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Bruxelles peine à atteindre son objectif de vaccination

Grandes surfaces, universités, marchés: les vacci-bus sillonnent le territoire bruxellois. ©BELGA

La semaine dernière, environ 9.700 premières doses ont été administrées, loin des 16.000 ambitionnées. De quoi mettre Alain Maron en difficulté?

Le cap avait été fixé à la veille de la rentrée. Histoire d'atteindre, d’ici à la fin octobre, un taux de vaccination d'au moins 65% de la population totale, Bruxelles se fixait comme objectif l'injection de 16.000 premières doses de vaccin contre le Covid-19 par semaine.

9.700
Injections la semaine dernière à Bruxelles
La semaine dernière, la campagne de vaccination bruxelloise a convaincu environ 9.700 personnes de recevoir une première (ou unique) dose de vaccin contre le Covid-19. Loin de l'objectif affiché, à savoir 16.000 par semaine.

Las! Force est de constater, deux semaines plus tard, que l'on est loin du compte. La semaine passée, le compteur s'est fixé à quelque 9.700 piqûres, a fait savoir la Cocom, en charge de la campagne de vaccination à Bruxelles. Contre environ 9.900 la semaine d'avant.

Derrière ce chiffre se cachent différentes tendances. La baisse, dans les centres de vaccination, face à la montée en puissance des initiatives décentralisées, qui pèsent désormais 34% des premières doses, contre 25% une semaine plus tôt. Le tout dans un contexte épidémiologique préoccupant, alimenté par les retours de voyage. Ce qui explique l'instauration, dès ce vendredi, de la quarantaine pour les voyageurs non vaccinés en provenance d'une zone rouge.

On poursuit sur la lancée

Quoi qu'il en soit, le compte n'est pas bon. Et certaines actions n'ont pas (encore?) rencontré le succès escompté. Les premiers pas de la vaccination en entreprise sont plutôt hésitants et les actions dans les grandes surfaces ne tiennent pas vraiment du succès de foule (550 têtes de pipe cette semaine contre 800 celle d'avant). De quoi faire craindre à Inge Neven, la "Madame Vaccination" bruxelloise, quelques turbulences hivernales dans la capitale.

"La position d'Alain Maron dans le gouvernement bruxellois est devenue intenable."
Gilles Verstraeten
Député bruxellois (N-VA)

Cela étant, même si certains lui reprochent d'avoir mis en branle cette approche un peu tard, personne ne nie que la Cocom se démène, tentant d'amener la campagne au plus près du citoyen. Le plan consiste d'ailleurs à poursuivre sur cette lancée.

Parce que certaines initiatives n'en sont qu'aux premiers pas: après bpost, Infrabel, la SNCB ou la Stib, qui viennent de débuter les hostilités, on attend que des employeurs privés embraient – il était notamment question de vacciner sur les chantiers. Parce que la vaccination doit encore franchir les portes des écoles secondaires; or c'est sur la tranche d'âge des 12-17 ans que le retard bruxellois est le plus marqué.

Maron, démission?

De quoi mettre en difficulté le ministre bruxellois de la Santé? Un Alain Maron (Ecolo) déjà secoué suite à l'étrange ballet entamé par le PS et Ecolo sur la communication autour du pass sanitaire – épisode ayant laissé l'impression d'un ministre avançant à reculons.

Le terme "démission" n'est pas encore lâché, même si, depuis les bancs de l'opposition, la N-VA l'évoque à demi-mot. "La position d'Alain Maron dans le gouvernement bruxellois est devenue intenable." Au MR, on ne va pas jusque-là, surtout que l'on considère que l'homme constitue "une cible un peu facile". "N'est-il pas entouré de partenaires, eux aussi liés à l'échec de la vaccination?", interroge David Leisterh, à la tête des libéraux bruxellois.

"Dans le cadre de la vaccination, le message compte pour beaucoup et sentir les autorités fébriles n'aide pas à avoir confiance en elles."
François De Smet
Président de DéFI

Des partenaires, justement, chez qui gronde un certain "agacement", voire de "l'exaspération", c'est selon. "Ce n'est pas encore un problème au sein du gouvernement, indique le président de DéFI, François De Smet. Mais nous aurions aimé qu'Alain Maron se montre plus assertif et assume l'usage de ce 'covid safe ticket'. Le message compte pour beaucoup et sentir les autorités fébriles n'aide pas à avoir confiance en elles."

Quant à y voir un problème strictement bruxellois, François De Smet balaie. "Qui peut s'imaginer qu'en cas de reprise de l'épidémie, cela ne concernera que Bruxelles?" Ce ne sont pas les données en provenance de la province de Liège qui le contrediront.

Le résumé

  • À Bruxelles, la campagne de vaccination peine à rattraper le retard par rapport aux autres régions, malgré les diverses actions entreprises.
  • Le faible taux de vaccination reste surtout marqué du côté des plus jeunes.
  • La position du ministre Alain Maron au sein de l'exécutif bruxellois se fragilise de jour en jour.

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