Cafouillages autour des tests sérologiques

Les 500 premiers tests de Zentech ont été validés par le CHU de Liège début avril. ©BELGA

Une certaine confusion règne autour des tests de dépistage sérologiques. Zentech en a lancé la production mais les homologations et le contrat tardent à être notifiés. Mais il n’y a pas (encore) péril en la demeure.

Dans le courant de la semaine dernière, la biotech liégeoise Zentech annonçait à grand renfort de communication le lancement de la production de tests sérologiques de dépistage du Covid-19, sans attendre l’homologation de son produit par l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS). Sans attendre non plus la commande officielle du gouvernement belge et le précieux contrat qui doit l’accompagner. Deux documents à tout le moins utiles pour pouvoir fournir les tests en question en Belgique.

Mais comme pour d’autres aspects de la chaîne logistique concernant les outils de lutte contre l’épidémie (masques de différents types, tests PCR, notamment), un certain cafouillage, au moins de communication, entoure les tests sérologiques. Du côté de l’AFMPS, on assure que l’homologation a été approuvée dès jeudi dernier, et via Twitter l’agence affirme que la mise sur le marché interviendra fin avril. Cette homologation est indispensable puisque jusqu’ici de tels tests sont interdits de commercialisation en Belgique.

Mais hélas, ce lundi matin, la notification de l’homologation n’était toujours pas parvenue au siège de Zentech. Pas plus que le contrat signé par le cabinet du ministre De Backer (Open Vld), affirme encore la société liégeoise. Contrat qui aurait pourtant été renvoyé signé avant le week-end, affirme le porte-parole de Zentech. Et sans ces précieux documents, Zentech refuse, prudemment, de livrer ses produits en Belgique. A l’AFMPS, on s’étonne, au cabinet De Backer, on s’étonne, chez Zentech, on s’étonne…

©AFP

On se souviendra que les relations entre Philippe De Backer et Zentech n’avaient pas commencé sous les meilleurs auspices, le ministre ayant qualifié les tests sérologiques de "brol chinois"... avant que les 500 premiers tests ne soient validés par le CHU de Liège.

A posteriori

Rien d’excessivement grave en fait dans la mesure où le ministre du Budget David Clarinval (MR) affirme avoir débloqué le budget nécessaire pour l’acquisition des tests. Rien que pour Zentech, on parle tout de même de 3 millions de tests et la société liégeoise ne serait pas la seule sur le coup.

Rien d’urgentissime non plus dans la mesure où le cabinet De Backer veut être sûr de tous les éléments avant de lancer ces tests à grande échelle. "Il est très important que cette mise en place soit coordonnée pour éviter une affluence massive dans les milieux hospitaliers de personnes qui voudraient être dépistées. Il faut d’abord que les tests soient disponibles et en nombre suffisant", précise la porte-parole de Philippe De Backer.

"Il est très important que la mise en place des tests soit coordonnée pour éviter une affluence massive dans les milieux hospitaliers."
Cabinet de Philippe De Backer

Les tests sérologiques permettent de déterminer avec précision si une personne a été infectée ou pas. Ils donnent donc une image de l’épidémie à un moment donné, valable pour le passé. Mais ces tests, qui se basent sur la présence d’anticorps dans le sang, ne déterminent en rien la gravité ou l’ancienneté de l’infection, pas plus que son caractère immunitaire, qui n’a d’ailleurs pas encore été prouvé avec certitude. La présence d’anticorps IgM et IgA montre une infection en cours, celle d’IgG montre une infection passée et combattue. Mais cela ne signifie pas encore l’immunité, affirme la professeure Pascale Huynen, immunologue du CHU de Liège.

La professeure précise par ailleurs que ces tests seront surtout utiles durant la phase de déconfinement pour analyser la progression de la maladie et surtout permettre de poser les bons diagnostics a posteriori.

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