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C'est l'union sacrée

Les banques centrales et les États main dans la main. Surtout aux Etats-Unis, un peu moins en Europe.

C’est l'union sacrée entre banques centrales et États face au Covid-19. Surtout aux États-Unis. Washington met 2.000 milliards de dollars sur la table pour soutenir l’économie US. De son côté, la banque centrale va procéder à des achats, désormais illimités, de bons du Trésor et de titres hypothécaires. Elle a aussi promis, une première, de soutenir les prêts aux petites et moyennes entreprises. Et un fait incroyable s’est produit : Donald Trump a félicité son "ennemi" Jerome Powell, le patron de la Federal Reserve !  

Les mesures tant du gouvernement que de la banque centrale sont plus massives et surtout plus rapides que lors de la crise de 2008. Des leçons ont été retenues. Tout est actuellement mis en œuvre  pour limiter la casse, même si certaines mesures restent controversées, comme la distribution directe de chèques aux ménages. Des sondages ont montré qu’en 2008, seuls 20 à 30% des ménages ont utilisé les sommes perçues à des fins de consommation. En fait, les ménages ont surtout renforcé leur épargne et remboursé leurs dettes.  

Avec cette crise, tous les tabous sont en train de tomber. Comme celui d’un recours massif à la "planche à billets".

Avec cette crise, tous les tabous sont en train de tomber. Comme celui d’un recours massif à la "planche à billets" des banques centrales. Dans le cadre de cette union sacrée, on devrait voir les États émettre de plus en plus de titres afin de financer leurs dépenses, des titres qui se retrouveront au final au bilan de la banque centrale.

Au sein de la zone euro, le pacte de stabilité budgétaire a été mis au frigo alors que Christine Lagarde, avec des airs de Mario Draghi, a martelé que la BCE  fera "tout ce qui est nécessaire pour aider la zone euro à surmonter cette crise". Qui sait, la BCE pourrait se mettre un jour à acheter des actions sur les marchés...

Ces mesures doivent en principe rester temporaires. L’utilisation de la planche à billets demeure un outil délicat à manier sur le long terme. Le danger est de créer de l'inflation, même si cette dernière n'a pas augmenté depuis 2008, la transmission se reflétant davantage dans le prix des actifs immobiliers notamment.

Dans cet effort massif, la zone euro demeure encore en retrait. En témoignent les oppositions au lancement de "corona bonds", une dette commune, pour aider les pays les plus touchés par la pandémie. Or, si nous devons afficher notre solidarité avec des pays comme l'Italie et l'Espagne, c'est bien aujourd'hui.  

 

 

 

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