Ces sociétés belges qui font sauter leur dividende

Pour traverser la crise sanitaire et économique, plusieurs sociétés belges ont déjà annoncé qu'elles annulaient la distribution de leur dividende. ©AFP

Confrontées à une crise sanitaire sans précédent, certaines sociétés belges cotées ont décidé d'annuler leur dividende et, dans certains cas, de suspendre leur programme de rachat d'actions propres. Le point.

Volvo, Ford, Airbus, Unibail Rodamco-Westfield font partie des grands groupes internationaux qui ont annoncé ces deniers jours l’annulation totale ou partielle de la distribution de leur dividende. Une décision qui peut faire grincer les dents de certains actionnaires mais qui, dans le contexte actuel de crise sanitaire sans précédent, se justifie pleinement.

Comme personne ne peut prévoir, à ce stade, combien de temps et dans quelle mesure le coronavirus infectera les rouages économiques, garder des liquidités dans les caisses relève de la saine gestion.

David Trainer, CEO de la société de recherche en investissements New Constructs, s'attend à ce qu'il y ait plus de gels, de réductions et de suspensions "plus la contraction économique se poursuivra", rapporte le magazine Barron’s. Sans flux de trésorerie, ajoute-t-il, "de nombreuses entreprises ne pourront pas soutenir leurs dividendes".

Rachats d'actions

Pour certaines entreprises, une autre façon de préserver un matelas de cash est d’annuler ou de suspendre un programme de rachat d’actions propres. Ces acquisitions servent, en général, à stabiliser le cours de bourse et en cas d’annulation des titres à accroître le bénéfice par action.

27 millions
euros
Si Kinepolis décide finalement de passer son dividende de 1 euro par action, l'économie totale devrait tourner autour de 27 millions d'euros.

C’est ce qu’a décidé Van de Velde . À peine un mois après l’annonce du lancement d’un tel programme, le groupe de lingerie féminine a décidé de l’annuler purement et simplement. Gain: 15 millions d’euros. La distribution du dividende est également suspendue. L’an dernier, il avait été fixé à 1,03 euro pour les 13,33 millions d’actions en circulation.

Ce matin, EVS a annoncé, de son côté, qu’il comptait annuler le paiement de son dividende brut final de 50 centimes, un montant similaire ayant déjà été alloué en novembre dernier. Cela devrait représenter une économie de quelque 7 millions d’euros. Par contre, le groupe spécialisé dans les technologies vidéo pour les productions en direct a décidé de maintenir ses rachats d’actions. Depuis fin 2018, il en a acquis pour un montant total de 9 millions d’euros.

Rien d'officiel chez Kinepolis

Les actionnaires du spécialiste des médias Roularta sont aussi mis à la diète. Pas de coupon cette année. Ils avaient été particulièrement dorlotés pour l’exercice 2018 avec un dividende total de 5,5 euros brut, le groupe ayant réalisé une plus-value de 146 millions d’euros sur la vente de sa participation dans Medialaan.

AB InBev a fait un trait mardi sur ses prévisions pour 2020 mais il n’a pas évoqué la suppression de son dividende final d’un euro.

Si chez Deceuninck , le coupon – assez symbolique – de 3 centimes par action passe à la trappe, rien n’est encore décidé du côté de Kinepolis . L’exploitant de salles de cinéma qui a fermé tous ses complexes en Belgique jusqu’au 3 avril inclus, n’a pas encore communiqué officiellement sur le sujet. Son président et principal actionnaire Joost Bert a laissé entendre dans la presse flamande que le dividende d'un euro ne serait probablement pas distribué. Soit une économie de plus de 27 millions d’euros.

Rappelons, enfin, qu’AB InBev a fait un trait mardi sur ses prévisions pour 2020 mais qu’il n’a pas évoqué la suppression de son dividende final d’un euro qui sera mis en paiement le 7 mai. Un analyste estime cependant que le brasseur devrait réduire son coupon pour allouer davantage de moyens à son désendettement.

La crise de 2008

Impossible de dire, pour l'heure, combien d’entreprises belges vont annuler ou limiter leur "payout".

Lors de la crise financière de 2008, 40 sociétés du S&P 500 ont sabré dans leur dividende et 22 autres l’ont suspendu, rappelle le Barron’s. Un an plus tard, ces chiffres s’élevaient respectivement à 68 et 10.

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