Clouée au sol, Brussels Airlines demande 200 millions d'aide à l'État

Début de mandat difficile pour le nouveau CEO de Brussels Airlines Dieter Vranckx.

La filiale de Lufthansa a demandé une aide de 200 millions d'euros à l'État belge. Cloué au sol, le secteur aérien risque des faillites en cascade dans quelques mois.

La nouvelle était dans l'air, ou plutôt au sol. À mesure que les jours passaient, Brussels Airlines réduisait son offre de vols. C'est désormais confirmé, la filiale de Lufthansa a décidé d'annuler à partir de vendredi tous ses vols jusqu'au 19 avril inclus. Pour l'instant, "il est prévu de reprendre les vols le 20 avril", confirme Maaike Andries, porte-parole de Brussels Airlines.

"Notre situation financière a déjà été gravement et négativement affectée."
Brussels Airlines

Une décision prise alors que l'évolution de la crise est difficile à prévoir. Au passage, la compagnie qui avait déjà recours à un chômage technique temporaire de 30% travaille à "l'extension du chômage technique temporaire partiel à 100% pour la durée de la suspension temporaire des vols".

Brussels Airlines confirme que sa situation financière a déjà été "gravement et négativement affectée". Par conséquent, la compagnie aérienne "est en discussion avec le gouvernement afin d’obtenir un support de leur part", ajoute Brussels Airlines.

Selon nos confrères du Tijd, Brussels Airlines a demandé dans une lettre au gouvernement une aide de 200 millions d'euros. Tui Fly et Air Belgium auraient également demandé une aide en Belgique et la maison-mère Lufthansa a fait de même en Allemagne.

Faillites en escadrille? 

Le secteur aérien tout entier est sous pression avec des rentrées de cash à l'arrêt et des coûts qui continuent à s'empiler. Moody's a décidé de dégrader Lufthansa en conséquence à Ba1 contre Baa3 auparavant. L'analyse de Moody's suppose une réduction d'environ 50 à 60% du trafic de passagers de Lufthansa au deuxième trimestre et une baisse de 20% pour l'année entière. Mais ceci est l'estimation la moins négative de l'agence de notation...

Malgré la dégradation, Moody's reconnait les efforts de la plus grande compagnie aérienne européenne en termes de gel des coûts. Lufthansa essaye aussi de trouver d'autres sources de financement pour améliorer sa liquidité à court terme.

"D'ici fin mai 2020, la plupart des compagnies aériennes dans le monde fera faillite", a pour sa part mis en garde lundi la société d'analyse des marchés CAPA.

Le sauvetage annoncé des compagnies aériennes fait penser à celui des banques en 2008. Le transport aérien américain a par exemple demandé des aides d'urgence pouvant aller jusqu'à 50 milliards de dollars au gouvernement fédéral pour survivre. Les compagnies britanniques auraient demandé au gouvernement plus de 9 milliards de dollars d'aides. Rome serait prête à nationaliser Alitalia.

Reste à voir sous quelles formes les États seraient prêts à aider un secteur mal considéré pour ses émissions de CO2.

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