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C'est maintenant que tout commence

Le déconfinement va bon train, à présent la suite.

Retrouver nos libertés. Au moment de confirmer la nouvelle phase du déconfinement qui démarre le 8 juin, la Première ministre Sophie Wilmès a parlé ce mercredi, à plusieurs reprises, de nos libertés retrouvées. Ce sont des mots importants. Ils soulignent le niveau hallucinant de privation qui a été le nôtre depuis la mi-mars et annoncent de beaux jours.

Attention, on est encore loin du "je fais ce que je veux quand je veux avec qui je veux". Demain comme hier, le sens des responsabilités s’imposera à chacun. Mais, désormais, on autorise davantage qu’on interdit. Les règles s’assouplissent, les possibilités s’élargissent et cela va nous faire du bien. On sort de l’urgence. Pendant près de trois mois, l’impératif sanitaire a dominé tout le reste. Il s’agissait de limiter la casse, de dompter cette épidémie et de parer au plus pressé sur le terrain social et économique.

Présidentes et présidents de parti, allez-y. Arrêtez de faire semblant. Lancez-vous et négociez enfin, vraiment, un projet pour ce pays.

Des mesures massives ont été prises rapidement, elles permettent à beaucoup de maintenir la tête hors de l’eau. Avec une économie sous perfusion publique, la casse a pu être limitée à ce stade. C’est dans les mois qui viennent que les dégâts (faillites, licenciements, décrochage social, inégalités accrues) risquent bien de se multiplier. Dans l’œil du cyclone règne un calme trompeur.

Des urgences, il y en aura encore, mais il faut à présent relever la tête et regarder plus loin. Le chantier de la relance est devant nous. Il est immense, il requiert de la volonté et impose une assise politique autrement plus solide que celle de ce gouvernement de court terme actuellement en place.

Alors que la fin de la crise sanitaire est en vue, les démons politiques belges vont-ils reprendre le pouvoir? Va-t-on retomber dans l’enlisement? Avant le coronavirus, les partis politiques dominants préféraient le blocage à la négociation. Ils ont excellé dans l’art de garder leurs distances les uns par rapport aux autres.

Mais ça, c’était avant. L’enjeu désormais, c’est la relance économique mais aussi politique du pays, rien que ça. À présent, c’est le long terme qui doit être placé au centre de la table. Alors, présidentes et présidents de parti, allez-y. Arrêtez de faire semblant. Lancez-vous et négociez enfin, vraiment, un projet pour ce pays. C’est maintenant que tout commence.

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