Coronavirus: Bruxelles au niveau d'infection d'Anvers d'ici deux semaines?

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L'augmentation des nouveaux cas de coronavirus ralentit, mais la situation épidémiologique continue d'empirer à Bruxelles. Les hospitalisations atteignent un record depuis fin mai.

La semaine dernière nous avons enregistré plus de 4.000 nouveaux cas de coronavirus, il s'agit d'une augmentation de 12% par rapport à la semaine précédente. Il y a eu en moyenne 604 nouvelles infections par jour, contre 538 la semaine précédente. Cette hausse se stabilise, ce qui signifie que la croissance exponentielle semble interrompue. Mais cette moyenne cache des différences régionales.

Dans les provinces d'Anvers, du Limbourg et du Luxembourg, ces courbes sont en baisse. C'est à Anvers (qui recense 1/3 des nouvelles infections) que la stabilisation du nombre d'infections est la plus forte (-3%). La plus forte augmentation se situe en Région de Bruxelles-Capitale: la moyenne hebdomadaire augmente 57%. Cela reste légèrement inférieur à l'augmentation d'il y a une semaine, mais elle reste alarmante. Si cette tendance se poursuit, Bruxelles atteindra le niveau d'infection d'Anvers d'ici deux semaines.

Dans les autres provinces, l'augmentation des nouveaux cas se chiffre entre 20 et 50%. À Liège et en Flandre occidentale, on dénombre 400 nouveaux cas par semaine.

Des hospitalisations en nette hausse

48
hospitalisations
Le nombre de nouvelles admissions à l'hôpital enregistrées dans la journée de ce mardi.

Au niveau des hospitalisations, il y a eu 48 nouvelles admissions hier, dont 11 à Anvers et 12 à Bruxelles. Il s'agit du plus grand nombre d'hospitalisations depuis fin mai. Au niveau des décès, on compte une moyenne de 3,7 décès par jour la semaine derniere.

Climatisation dans les centres de soin

En ces jours de forte chaleur, la climatisation peut s'utiliser en toute sécurité pour refroidir les pièces, surtout dans les lieux où se trouvent des personnes âgées plus sensibles à la chaleur. Il faut que la climatisation soit bien entretenue et qu'elle soit réglée pour que l'air extérieur soit toujours rapporté et ne pas faire re-circuler l'air intérieur.

Les ventilateurs peuvent aussi être utilisées dans les maisons de repos, mais dans les chambres des résidents, et non dans les pièces communes. Le centre de crise conseille aux centres de soin de rassembler les résidents dans les pièces les plus fraîches, surtout quand aucun cas de Covid-19 n'a été enregistré les deux dernières semaines. Il faut régler ce ventilateur pour qu'il n'y ait aucun flux d'air important entre les personnes: le régler moins fort et l'orienter vers le mur.

Deux taux de reproduction

Il existe deux taux de reproduction du virus, chacun donnant une estimation du niveau d'infection dépendant du comportement de chacun et des caractéristiques du virus.

Le taux de reproduction de base, le R0, estime le nombre moyen de personnes qu'un patient va contaminer dans une population, sans mesure de protection. Il est calculé au début de l'épidémie et dépend de la durée de la contagiosité, de la probabilité d'une infection après un contact avec une personne infectée et de la fréquence des contacts humains. Ce R0 sera d'autant plus important que ces trois facteurs sont élevés. En Chine, au début de l'épidémie, il était estimé à 3,28.

On parle maintenant de Rt ou R effectif, le taux de reproduction à un moment donné. Il évolue au cours de l'épidémie en fonction des mesures de restriction prises. S'il est inférieur à 1, chaque patient contaminera moins d'une personne et l’épidémie disparaîtra progressivement. S'il est supérieur à 1, le patient infectera plus d'une personne et l'épidémie se poursuivra d'autant plus que le Rt est élevé. Le but est donc de faire baisser ce Rt et le maintenir en dessus de 1.

Ce Rt est calculé de deux façons:

  • en fonction du nombre d'hospitalisations
  • en fonction du nombre de nouveaux cas positifs détectés

Sciensano a choisi de calculer ce Rt au niveau national par le nombre d'hospitalisations. Cette indication est plus fiable car ce nombre est répertorié tous les jours, alors que le nombre de personnes détectées positives dépend beaucoup du testing. Le R national est actuellement repassé au dessus de 1.

Sciensano a par contre choisi de calculer les chiffres par province en fonction du nombre de tests PCR positifs. Ce chiffre est indépendant de la répartition de la population selon l'âge. Il est désormais disponible dans le bulletin journalier sur le site de Sciensano. Il varie en fonction des provinces mais il se situe actuellement partout au dessus de 1.

1,27
C'est l'estimation du taux de reproduction national du virus actuellement. Cela signifie qu'une personne infectée va contaminer plus d'une autre personne.

Attention, ce Rt est toujours donné avec un intervalle de confiance. Plus l'intervalle est grand, moins le chiffre est précis. Le taux de reproduction peut en outre varier sans que l'épidémie n'évolue car il est très sensible aux variations du nombre de cas, par exemple si l'on effectue un dépistage massif après la découverte d'un cluster. Il ne s'agit pas non plus d'un indicateur suffisant, nous avons également besoin du nombre de décès et des hospitalisations.

Enfin, quand le Rt diminue cela ne signifie pas forcément que le potentiel de contagion diminue. Le taux national (en fonction des hospitalisations) se situe actuellement à 1,27, mais avec un intervalle de confiance large. Au niveau des infections, il s'élève entre entre 0,99 au Limbourg et 1,37 en Flandre Occidentale.

Une nouvelle campagne de sensibilisation

Le SPF Santé Publique a également annoncé sa nouvelle campagne intitulée 11millionsderaisons.be pour encourager les Belges à respecter les six règles d'or contre le coronavirus:

  • les règles d'hygiène de base,
  • faire ses activités en extérieur,
  • surveiller les personnes vulnérables,
  • respecter le 1,5 mètre de distance physique,
  • limiter ses contacts rapprochés,
  • et respecter les règles concernant les rassemblements.
"Nous voulons surtout encourager un changement durable de mentalité, notamment dans les populations plus difficiles d'accès, avec un niveau socio-économique plus faible."
Antoine Iseux
Porte-parole du Centre de crise

Cette nouvelle plateforme a été développée sur base des conseils du GEES (groupe d'experts en charge de la stratégie de sortie) et de contributions académiques de spécialistes en sciences comportementales. "Nous voulons surtout encourager un changement durable de mentalité, notamment dans les populations plus difficiles d'accès, avec un niveau socio-économique plus faible", explique le porte-parole Antoine Iseux.

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