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Bart De Wever retente un front flamand au Fédéral

"Les pays intelligents sont en train de gagner l’avenir", estime Bart De Wever. ©Photo News

Le président de la N-VA parle déjà de négocier pour le gouvernement fédéral d'après-crise. Ce n’est pas le moment, répondent MR, PS et Ecolo-Groen: d’abord sortir de l'urgence sanitaire.

"Les pays intelligents sont en train de gagner l’avenir." Selon Bart De Wever, invité de la VRT lundi matin, la Belgique doit prendre exemple sur des pays comme l’Allemagne, l’Autriche ou les Pays-Bas, et s’atteler sans tarder à "un plan de sortie global" du confinement et ainsi permettre une relance de l'économie. "Le bien-être des décennies à venir se décidera dans les prochains mois."

"Nous devons veiller à ce que la réaction à la crise, dans la durée, ne cause pas plus de dégâts que la crise elle-même."
Bart De Wever

Selon le président de la N-VA, "rien n'est plus faux que l'opposition entre l'économie et la santé. L'effondrement du bien-être coûte aussi énormément d'années de vie en bonne santé. Nous devons veiller à ce que la réaction à la crise, dans la durée, ne cause pas plus de dégâts que la crise elle-même".

Négocier dès juin?

Pour avancer au-delà de l’urgence sanitaire, la Première ministre a elle-même plaidé pour un exécutif doté d’une majorité classique, et non pas soutenu de l’extérieur comme c’est le cas actuellement. Le temps de gérer la crise, le trio MR-Open Vld-CD&V a en effet obtenu pour six mois la confiance des socialistes (PS et sp.a), des écologistes (Ecolo-Groen), du cdH et de DéFI, ainsi que les pouvoirs spéciaux (des mêmes augmentés de la N-VA) pour trois mois reconductibles.

"Pour moi, les discussions pour un nouveau gouvernement fédéral peuvent débuter en juin, au plus tard en septembre", avance Bart De Wever. La N-VA ne souhaite pas prolonger plus de trois mois les pouvoirs spéciaux accordés le 26 mars ; d’où la mention de juin.

"Pas le moment"

Chaque chose en son temps, réagit Georges-Louis Bouchez. "Il n’est pas question de parler de négociations gouvernementales alors qu’on n'a encore aucune certitude sur la sortie de crise sanitaire", situe le président des libéraux sur lesoir.be. "Nous n’entamerons pas le moindre processus de formation tant qu’il n’y a pas de stratégie stable de déconfinement."

Et le libéral de pointer une échéance "naturelle" avec la rentrée parlementaire, fin septembre, lorsque Sophie Wilmès viendra à nouveau demander la confiance du Parlement.

La carte du front flamand 

Au-delà du timing, Bart De Wever a un autre message, bien connu celui-là. "Il ne faut absolument pas un gouvernement dominé par le PS et Ecolo. Nous sommes prêts à des compromis mais à partir de notre logique et du programme que nous jugeons important", insiste-t-il, appelant les autres présidents de partis flamands à ne pas se laisser embarquer par le PS et Ecolo.

Bart De Wever mise ainsi sur un retour du front flamand, reflet de la majorité régionale N-VA/Open Vld/CD&V, qui fasse contrepoids au PS. C’est sa seule carte pour tenter de relancer des négociations fédérales avec la N-VA dans le jeu.

Qu’en disent les partis visés ? Georges Gilkinet, chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre, dénonce les "calculs politiques" de Bart De Wever alors que le coronavirus frappe toujours. "C’est son choix. Pour notre part, notre priorité reste à très court terme de répondre aux urgences sanitaires et à la mise en œuvre du bouclier social nécessaire pour protéger les oubliés de la crise."

Thèse, antithèse

OK, il faut "penser rapidement l'après-coronavirus", enchaîne l’écologiste, "mais ce que nous voulons, c'est que les leçons soient tirées de cette crise. Nous ne pensons pas que tout doit recommencer comme avant. Notre économie doit être beaucoup plus résiliente demain" et notamment "relocalisée, moins polluante, et respectant nos engagements en matière climatique. En cela notre vision diffère très fortement de celle de la N-VA".

"Personne ne peut prévoir quelle sera la situation en juin. Il est donc trop tôt pour évaluer si les pouvoirs spéciaux devront être reconduits ou non."
Le PS

Ecolo se dit toujours disponible pour négocier un gouvernement "avec les partis qui partagent globalement nos priorités". Rien de neuf sous le soleil du confinement: comme avant la crise, deux thèses s’opposent, inconciliables.

Le parti socialiste pour sa part balaie la sortie de Bart De Wever: "de la politique politicienne". "L’urgence aujourd’hui, c’est toujours la gestion de la crise sanitaire et de ses terribles conséquences. Personne ne peut prévoir quelle sera la situation en juin. Il est donc trop tôt pour évaluer si les pouvoirs spéciaux devront être reconduits ou non."

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