"Chaque semaine coûte 2,4 milliards d'euros à l'économie belge"

Selon le secteur, l'activité est soit très ralentie, soit à l'arrêt. Ici, le parking désert de l'aéroport de Charleroi. ©Photo News

La fédération des entreprises de Belgique estime l’impact d’une semaine de confinement à 0,55% du Produit intérieur brut (PIB) et table sur six semaines de crise, jusque fin avril. Mais tout dépend du temps mis à vaincre le coronavirus.

La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) s'est risquée ce mercredi à une première estimation chiffrée de l’impact coronavirus sur l’économie belge. Toutes hypothèses élaborées après consultation des fédérations sectorielles, pour aller au plus près de la réalité de terrain, et compte tenu des derniers chiffres du chômage temporaire.

2,4 milliards €
L'impact par semaine
La FEB estime à 2,4 milliards d’euros l’impact de chaque semaine de confinement sur l’économie belge (ou 0,5 % de PIB environ).

Si la situation actuelle perdure pendant six semaines, jusqu'à fin avril autrement dit, la perte atteindrait environ 1,1 milliard d’euros (on arrondit les chiffres) dans le secteur de la construction, 1 milliard d’euros pour l’horeca, 1 autre milliard pour la métallurgie, 900 millions dans le commerce de gros, 700 millions pour l’intérim, 600 millions pour le commerce non alimentaire, 400 millions d’euros dans l'industrie alimentaire (car si les particuliers achètent voire surstockent, l’horeca ne commande plus rien, lui). Et cætera, et cætera.

Des secteurs sont à l'arrêt (horeca, événementiel) ou presque: -85% dans le commerce non alimentaire, -80% dans l'aérien, -75% dans l'automobile et le voyage, -66% dans l'intérim, la liste est longue. Le seul sous-secteur qui pourrait voir son activité progresser est le commerce alimentaire, dont les volumes supposés sont attendus en hausse de quelque 10%. 

Au total, la FEB estime à 2,4 milliards d’euros l’impact de chaque semaine de confinement sur l’économie belge (ou 0,55% de PIB). Si la crise dure 6 semaines, première hypothèse de la FEB à ce stade, il en coûterait quelque 14,5 milliards d’euros, soit quelque 3,3% de PIB.

Si la crise devait durer un trimestre, tablons alors sur quelque 25 milliards d’euros d’impact, soit un peu plus de 6% de PIB. Encore que, nuance Edward Roosens, l'économiste en chef de la fédération: faire simplement "fois deux" est un peu court. Un certain effet de report sur la seconde partie de l’année devrait en effet s’observer, par exemple pour des achats non alimentaires aujourd’hui reportés à des temps moins chahutés.

Sur base d'un sondage, l'organisation patronale flamande Voka avance de son côté un chiffre bien supérieur, "au moins 40 milliards d'euros", estimant que l'impact du coronavirus est trois fois plus sévère que celui de la crise financière de 2008.

Hypothèse d’une reprise rapide

"Continuons à appliquer les mesures actuelles pendant quelques semaines de plus pour que l'épidémie soit étouffée dans quelques semaines."
FEB

Bien sûr, le facteur temps sera déterminant. La fédération des entreprises table jusqu’ici sur une reprise relativement rapide après la très forte chute d’activité actuelle. "Le plus important est bien sûr de vaincre le plus vite possible le coronavirus", martèlent les employeurs. "Pour la santé de la population en premier lieu, mais aussi pour l’économie du pays. Plus vite le virus sera éliminé, plus limité sera l’impact sur l’économie."

"Continuons à appliquer les mesures actuelles pendant quelques semaines de plus pour que l'épidémie soit étouffée dans quelques semaines", insiste la FEB, qui en appelle à la collaboration entre employeurs et employés pour faire tourner ce qui peut tourner.

"Les décisions prises par le gouvernement nous semblent assez adéquates, mais il y a encore du travail quant à leur implémentation sur le terrain. Il ne faudrait par exemple que les autorités locales, police ou bourgmestres, continue à tout faire fermer, comme cela se passe parfois pour le moment, sinon on basculera dans un scénario à l’italienne, avec une crise aux effets beaucoup plus lourds. Dans le secteur de la construction par exemple, certaines entreprises sont à l’arrêt alors que dans certains cas les mesures de distanciation sont possibles."

Bref, il y aurait "encore un gros travail de compréhension et de communication" à assurer pour chacun situe ce qui est autorisé ou pas et s'organise en fonction.

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