

La confiance dans les professionnels de la santé reste très forte, à 92%. Par contre, la confiance dans le gouvernement national et les gouvernements régionaux a diminué significativement entre les deux enquêtes (respectivement de 53% à 38% et de 45% à 34%). Pourquoi? Sciensano évoque une "fatigue du confinement": le nombre de mesures, combiné à la longue durée de la crise, pourrait rendre la population plus critique envers les mesures de protection et moins encline à les suivre.

La maladie

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heures
En moyenne, les hommes restent plus longtemps en position assise ou couchée au cours d’une journée: 9,1 heures par jour chez les hommes, contre 8,1 heures par jour chez les femmes.

Plus d'un répondant sur huit a consulté un médecin pour des problèmes qui pouvaient être liés au Covid-19. Les personnes de 65 ans et plus sont celles qui ont le moins souvent consulté. Parmi les personnes ayant consulté un médecin dans le cadre de cette maladie, 3,1% ont une infection confirmée par un test, 48,9% ont été suspectées sur base des symptômes sans avoir été testées. Presque une personne sur trois indique avoir, dans son entourage, un collègue (vraisemblablement) infecté.

Au travail

34,2% des travailleurs ont pu poursuivre leur activité professionnelle sans changement, 42,6% ont pu télétravailler. 15,1% sont en situation de chômage temporaire en raison des mesures.

Le portefeuille

La situation financière s’est détériorée dans 16,5% des ménages et s’est améliorée dans 3,9% des ménages.

Le sport

Un peu plus de la moitié de la population âgée de 18 ans ou plus a modifié ses habitudes en matière d’activité physique... mais pas toujours dans le même sens: 23% ont augmenté leur pratique d’activité physique, tandis que 29,7% l’ont réduite. Et le pourcentage de ceux qui restent assis ou couchés pendant 8 heures ou plus a doublé pendant la crise, notamment à cause du télétravail. En moyenne, les hommes restent plus longtemps en position assise ou couchée au cours d’une journée (9,1 heures par jour chez les hommes, contre 8,1 heures par jour chez les femmes).

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%
Près de 30% des Belges font moins de sport qu'avant la crise.

La durée moyenne est aussi plus élevée chez les jeunes de 18 à 24 ans (11,0 heures par jour) et diminue progressivement avec l’âge pour atteindre 7,1 heures par jour chez les 65 ans et plus.

Le temps moyen passé en position assise ou couchée au cours d’une journée est plus élevé chez les personnes vivant seules (9,3 heures par jour) et chez les diplômés de l’enseignement supérieur (9,1 heures par jour).

L'alimentation

Environ 80% des 18+ n'ont pas changé leurs habitudes alimentaires depuis le 13 mars. Mais globalement, on note une diminution significative de la consommation quotidienne de fruits et de légumes... et une augmentation de la consommation de collations sucrées et salées (surtout chez les femmes et les diplômés de l’enseignement supérieur). Conséquence? Un quart des répondants ont pris du poids.

Les addictions

Les mesures de confinement ont fait diminuer la consommation d’alcool au sein de la population, surtout parmi les plus jeunes (18-24 ans). Parmi les consommateurs d’alcool, 23% indiquent boire moins depuis les mesures de restriction et 20% disent consommer davantage.

L’enquête compte 22% de fumeurs. 37% d'entre eux ont augmenté leur consommation de tabac, 16% l’ont diminuée. L’augmentation tabagique est plus fréquente parmi les personnes de 25 à 34 ans (46%).

Les difficultés familiales

Parmi les participants ne vivant pas seuls, 4% disent avoir été victimes de violence à la maison, parmi lesquels on compte 1,6% qui rapportent plus de violence qu’auparavant.

Les contacts sociaux

L'insatisfaction à l'égard des contacts sociaux a augmenté par rapport à la première enquête. Les hommes, les jeunes et les personnes invalides sont les plus insatisfaits de leurs contacts sociaux en cette période de crise. Le pourcentage de personnes qui se sentent peu soutenues par leur entourage est plus élevé chez les hommes, les personnes avec un niveau d’éducation peu élevé, les personnes à faibles revenus, les personnes vivant seules avec ou sans enfant(s), les personnes invalides, les personnes sans emploi et les chômeurs techniques temporaires en raison de la crise.

Le bien-être

Plusieurs sentiments négatifs impactent le bien-être des Belges confinés: les craintes pour la santé, les sentiments d’impuissance, de frustration ou colère, voire d’horreur par rapport à ce qui se passe. Les jeunes de 18-24 ans apparaissent particulièrement vulnérables: ils sont plus nombreux à faire l’expérience de toutes sortes de sentiments négatifs et plus nombreux à éprouver peu de sentiments positifs. 

 

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