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reportage

Coronavirus: des tests mobiles pour les maisons de repos bruxelloises

Le bus permet de réaliser 100 à 200 tests par jour ©Tim Dirven

L’urgence est désormais de tester le personnel et les résidents des maisons de repos en vue du déconfinement des Belges. Tester à grande échelle permettra de prendre les mesures adéquates. Parmi les solutions mises en place, un bus à tests circule à Bruxelles. Il est à l’initiative de l’hôpital Saint-Pierre et du docteur Marc Decroly. Reportage.

Il est 8h tapantes ce vendredi matin, le bus se gare devant la Maison Vésale, appartenant au CPAS de Bruxelles. Le Dr Marc Decroly et son équipe sortent le matériel. Chaises, mange-debout, poubelles… "On se croirait au camp scout!", s’exclame-t-il. Six bénévoles sont nécessaires pour mener à bien la mission. Après s’être équipés du matériel de protection anti-Covid, tous sont parés, la journée de testing peut commencer.

©Tim Dirven

Prêté par la Ville de Bruxelles et aménagé par le CHU Saint-Pierre, ce bus se rend dans les maisons de repos pour tester les résidents et le personnel. "Tout le monde en est convaincu, il est nécessaire d’isoler les personnes testées positives", nous explique Marc Decroly, médecin généraliste, urgentiste au CHU Saint-Pierre et à l’initiative du "bus à tests".

"L’objectif principal du projet est de mettre en place une structure permettant de faire des frottis à grande échelle dans des conditions de sécurité optimales", poursuit Marc Decroly. Grâce au bus, entre 100 et 200 personnes peuvent être dépistées chaque jour à Bruxelles. "Réaliser les tests, ça prend énormément de temps. Le bus est une première solution, mais cela ne suffira pas", précise le généraliste.

Plus de 46.000 tests ont été distribués dans les maisons de repos belges, selon les chiffres diffusés par la task force testing Coronavirus pilotée par le ministre Philippe De Backer (Open VLD). Ce week-end, 41.000 d'entre eux devaient arriver dans les laboratoires pour y être analysés.

Offrir une solution de terrain

Présidente du CPAS de Bruxelles, Karine Lalieux soutient à "1000%" le projet. "Malgré la polémique sur la question de savoir si les hôpitaux recevaient ou non les aînés, on voit au contraire qu’ils se préoccupent d’eux sur le terrain. Grâce à ce projet, l’hôpital se rend dans les maisons de repos. Cela témoigne d’une grande solidarité."

Au nom du CPAS de la Ville, dont dépendent cinq maisons de repos, Karine Lalieux se félicite de pouvoir compter sur des hôpitaux comme Saint-Pierre en tant que partenaire de premier plan. "Ils nous ont toujours soutenus, tant pour l’apport de matériel que de médecins. Saint-Pierre se trouve dans un quartier populaire et les médecins sont proches de la réalité bruxelloise. Ils sont créatifs et ont envie d’aider."

©Tim Dirven

Un cri sourd se fait entendre depuis la cabine. "C’est fini, c’est fini", rassure le médecin. Le coton-tige s’est enfoncé loin dans le nez. "Le frottis a été réalisé dans de bonnes conditions", estime Marc Decroly. Le bus est organisé en deux parties. La première, située à l’avant, reçoit le patient assis dans une cabine isolée. À l’arrière, un médecin réalise le test en passant ses mains dans les deux trous formés dans le plexiglas. Le test effectué, son adjointe place l’écouvillon dans un tube. Deux personnes notent les coordonnées du patient analysé. La cabine est désinfectée tandis qu’un autre patient s’installe dans la deuxième cabine aménagée. Et c’est reparti pour un autre test.

Le testing se poursuit. Environ 3.000 tests ont été effectués (avant le week-end) dans 25 maisons de repos et de soins différentes à Bruxelles, expliquait vendredi le ministre bruxellois Alain Maron (Ecolo), chargé de la Santé pour la Cocof. Mais les prélèvements doivent ensuite parvenir au laboratoire et il faut encore attendre 48 à 72 heures avant de connaître les résultats. Selon le plan mis en place, 9.653 autres tests parviendront cette semaine dans des structures pour personnes handicapées et des maisons de repos. Idem la semaine suivante. On est "en vitesse de croisière", indique le cabinet Maron.

Dépistage à bord du bus à tests

©Tim Dirven

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