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interview

"Chaque semaine représente un manque à gagner de cinq millions pour Trafic"

Seul au Luxembourg, les magasins ont pu être rouverts. Trafic attend un go du gouvernement en Belgique et en France. ©Photo News

La situation est d'une gravité inédite pour l'enseigne familiale. Son administrateur délégué Thomas Marchandise en appelle aux autorités à en finir avec la situation de concurrence déloyale manifeste qu'elles ont créée.

Avec ses 85 magasins, Trafic est frappé de plein fouet par les mesures gouvernementales de lutte contre le coronavirus. Et ce, aussi bien en Belgique qu’en France et au Luxembourg, où l’enseigne non-alimentaire belge est aussi présente.

Deux tiers de ses 1.100 collaborateurs sont aujourd’hui en chômage économique. Avec une ardoise qui s’alourdit, inlassablement: "On estime notre manque à gagner à cinq millions d’euros par semaine", confie Thomas Marchandise, administrateur délégué, qui voit par ailleurs les stocks s’accumuler pour cause d’invendus et de commandes passées arrivant malgré la crise.

5
millions €
Trafic estime son manque à gagner à cinq millions d’euros par semaine.

"D’un point de vue économique, la décision du gouvernement de fermer les enseignes non-alimentaires nous a amenés dans une situation de trésorerie extrêmement tendue. Non seulement nous sommes aujourd’hui privés de revenus, mais nous devons en plus toujours faire face à un niveau de dépense important." En personnel notamment.

Et pour cause, malgré le fait que les magasins soient fermés, "il faut gérer la crise et préparer, entre autres, les opérations commerciales du second semestre".

Gravité inédite

Une situation d’une gravité inédite pour le groupe familial fondé en 1983. Pour lequel, jusque-là tout allait pourtant bien, avec un chiffre d’affaires en croissance, pour atteindre 265 millions d’euros en 2019, de la rentabilité et peu de dettes.

Trafic en chiffres
  • Enseigne familiale de distribution fondée en 1983.
  • 85 magasins répartis entre la Belgique, la France et le Luxembourg.
  • 1.100 collaborateurs.
  • 265 millions d’euros de chiffre d'affaires en 2019.

Mais voilà, les mesures sanitaires et leurs conséquences sont passées par là. Et sur ce point, Thomas Marchandise se veut très clair:"Si nous comprenons les décisions de fermeture que le gouvernement a dû prendre dans l’urgence, nous plaidons aujourd’hui pour des aménagements immédiats. Pas seulement parce que la situation économique est intenable pour nos entreprises mais aussi parce que la décision de limiter les ouvertures aux seules grandes surfaces alimentaires, aux magasins de bricolage et aux jardineries crée une concurrence déloyale manifeste".

En effet, alors que des magasins comme Trafic restent fermés, la majorité de leurs assortiments se retrouvent dans les rayons des enseignes alimentaires et de celles qui ont reçu l’autorisation de rouvrir, leur offrant dès lors un avantage concurrentiel évident, d'après l'administrateur délégué. Et de souligner en ce sens que "certains de ces acteurs, forts de l’effet d’aubaine, nous ont déjà contactés pour racheter nos stocks au rabais". Témoignant, selon lui, du caractère ubuesque de la situation. "Alors que nos produits d’hygiène, de soins, nos articles de jardinage et de loisirs extérieurs prennent la poussière, ces mêmes enseignes n’hésitent pas à les mettre en avant… et pas aux mêmes prix…", constate-t-il.

"Forts de l’effet d’aubaine, certains acteurs nous ont déjà contactés pour racheter nos stocks au rabais."
Thomas Marchandise
Administrateur délégué de Trafic

Et ce, alors même, aussi, qu'ouvrir d’avantages de commerces "permettrait de réduire la concentration d’individus aux mêmes endroits. Ce qui, outre l’impact sanitaire positif, réduirait aussi la problématique de ruptures de stock en magasins", évoque l'entrepreneur. Avant d'ajouter: "Tout bénéfice pour l’ensemble de la population donc."

"Si on respecte les règles, on doit pouvoir réouvrir"

Pour lui, à ce stade, le critère principal de discrimination devrait être simple: la capacité d'une entreprise à respecter les mesures sanitaires et de distanciation sociale en magasins. "Toute autre lecture est une entrave aux principes fondamentaux de libre concurrence, de non-discrimination et des principes d’égalité consacrés par la loi belge et les règlements européens". D'ailleurs, chez Trafic, les magasins ont été adaptés pour respecter toutes les règles.

A la veille des annonces du Conseil national de sécurité, Thomas Marchandise espère donc que les autorités prendront les mesures adéquates pour soutenir activement le secteur non-alimentaire et les nombreux emplois y afférent. "Il n’est pas trop tard, mais il est grand temps", conclut-il, non sans une certaine gravité.

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