Brussels Airlines va réduire sa flotte

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La restructuration de Brussels Airlines va s'intensifier, a annoncé Lufthansa. La maison-mère allemande prévoit une réduction de la flotte. Chez les syndicats, c'est la douche froide.

C’était à prévoir, c’est désormais officiel. Lufthansa a indiqué que la restructuration de Brussels Airlines allait s'intensifier. Chez Brussels Airlines, où le plan de restructuration "Reboot" prévoit d’atteindre une marge EBIT de 8% d’ici 2022, on ressort donc les calculettes pour voir là où on va pouvoir économiser davantage.

"Cela prendra des mois, voire des années pour que la demande se normalise."
Wencke Lemmes
Porte-parole de Brussels Airlines

Lufthansa a d'ores et déjà indiqué que ses filiales Swiss et Brussels Airlines devront réduire leurs flottes respectives d'avions. Les opérations de vols reprendront progressivement à partir du 15 mai. "Il est évident que cette crise aura un impact sur notre plan Reboot. C’est pour cela que nous avons pris des mesures drastiques", insiste Wencke Lemmes, porte-parole de l'entreprise. Encore "aucune décision n'a été prise" sur une amplification du plan de départs volontaires dans l'entreprise, mais il est fort à parier que Brussels Airlines va réduire la voilure davantage qu'initialement anticipé. Qui plus est, le plan Reboot ne concernait que le personnel au sol. 

Chez Brussels Airlines, comme dans tout le secteur, on sait que la demande va mettre très longtemps à se normaliser même une fois la crise passée. "Cela prendra des mois, voire des années", dit Wencke Lemmes.

Dans le plan Reboot, l'ampleur de la réduction de l'offre dépendait de l'argent qu'il était possible d'économiser ailleurs. Avec une demande en berne, il va de soi que Brussels Airlines, comme Lufthansa, sortira de la crise en était plus petite qu'auparavant. Lufthansa a indiqué mardi que les discussions allaient débuter avec les syndicats pour voir comment conserver un maximum d'emplois et sous quelle forme. 

Douche froide syndicale

Justement, du côté des syndicats belges, c'est la douche froide. Il y a en effet eu un conseil d'entreprise de Brussels Airlines pas plus tard que lundi, et rien de tout ceci n'a été évoqué, regrettent les différents syndicalistes que nous avons eus en ligne. L'ordre du jour était plutôt centré sur les discussions autour d'une aide de l'Etat belge face à la crise du coronavirus ou sur un paiement anticipé de la prime de fin d'année.

Les syndicats vont donc tenter de s'organiser ce mercredi. "Le personnel est vraiment inquiet, surtout avec ce qu’il lit dans la presse. Tout le monde nous téléphone ou nous laisse des messages", témoigne Anita van Hoof, du SETCa. "Nous n’avons pas eu la moindre communication via le management belge. On a dû l'apprendre par la presse", regrette-t-elle.

"Cela fait 6 mois que je dis que Brussels Airlines prépare une grosse restructuration sans le dire. Maintenant, s'ils veulent aller plus vite, ils vont devoir sortir du bois", insiste pour sa part Didier Lebbe, de la CNE, seul syndicat qui n'avait pas accepté le plan Reboot.

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En tout cas, les annonces de Lufthansa sont compliquées à gérer pour le personnel, qui est dans sa quasi-totalité en chômage temporaire. Pas question non plus d'utiliser un moyen de pression comme la grève quand tous les avions sont cloués au sol. 

Bien consciente de la situation exceptionnelle dans laquelle se trouve la compagnie, Anita Van Hoof rappelle que le secteur aérien est fort émotionnel. "Pour les travailleurs, Brussels Airlines, c'est leur compagnie. Quand il y a eu les attentats, tout le monde a fait des efforts. Il faut impliquer les syndicats."

"Moi j’ai l’impression que le management belge n'est au courant de rien comme d'habitude", tranche Didier Lebbe.

"La direction de Brussels Airlines négocie actuellement avec le gouvernement, les banques et Lufthansa elle-même sur l'avenir de la compagnie aérienne belge et ces discussions sont loin d'être terminées. Lufthansa doit respecter le fait que Brussels Airlines essaie d'assurer son propre avenir", a pour sa part estimé Filip Lemberechts, de l'ACLVB. "Une restructuration lourde et une réduction des effectifs importante mettraient en danger l'avenir de Brussels Airlines et empêcheraient la compagnie aérienne de bénéficier de la croissance attendue sur les vols long-courrier vers l'Afrique, où elle a acquis des décennies d'expérience depuis l'époque de la Sabena", ajoute-t-il.

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