Béatrice de Mahieu (Co.Station): "La distance sociale rapproche humainement"

Béatrice de Mahieu, que l'on voit ici en télétravail, doit trouver le bon équilibre entre la gestion de ses trois espaces de coworking et sa famille recomposée de six enfants.

La patronne de Co.Station gère ses trois espaces de coworking depuis son domicile. L’occasion de mettre en valeur l’efficacité du digital et le besoin de garder des contacts humains.

Les patrons le répètent depuis des semaines, gérer son entreprise à distance demande un brin d’organisation. Du coup, quand une partie de votre business consiste à accueillir des autres sociétés, cela se corse encore un peu plus. Béatrice de Mahieu est à la tête de Co.Station. Son entreprise propose des espaces de coworking à Bruxelles, Charleroi et Gand et compte 150 sociétés installées entre ses murs.

"Nous restons ouverts. Ce sont leurs espaces, nous ne pouvons pas les empêcher d’aller sur leur lieu de travail."
Béatrice de Mahieu
CEO de Co.Station

 Outre des espaces, Co.Station met également en place des écosystèmes d’innovation sur des thématiques sociétales (énergie, mobilité…). À l’heure du confinement, l’offre habituelle a forcément un peu plus de mal à trouver preneurs. "Nous restons ouverts. Ce sont leurs espaces, nous ne pouvons pas les empêcher d’aller sur leur lieu de travail", explique la CEO qui annonce chercher des solutions pour les soutenir. "Mais dans les faits, l’extrême majorité des travailleurs reste chez eux."

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Avec essentiellement des start-ups comme clients, le mot télétravail n’est pas vraiment inconnu dans les couloirs de Co.Station. "Ces sociétés ont l’habitude. Mais le fait de ne plus jamais se voir reste une perte importante. Il y a un calme anormal. D’habitude, cela bouillonne partout dans le bâtiment. Les entreprises sont continuellement en contact et échangent sans arrêt", explique la patronne. Alors les équipes s’adaptent. "On essaye de garder le lien autant qu’on peut avec des initiatives comme des apéros virtuels. Et notre plateforme de communauté Slack est beaucoup plus utilisée qu’avant", explique Béatrice de Mahieu.

Le confinement, révélateur de talent

Aujourd’hui, sauf pour assurer une permanence, la patronne de Co.Station et ses quinze employés travaillent, eux aussi, depuis leur domicile. "Une partie de l’équipe est chargée de projets d’innovation. Ils peuvent travailler à distance. Pour les autres qui se chargent de la gestion quotidienne des coworkings, nous avons dû leur trouver aussi d’autres activités", explique-t-elle. "Cela a permis de révéler de nouvelles qualités et des talents chez certains. Quand la situation reviendra à la normale, ils reprendront leur activité principale mais on pourrait aussi imaginer de nouveaux projets", assure la patronne.

"Voir où vivent ses collègues et avec qui donne une image différente. Cela rappelle qu’on a tous une vie privée à côté du boulot."
Béatrice de Mahieu

Malgré la distance physique, la patronne garde constamment un lien avec toute son équipe. "On commence chaque journée avec un meeting pour partager notre humeur du jour", explique Béatrice de Mahieu. Seule obligation: activer la caméra. "Tout le monde a directement joué le jeu. Cela permet aussi d’en apprendre beaucoup plus sur ses collègues. Voir où ils vivent et avec qui donne une image différente. Cela rappelle qu’on a tous une vie privée à côté du boulot, ce qu’on oublie parfois en ne se croisant qu’au travail", précise Béatrice de Mahieu.

"En plus d’être prof, on devient aussi coach de foot, entraineur de hockey, animateur scout... On essaye donc de mettre tout ça dans le planning."
Béatrice de Mahieu

Une fois ce premier rituel de la journée terminé, elle passe pas mal de temps en réunion. "Le danger est de vouloir les enchaîner et ne jamais trouver le moment pour dire stop", précise-t-elle. À côté, le travail ne manque pas non plus à la maison. "Nous sommes une famille recomposée avec six enfants. Il faut donc parfois être créatif", sourit-elle. "En plus d’être prof, on devient aussi coach de foot, entraîneur de hockey, animateur scout... On essaye donc de mettre tout ça dans le planning. Assez paradoxalement, la distance sociale rapproche humainement. On se rend compte de l’efficacité que peut apporter le digital. Mais on voit aussi l’importance des relations humaines et le vrai plaisir qu’on a à se voir", explique la CEO.

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