Chez ces fournisseurs de pain, "le personnel est transcendé"

Avec ses pains, Copains.group fournit aussi bien les maisons de repos que les hôpitaux et le retail.

Fournisseur des maisons de repos, des hôpitaux et de la grande distribution, l'entreprise hennuyère Copains.group n'a pas le choix que de continuer. Même en dépit du bon sens économique.

"À chaque jour qui passe de cette crise, on réalise un peu plus la mission sociétale qui est la nôtre", souligne Olivier de Cartier, CEO de Copains.group (ex-LCB Bakery). "Notre métier est à la base très simple: confectionner et livrer du pain. Mais aujourd'hui, cela prend une autre dimension, absolument essentielle", confie le patron.

A chaque jour qui passe, on réalise un peu plus la mission sociétale qui est la nôtre
Olivier de Cartier
CEO de Copains.group

Et pour cause, l'entreprise hennuyère qui occupe une soixantaine de personnes dans ses ateliers de Strépy-Bracquegnies approvisionne des acteurs critiques: des maisons de repos (Orpea, Armonea) aux hôpitaux(Saint-Pierre, Sainte-Anne, Brugmann, Saint-Luc, Tivoli, Chirec, GHdC,..), en passant par le retail (Delitraiteur, Mestdagh, Delhaize,...). Pour un chiffre d'affaires d'un peu plus de 5 millions d'euros en 2019, et quelque 3,5 millions de pains qui sortent du four chaque année.

Avec une réalité: "Dans les circonstances actuelles, on voudrait s'arrêter qu'on ne le pourrait pas. Nos clients comptent sur nous plus que jamais. On se sent dès lors investi d’une mission importante: les soutenir dans cette épreuve, par la porte ou par la fenêtre. Et ce, même si c'est parfois en dépit du bon sens économique. Il n'y a pas le choix, show must go on".

Alors, les équipes s'activent. Avec les consignes sanitaires de rigueur à l'esprit. Et quand il y a un malade - Copains.group en affiche déjà dix au compteur -, on assume. "L'engagement est formidable, on a le sentiment que le personnel est transcendé", indique Olivier de Cartier. Malgré la difficulté. En effet, "on est une petite entreprise où les gens ne sont pas des pions. Il est très difficile de remplacer quelqu'un, car sa fonction a souvent demandé une formation spécifique."

L'intérim s'érige souvent en solution de derniers recours, faute de mieux. Une tendance qui s'observe d'ailleurs partout en Belgique où la hausse est notable pour les activités dites essentielles, alors que l'intérim est en perte de vitesse au niveau global, suite au ralentissement global de l'économie.

Mais pas que. Copains.group va devoir ériger un plan d'approvisionnement, après avoir mis de côté tout ce qui était plus accessoire - "on est en mode guerre". Au programme, diminution du nombre de références en catalogue, baisse du nombre de livraisons ou encore recentrage de l'activité sur les clients prioritaires. Autant d'exemples qui n'ont rien de théorique. L'entreprise a déjà dû suspendre ses livraisons chez Carrefour. De même, "si on a pu répondre à une demande de Delhaize qui avait besoin d'approvisionner 24 magasins en urgence, on ne sait pas jusqu'à quand ce sera encore possible".

Lire également

Publicité
Publicité