Covid-19: l’immunité post-infection est aussi solide que la vaccination

Une étude britannique démontre qu'une infection antérieure au coronavirus serait aussi bénéfique que le vaccin, au moins pendant quelques mois. ©REUTERS

Avoir été infecté par le coronavirus protège à 83% durant plusieurs mois après la contamination, selon une étude réalisée au Royaume-Uni. Les risques de développer une forme grave de la maladie sont quasi nuls.

Une étude de Public Health England sur près de 21.000 soignants anglais indique que les infections au Covid-19 protègent à 83% plusieurs mois après la contamination, soit davantage que le vaccin AstraZeneca (efficace à 62%) et presque autant que les vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna (efficaces à plus de 90%). Les scientifiques estiment que les risques de développement de formes graves de la maladie après avoir franchi le cap de la première infection sont quasiment nuls.

Cela pourrait amener les autorités à inciter ceux qui ont déjà été infectés à attendre la dernière ligne droite du programme de vaccination pour recevoir une injection.

Cette conclusion ne remet évidemment pas en question le fait que la distanciation sociale doive continuer de s'appliquer, d'autant plus que les sujets déjà infectés pourraient continuer de porter le virus dans leur nez et leur gorge, et donc transmettre le virus malgré leur immunité. 

Mais cela pourrait amener les autorités à inciter ceux qui ont déjà été infectés à attendre la dernière ligne droite du programme de vaccination pour recevoir une injection et encore réduire leurs risques de recontamination, pour protéger en priorité ceux qui n’ont jamais été infectés.

Une infection aussi bénéfique que le vaccin

L’étude a suivi 6.614 membres du personnel soignant en Angleterre qui ont été infectés pendant la première vague, en parallèle à 14.173 autres membres qui n’ont pas été contaminés. À la fin novembre, 44 réinfections avaient été enregistrées dans le premier groupe, et 318 infections dans le second. La proportion de réinfections (0,67%) était donc nettement plus basse que la proportion de primo-infections (2,2%). En outre, les réinfections n’ont jamais mené à des symptômes graves.

"Ce que cela nous dit, c’est qu’une infection antérieure est aussi bénéfique que le vaccin, au moins dans cet intervalle de temps."
Susan Hopkins
directrice adjointe du service national des infections à Public Health England

Ce nombre pourrait même être en réalité encore plus bas, car la grande majorité des 44 cas comptés comme des réinfections pourraient en fait avoir correspondu à la première vague. Seuls 2 de ces 44 cas étaient attribués avec une forte probabilité à une seconde infection.

"Ce que cela nous dit, c’est qu’une infection antérieure est aussi bénéfique que le vaccin, au moins dans cet intervalle de temps", a indiqué Susan Hopkins, directrice adjointe du service national des infections à Public Health England. "Cela va aider à donner un niveau d’immunité et de protection qui va réduire les transmissions, en parallèle aux vaccins."

Quelle durée réelle de protection?

La seule inconnue est la durée réelle de protection, qui serait de cinq mois minimum, mais avec une diminution progressive du nombre d’anticorps. 

5
mois
La durée réelle de protection serait de cinq mois minimum après une infection au nouveau coronavirus.

Le programme de vaccination continue de progresser très vite au Royaume-Uni. Trois millions de personnes au total auront reçu au moins une première dose de protection d’ici la fin de cette semaine. L’objectif de protéger d’ici la mi-février toutes les catégories de population qui ont représenté 88% des décès jusqu’à présent est tenable. Le rythme des contaminations liées au nouveau variant semble, par ailleurs, avoir atteint un plateau.

En revanche, le nombre de décès continue de battre des records (1.564 victimes mercredi). La barre des 100.000 morts sera dépassée dans les prochains jours.

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