Publicité
Publicité

Coronavirus: l'UE veut mobiliser son prochain budget pour relancer l'économie

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen veut utiliser le prochain budget de l'Union pour soutenir la relance. ©AFP

La Commission européenne a l'intention d'utiliser le prochain budget à long terme de l'Union pour soutenir la relance de l'économie européenne. Le débat entre les Vingt-sept s'annonce serré.

La Commission européenne doit proposer des mesures pour relancer l'économie européenne menacée d'une récession profonde suite à l'épidémie de coronavirus. Ces mesures seront à l'ordre du jour du collège des commissaires de mercredi

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen veut utiliser le prochain budget à long terme de l'Union (2021-2027) pour alimenter la reprise. La proposition de budget de la Commission, bloquée depuis 2016, est en cours de négociation au Conseil européen. Lors d'un sommet extraordinaire, le 20 février dernier, les dirigeants européens ont échoué à s'entendre sur ce budget de plus de mille milliards. 

"Pour assurer la reprise, la Commission va proposer des changements dans le projet de budget pluriannuel afin de faire face aux conséquences de la crise du coronavirus."
Ursula von der Leyen
Présidente de la Commission européenne

La crise déclenchée par l'épidémie de coronavirus pourrait changer la donne et hâter le processus d'adoption. Ursula von der Leyen a l'intention de déposer une nouvelle proposition.

"Pour assurer la reprise, la Commission va proposer des changements dans le projet de budget pluriannuel afin de faire face aux conséquences de la crise du coronavirus", affirme la présidente de la Commission.

Les fonds de cohésion, destinés aux régions les plus défavorisées, devraient être au cœur du processus, alors qu'il était question de les limiter au profit de nouvelles politiques comme le Pacte vert et le numérique. Le plan de relance devra garantir "le maintien de la cohésion au sein de l'Union par la solidarité et la responsabilité", estime Ursula von der Leyen.

Les ministres des Finances de l'Union européenne discuteront des mesures à prendre lors d'une réunion prévue le 7 avril prochain. Dans une lettre aux grands argentiers européens, le président de l'Eurogroupe, Mario Centeno, estime que les pays de la zone euro sortiront de la crise "avec un niveau d'endettement beaucoup plus élevé", en espérant que "cet effet et ses conséquences durables ne deviennent pas une source de fragmentation". Il y va de l'avenir de la monnaie unique.

Fracture entre le nord et le sud

L'histoire dira si le souhait de Mario Centeno, qui est aussi le ministre de l'Économie du Portugal, sera réalisé, car la pandémie a réveillé une vieille fracture entre les Vingt-sept lors du dernier sommet européen, le 26 mars. Les États de l'UE sont apparus profondément divisés sur la manière de sortir l'économie européenne de la crise.

Neuf pays, Italie, Espagne et France en tête, proposent de mutualiser la dette provoquée par l'épidémie de coronavirus en émettant des obligations européennes, des "corona bonds". Les États du nord, comme l'Allemagne et les Pays-Bas, partisans d'une discipline budgétaire stricte, s'y refusent.

Ce manque de solidarité provoque de vifs débats entre les capitales. Au lendemain du sommet, le Premier ministre portugais Antonio Costa s'en est pris à l'attitude "répugnante, enfantine et engourdie", d'une "inconscience absolue", du ministre néerlandais des Finances Wopke Hoekstra qui refuse de faire appel au MES pour contrer les dommages causés par la crise.

"Je n'ai pas montré suffisamment d'empathie."
Woepke Hoekstra
Ministre néerlandais des Finances

Mardi, Wopke Hoekstra faisait son mea culpa, sans changer sa position sur les "corona bonds". "Je n'ai pas montré suffisamment d'empathie", a-t-il déclaré à RTL Z. 

Pour le président du Mécanisme européen de stabilité (MES), Klaus Regling, l'émission de "corona bonds" n'est pas une solution immédiate à la crise. Une telle opération "pourrait prendre trois ans", a-t-il confié au Financial Times, à moins d'utiliser les fonds existants du MES, ce qu'il ne recommande pas. "Je pense que la seule manière est d'utiliser les institutions existantes avec les instruments existants", estime Klaus Regling.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité