interview

Claire Munck: "On est en train de façonner la finance de demain"

Claire Munck, CEO de Be Angels, pilote son réseau d'investisseurs depuis chez elle. ©Yanick Blancho

Les semaines qui viennent de s’écouler sont passées à vitesse grand V pour Claire Munck, à la tête du réseau d’investisseurs privés Be Angels. Les investisseurs privés sont plus que jamais actifs.

"Il faut arriver à concilier les impératifs professionnels avec le fait d’avoir deux enfants à la maison. Il faut éviter la frustration de ne pas faire assez bien l’un ou l’autre", nous explique la CEO de Be Angels qui jongle en permanence entre le pro et le perso.

La décision de travailler à distance est la norme chez Be Angels comme dans la plupart des entreprises, mais Claire Munck n’a pas attendu qu’on lui impose pour demander à ses équipes de rester chez elles avant de se confiner elle aussi. "Avant l’annonce officielle, j’avais déjà demandé aux membres de l’équipe de travailler de chez eux. On est dans un endroit où il y a beaucoup de passage, on ne voulait pas prendre de risques."

"Il faut arriver à concilier les impératifs professionnels avec le fait d’avoir deux enfants à la maison. Il faut éviter la frustration de ne pas faire assez bien l’un ou l’autre."
Claire Munck
CEO de Be Angels

Après quelques jours d’adaptation, l’organisation s’est rodée et tourne maintenant à plein régime pour suivre le rythme de travail. Du travail, Be Angels n’en manque pas malgré la crise. Évènements, levée de fonds et formations, le réseau d’investisseurs est sur tous les fronts. "Pour nos forums d’investisseurs en ligne où les sociétés viennent pitcher et demander des financements, on a encore plus d’inscrits que lorsque nous les organisions avant la crise de façon physique."

De quoi donner des idées à Claire Munck qui envisage de continuer avec des événements physiques et en ligne après la crise. Idem pour les comités de sélection des entreprises avec un gain d’efficacité à la clef grâce au virtuel. "On est beaucoup plus strict sur le temps imparti et bizarrement on a plus de questions qu’en vrai. On n'observe aucun d’impact négatif sur l’interactivité, que du contraire."

Par contre, pour les formations des futurs business angels, que le réseau organise depuis peu, la bonne vieille classe n’a pas dit son dernier mot. "Comme ce sont de nouveaux membres, ils font moins connaissance entre eux comme ça peut se passer dans la vraie vie à la pause-café."

La crise, une opportunité pour les investisseurs privés

De manière plus générale, la CEO de Be Angels observe que la crise actuelle redéfinit le rôle de l’investisseur privé. "On est en train de façonner la finance de demain. Le rôle des business angels est disruptif et contre-cyclique. On aurait pu s’attendre à une baisse du nombre de projets ou d’investissements, mais pas du tout. La grande majorité voit la crise comme une opportunité."

"Les investisseurs privés deviennent la classe la plus dynamique d’investisseurs pour les premiers tours de table des entreprises."
Claire Munck
CEO de Be Angels

La période est donc propice aux investisseurs qui aiment le risque et qui attendent en retour des conditions plus favorables."Les termes de négociation vont peut-être être plus avantageux. C’est lié à la dynamique de marché. Les investisseurs privés deviennent la classe la plus dynamique d’investisseurs pour les premiers tours de table des entreprises." Preuve en est, le recrutement de nouveaux membres au sein du réseau ne faiblit pas.

Des nouveaux outils d'investissement

Pendant le confinement, Be Angels a réussi le tour de force de lancer plusieurs outils d’investissement. L’un est dédié aux projets à un stade de lancement, voire prélancement en partenariat avec le start-up studio Make It. L’autre s’adresse aux étudiants entrepreneurs en partenariat avec 5 incubateurs pour permettre de compléter leur première levée de fonds. 

Au niveau des investissements plus classiques, le travail ne manque pas non plus: "On a participé au financement de sept sociétés depuis début janvier. Nous avons une quinzaine de dossiers en cours dont cinq qui vont se clôturer avant la fin du mois de mai", conclut Claire Munck. 

Bref, confinement ou pas, les investisseurs privés sont plus que jamais mobilisés.

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