Bientôt 10.000 tests Covid-19 par jour. Qui en profitera?

La Belgique devrait bientôt passer à une capacité de 10.000 tests par jour. ©Photo News

Depuis que l'épidémie de Covid-19 a débarqué en Belgique, la question des tests pose problème. On fait le point sur notre capacité de détection du nouveau coronavirus et sur les progrès annoncés.

Tout le monde est d'accord pour souligner l'importance des tests dans la lutte contre le Covid-19. Le monde médical en réclame davantage, le politique a mis en œuvre un groupe, une task force, dont c'est l'une des priorités. Où en est-on?

Qui est testé?

 Actuellement sont dépistées les personnes présentant les symptômes du Covid-19: toux, difficultés respiratoires, fièvre. Le nombre de tests fluctue au jour le jour, vu la pénurie de réactifs entrant dans leur composition. Ceux-ci sont fabriqués au fur et à mesure ou récupérés dans des laboratoires qui ne s'en servent pas.  

Comment est réalisé le test?

 Un écouvillon est introduit dans la narine du patient et récupère des cellules, qui seront envoyées en laboratoire. Il s'agit d'un procédé assez invasif. "Oui, ça fait mal", admet Eric Muraille, maître de recherches au FNRS, immunologiste attaché à l'ULB. "Et on rapporte pas mal de 'faux négatifs': le prélèvement a été mal réalisé et le laboratoire manque de matériau pour réaliser le test."

Un autre problème rapporté est le manque d'écouvillons indispensables au prélèvement. 

Quels types de tests sont pratiqués en Belgique?

Il y a les tests antigéniques pour le triage en première ligne, qui sont rapides. Mais seuls des tests PCR (réaction en chaîne par polymérase) donnent un diagnostic sûr. Ils sont réalisés en laboratoire par des automates en quelques heures. Des méthodes manuelles, plus lentes mais permettant de se passer de composants en pénurie, ont été relancées, comme à l'UNamur.

Quelles sont les limites des tests PCR?

Les tests PCR se montrent positifs lorsque le patient est au pic de l'infection; ils ne réagissent pas dans les premières 24 heures de la contamination. Ils ne font pas la différence entre un patient qui n'a pas été infecté et un autre qui a été infecté il y a, par exemple, quinze jours: le test pourra être négatif dans les deux cas. 

D'autres tests sont-ils envisageables?

Les tests sérologiques sont actuellement jugés non fiables par le gouvernement et donc interdits en Belgique. Mais il y a une forte demande du monde médical parce que cette méthode permet de voir si le patient a des anticorps, donc s'il a été en contact avec le virus et s'il est immunisé. En sachant qu'il faut deux bonnes semaines pour que des anticorps se développent.

"Aux États-Unis, la FDA enquête déjà et j'anticipe que, compte tenu de la pression, elle va rapidement approuver certains de ces tests. L'Agence européenne devrait suivre et il devrait y avoir rapidement une coordination entre les États", espère le médecin Michel Goldman (i3H, ULB), coauteur d'une note demandant la mise en place d'un double test.

Qui devrait être testé à l'avenir?

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Cela dépendra de la capacité de tests que la Belgique parviendra à atteindre, une fois que les différents maillons de la chaîne, gérée par la task force diligentée par le ministre chargé de coordonner les moyens matériels de lutte contre la pandémie Philippe De Backer (Open Vld), seront efficacement connectés.

Le but: augmenter progressivement le nombre de tests de 2.000 à 10.000 par jour. Selon la ministre de la Santé Maggie De Block, le personnel soignant devrait être prioritaire pour ces tests. Les scientifiques plaident pour que tous les contacts des personnes positives soient testés. Avec un simple test ou un double, tout dépendra de l'évolution d'une organisation encore balbutiante...

Faut-il utiliser les tests sérologiques au plus vite?

Il faudra attendre qu'ils soient certifiés pour être employés chez nous. Mais de toute façon, "il ne faudrait pas les utiliser tout de suite. Le confinement reste la priorité. Ce genre de tests sera utile en phase de décroissance de l'épidémie, afin de faciliter la sortie de crise", explique Michel Goldman. Et "il faut une réflexion au niveau européen, pour harmoniser les règles", insiste Eric Muraille.

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