Publicité

Berlin débloque 10 milliards supplémentaires pour soutenir l'économie

Les établissements horeca, fermés, vont pouvoir bénéficier d'un taux de TVA réduit à leur réouverture en Allemagne. ©REUTERS

La coalition au pouvoir à Berlin s’est mise d’accord dans la nuit de mercredi à jeudi sur un nouvel ajustement de l’arsenal adopté pour soutenir l’économie. Le nouveau paquet de 10 milliards d’euros prévoit un allègement fiscal pour les PME et une hausse de l’indemnité pour chômage partiel. L’Allemagne investit au total plus de 1.000 milliards d’euros pour secourir l’économie.

Les partis de la coalition gouvernementale, CDU et SPD, se sont mis d’accord sur un paquet de 10 milliards d’euros supplémentaires, pour venir en aide aux salariés et aux entreprises, notamment dans l’hôtellerie et la restauration, face à la crise provoquée par la pandémie de coronavirus. Le paquet prévoit notamment une hausse de l’allocation versée aux personnes en chômage partiel. Les salariés pourront percevoir 70% (pour une personne seule) ou 77% (pour une famille) de leur salaire net au bout de trois mois de chômage partiel, au lieu de 60 ou 67% à l’heure actuelle.

L’allocation passera à 80 ou 87% au bout de sept mois. Le versement de l’allocation de chômage versée aux personnes ayant perdu leur emploi sera par ailleurs prolongé de trois mois. Les familles les plus modestes bénéficieront enfin d’une enveloppe de 500 millions d’euros, à raison de 150 euros par famille, pour l’achat d’un ordinateur, outil devenu indispensable pour le travail scolaire alors que les écoles ne rouvriront par étapes qu’à partir du 4 mai.

Ce volet, réclamé par les sociaux-démocrates, est complété d’un ensemble de mesures demandées par les chrétiens-démocrates, pour soutenir les entreprises. Hôtels, restaurants, bars et cafés bénéficieront à compter du 1er juillet – s’ils ont rouvert d’ici là – d’un abaissement du taux de TVA, qui passera pour un an de 19 à 7%, soit 4 milliards d’euros de baisse des rentrées fiscales pour le budget de l’État. Les PME pourront pour leur part compenser une partie des pertes attendues pour 2020 avec les avances fiscales effectuées pour 2019, afin de préserver leur liquidité.

Plus de 1.100 milliards

Ce nouveau paquet s’ajoute à l’enveloppe de 1.100 milliards d’euros déjà adoptée en urgence mi-mars. Le gouvernement avait alors présenté une série de mesures, allant du soutien financier aux très petites entreprises et aux travailleurs indépendants (50 milliards d’euros) à la possibilité pour l’État d’entrer au capital de sociétés stratégiques en difficulté en passant par l’allocation de crédits garantis par l’État à taux préférentiel pour PME et grandes entreprises. L’objectif du gouvernement est de frapper vite et fort afin de tenter de limiter les effets de la récession qui se dessine.

Selon les instituts d’analyse économique, le recul du produit intérieur brut (PIB) pour 2020 atteint déjà au moins 5%. L’institut Ifo de Munich, qui misait pour cette année sur une croissance de 1,1%, estime que le PIB chutera de 6,1 à 10,1% pour deux mois de paralysie de l’économie et de 9,9 à 19,5% si le confinement durait trois mois supplémentaires.  Chaque semaine de paralysie supplémentaire coûterait ensuite de 25 à 57 milliards d’euros aux entreprises. Selon l’Ifo, une entreprise sur deux recourt au chômage partiel, une sur cinq entend supprimer des emplois et la moitié des patrons veulent reculer un projet d’investissement.

"Nous allons devoir nous demander si un programme de relance ciblé est nécessaire pour stimuler l'économie."
Olaf Scholz
Ministre allemand des Finances

Le coût de la crise du coronavirus sera d’autant plus élevé pour les finances publiques que le ministre des Finances Olaf Scholz a déjà annoncé l’adoption prochaine d’un plan de relance de l’économie, pour accompagner la sortie du confinement. Toutes ces mesures plomberont les finances publiques, après 10 années de croissance et d’excédents budgétaires. Fin mars, le Bundestag avait adopté une ligne de crédit supplémentaire de 156 milliards d’euros pour le budget 2020, soit 100 milliards de plus que la limite autorisée par la Constitution en temps normal, sonnant ainsi le glas du dogme du "zéro déficit" pour la première fois depuis 2013. Jamais depuis 2014 l’État fédéral n’avait contracté de nouvelle dette. Le ministère des Finances estime pour l’heure à 33 milliards d’euros le recul des recettes fiscales pour 2020. De nouvelles prévisions fiscales sont attendues pour mai.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité