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Confinés mais pas abstinents: le boom des e-apéritifs et des e-dégustations

Avec le confinement lié au Covid-19 et la fermeture des bars et des restaurants, les apéritifs se sont déplacés à la maison. Et la vente des vins et des alcools de progresser grâce, aussi, aux "apéros Skype" et même à des "e-dégustations".

En première semaine de confinement, on a vécu un "hamstering" (stockage compulsif) de produits estimés être de première nécessité comme les pâtes, le riz et le papier toilette. Puis, malgré les "promos" interdites, la grande distribution a vu ses ventes de vins et d’alcools progresser. "Des vins peu chers, ceux bus plutôt au quotidien, et aussi des Bib (cubitainers) pourtant surtout vendus en été", analyse Benoit Couderé, acheteur chez Carrefour. Même constat chez Delhaize. "Lors de ces semaines sans promotion, les Bib ont cartonné en marquant une progression de 20% par rapport à la même époque de l’an dernier. Ce n’était pas prévu", explique Pieter Jan Cuyvers, responsable du département vins et spiritueux chez Delhaize. "Pour les vins plus chers, les clients attendent des promotions, qui arrivent de nouveau avec ce week-end de Pâques."

"Pour notre site CoraWine, Il a fallu se réorganiser tellement les ventes étaient importantes."
Alain Renier
Sélectionneur vin pour Cora

Les promos, évoquons-les. Interdites durant plus de deux semaines. Carrefour Market a dû carrément annuler sa foire aux vins de printemps. Et Cora, l’arrêter en cours. Sauf en ligne. "Pour notre site CoraWine, Il a fallu se réorganiser tellement les ventes étaient importantes. Renforcer l’équipe fut nécessaire et le délai de livraison passa de J+1 à J+3", se souvient Alain Renier, sélectionneur vin pour cette enseigne. Il estime qu’actuellement, les amateurs de vin en profitent aussi pour "boire leur cave".

Le quarantini new-yorkais

Pas faux. Lorsque l’on voit les photos envoyées sur des sites WhatsApp, on ne peut que constater des dégustations parfois de grandes bouteilles en semaine. "On est à la maison, on ne va pas au restaurant, on ne bouge pas, on veut se faire plaisir. Et la belle bouteille dédiée au repas du dimanche, on peut aussi la décliner lors des dîners en semaine", raconte Laurence, présidente d’un club d’œnophiles en Brabant Wallon. Et puis, autre phénomène lors de ce confinement, ce sont les "apéros Skype", les "e-apéritifs". Des apéros virtuels qui réunissent des amis devant un écran et quelques verres de vin, bières ou cocktails. Malgré le drame vécu actuellement par les New-Yorkais, ils ont créé le "quarantini", un cocktail élaboré avec les alcools encore disponibles dans leurs bars.

Des e-dégustations

Amateurs et même professionnels organisent aussi des "e-dégustations". Lundi dernier, Jacques Gièrs en proposait une à l’un de ses clubs. Chaque membre avait réceptionné à son domicile des bouteilles de 37,5 cl de Bordeaux, thème générique de la soirée. "Confinés, oui, abstinents, non! Nous étions tous devant notre écran et je commentais les vins, chacun faisant, comme toujours, ses commentaires et son classement", explique l’animateur du Club de vin du Cercle Gaulois et fondateur du site leguidedachatdesvins.eu.

Des cavistes proposent des e-dégustations: on se fait livrer un pack de bouteilles qui seront l’objet d’un atelier de dégustation 'online'.

Des cavistes proposent également ce genre d’événement. Comme  La Fée Pompette , en région liégeoise: on se fait livrer un pack de bouteilles qui seront l’objet d’un atelier de dégustation "online". Les professionnels aussi ont recours actuellement à ce type de dégustation. Les quatre acheteurs de Delhaize viennent de déguster, chacun à leur domicile, des vins de la Rioja et d’Afrique du Sud, et puis de comparer leurs notes. "On avait choisi les mêmes vins", se réjouit Pieter Jan Cuyvers.

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