Comment la Belgique peut-elle contenir le variant Delta?

En Angleterre, les contaminations et les hospitalisations liées au coronavirus sont à nouveau en hausse depuis quelques jours. Un scénario que la Belgique doit tenter d'éviter. ©EPA

Le variant Delta, ou indien, est particulièrement contagieux et freine le plan de déconfinement anglais. En Belgique, les prochains assouplissements devront en tenir compte.

L'épidémie de covid se calme nettement en Belgique, ce qui permet aux autorités d'assouplir les mesures auxquelles nous sommes soumis depuis de longs mois. Les dernières données publiées montrent qu'entre le 5 et le 11 juin, 801 nouvelles contaminations ont été dépistées en moyenne chaque jour.

Il s'agit d'une baisse de 42% par rapport à la semaine précédente. Les hôpitaux se vident aussi des cas de covid: il restait lundi 717 malades hospitalisés, dont 273 en soins intensifs.

Vendredi prochain, un Comité de concertation doit se pencher sur le dossier des contacts sociaux, actuellement limités à 4 à l'intérieur des foyers (hors ménage) et aux tables des restaurants.

4%
Des contaminations Belges
Le variant Delta représente environ 4% des contaminations de covid en Belgique

La situation britannique inquiète

Une menace tempère néanmoins cet enthousiasme: le variant Delta (ou indien), très présent en Angleterre, est impliqué dans 96% des nouveaux cas recensés. Il est également considéré comme 60% plus contagieux que le variant anglais (désormais nommé Alpha).

"Il faut être très progressif dans le relâchement. Les responsables politiques doivent regarder ce qui se passe autour de nous et anticiper."
Yves Coppieters
Épidémiologiste et professeur de santé publique (ULB)

De l'autre côté de la Manche, les contaminations sont en forte recrudescence: elles viennent de passer de 2.000 à 7.000 par jour, et les hospitalisations augmentent à nouveau. Face à cette montée en flèche, le Premier ministre Boris Johnson a freiné le rythme du déconfinement, reportant d'un mois la dernière étape, qui prévoit notamment la réouverture des boîtes de nuit.

Le Public Health England a également publié une étude sur l'efficacité des vaccins face à ce mutant. Sur 14.019 patients porteurs du variant Delta, 166 ont dû être hospitalisés alors qu'ils avaient déjà reçu deux injections. L'étude montre ainsi une protection à 96% contre les hospitalisations après deux doses du vaccin Pfizer/BioNTech et à 92% pour Oxford/AstraZeneca.

Le variant Delta s'implante en Belgique

Environ 80% des adultes ont reçu une dose de vaccin au Royaume-Uni, alors que les deux injections ont été administrées à 57% de la population.

"Avec une épidémie, il est difficile d'établir des prévisions à plus de 15 jours, donc il faut être conscient qu'il faut parfois faire des adaptations."
Yves Coppieters
Épidémiologiste et professeur de santé publique (ULB)

En Belgique, 49% ont reçu une dose et 26,7% sont entièrement vaccinés. Le variant Delta représente environ 4% des contaminations chez nous. Seul 1,1% des hospitalisations pour Covid concerne des patients vaccinés. Pas encore de quoi s'alarmer ni modifier le plan de déconfinement, d'autant que le beau temps ne favorise pas le virus.

Mais ensuite, la Belgique parviendra-t-elle à contenir suffisamment le variant Delta pour ne pas connaître une recrudescence de l'épidémie à l'anglaise? L'épidémiologiste de l'Université Libre de Bruxelles (ULB) Yves Coppieters se montre circonspect: "Il faut être très progressif dans le relâchement."

"Les responsables politiques doivent regarder ce qui se passe autour de nous et anticiper. Avec une épidémie, il est difficile d'établir des prévisions à plus de 15 jours, donc il faut être conscient qu'il faut parfois faire des adaptations", poursuit-il.

Festivals et tourisme

Le plan belge prévoit notamment la reprise des grands événements, tels que les festivals, à la mi-août. Ce sera un cap important. "Il faudra absolument s'assurer qu'il n'y a aucun risque de contaminations", avertit le professeur Coppieters.

Les craintes portent aussi sur les retours de vacances. Il faut qu'un maximum de Belges, surtout les personnes à risques, soient totalement vaccinés dans les prochains mois pour éviter un regain de l'épidémie et une nouvelle surcharge des hôpitaux.

Mais pas que... "Le risque sera proportionnel au maintien d'une prise de conscience par la population de l'importance du testing et de la quarantaine. Il ne faudra pas attendre des signes de maladie avant de se faire dépister ou de s'isoler!", rappelle l'épidémiologiste de l'ULB.

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