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Ce 4 mai, premier jour de la vie d'après pour les entreprises

Le retour progressif en entreprise ne s’improvise pas. Priorités: hygiène et distanciation. ©Photo News

Le déconfinement débute ce lundi pour les entreprises. Le retour progressif au travail ne s’improvise pas. Priorités: garantir l’hygiène et le mètre cinquante de distance "dans toute la mesure du possible". Pragmatisme vivement recommandé.

Pour les entreprises belges, ce lundi 4 mai est un peu le premier jour de la vie d’après. Avec le confinement, le télétravail avait été rendu obligatoire pour les entreprises non essentielles. Lorsque le travail à distance n’était pas possible, une entreprise devait, soit garantir la distanciation sociale, soit fermer.

Ce lundi, on passe à une approche plus souple. Désormais, le télétravail n’est plus "obligatoire" mais "recommandé", "pour tous les membres du personnel dont la fonction s'y prête", lit-on dans l’arrêté ministériel du 30 avril organisant cette première phase du déconfinement. "Si le télétravail à domicile n'est pas appliqué, les entreprises prennent les mesures nécessaires pour garantir le respect maximal des règles de distanciation sociale, en particulier le maintien d'une distance de 1,5 mètre entre chaque personne."

Ce lundi, on passe à une approche plus souple. Désormais, le télétravail n’est plus "obligatoire" mais "recommandé".

Rappelons que le choix politique a été de déconfiner en premier lieu, ce lundi 4 mai, les entreprises industrielles et celles que la Première ministre Sophie Wilmès appelle "business-to-business", c’est-à-dire celles qui opèrent d’entreprise à entreprise. Les commerces fermés jusqu’ici attendront une semaine de plus, sauf s’ils sont spécialisés dans la vente de tissus et des articles de mercerie "afin que la population puisse éventuellement fabriquer elle-même des masques", précise comme annoncé il y a une semaine l’arrêté ministériel.

"Dans toute la mesure du possible"

Pour les entreprises, ce lundi, on passe en somme de l’obligation de résultats (garantir la distanciation ou fermer) à une obligation de moyens. Il s’agit désormais de tout faire pour assurer l’hygiène sur le lieu de travail en même temps que ce fameux mètre et demi de distance entre collaborateurs. Entreprises, veillez-y "dans toute la mesure du possible", lit-on à maintes reprises dans le "Guide générique pour lutter contre la propagation du Covid-19 au travail" qu’a publié par le SPF Emploi.

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Ce guide fournit aux entreprises toute une série de directives "pour permettre aux travailleurs de travailler (à nouveau) en toute sécurité pendant l’après-confinement, en maintenant le risque de contamination aussi bas que possible et en évitant autant que possible les contaminations."

"À partir de ce lundi, l’inspection du travail va dans un premier temps surtout se concentrer sur le conseil et l’accompagnement."
Le cabinet de la ministre de l'Emploi

Une obsession: garder la distance

Le document passe en revue les grands chapitres de l’organisation du travail (transport, arrivée au travail, réunions, pause déjeuner, nettoyage, circulation dans l’entreprise, etc.), avec une obsession: garder la distance. "Éviter tout contact avec d'autres personnes à moins de 1,5 mètre reste le meilleur moyen de limiter la propagation du Covid-19." Il faut donc garantir cette distance "autant que possible" et si l'organisation du travail ne le permet pas, essayez de vous en rapprocher "le plus possible". On vise le mieux, pas l’impossible.

Les directives alignées font appel au bon sens, à un esprit collaboratif et pragmatique de la part de tous: employeurs, travailleurs, partenaires sociaux, personnes en charge de la prévention… Il est vrai qu’une deuxième vague épidémique sera vite évitée, non pas parce que des règles auront été définies dans chaque situation jusqu’au dernier détail – objectif impossible à atteindre – mais parce que, dans chaque entreprise, on aura trouvé des solutions concrètes de distanciation.

D’ailleurs, à partir de ce lundi 4 mai, l’inspection du travail "va dans un premier temps surtout se concentrer sur le conseil et l’accompagnement" des entreprises, indique-t-on au cabinet de la ministre de l’Emploi. Ici aussi, une approche pragmatique semble dominer, même si bien sûr le suivi des plaintes continuera à se faire. À ce stade, les enquêtes menées suite à une plainte ont conduit à la fermeture d’"une bonne quarantaine d’entreprises", selon le cabinet de la ministre de l’Emploi Nathalie Muylle (CD&V).

Pragmatisme

Certains secteurs ont en effet signé un protocole endossant le guide générique, parfois assorti de telle ou telle recommandation complémentaire. C’est le cas par exemple pour la Commission paritaire auxiliaire pour employé (CP200) ou le secteur du textile (CP120 et 214). Dans l’industrie du métal et de la technologie (Agoria), syndicats et employeurs ont essayé de s’entendre sur une position sectorielle commune, en vain.

Qu’à cela ne tienne, accord sectoriel ou pas, il appartient à chaque entreprise de s’aligner sur le guide générique. Une bonne dose de pragmatisme sera nécessaire pour que ce début de retour au travail tourne le plus rond… possible.

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