Covid-19: les masques en tissu doivent-ils être bannis face aux variants étrangers?

En France, les autorités sanitaires conseillent aux citoyens de ne plus utiliser les masques en tissu. ©Pixabay

Selon les chiffres de Sciensano, 91 cas du variant britannique et 7 cas du variant sud-africain du coronavirus ont été détectés en Belgique. Ces taux devraient encore grimper mais ne doivent pas forcément modifier nos habitudes face au virus.

Variant britannique, sud-africain, brésilien et désormais californien. Décidément, le Covid-19 n'a pas fini de se modifier. En Belgique, ce sont au total 98 de ces variants ont été repérés jusqu'au dimanche 18 janvier inclus.

98
Cas de variants étrangers
Au total, ce sont 98 cas des variants britanniques et sud-africains qui ont été détectés à l'heure actuelle en Belgique.

"Ce chiffre va continuer à augmenter", prévient Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus en Belgique. Si une hausse est à prévoir, c'est principalement car l'analyse des souches prélevées chez les personnes testées positives au Covid-19 n'est pas systématique. Il est donc probable que certains d'entre eux soient porteurs d'un variant sans le savoir, puisque les analyses de base ne permettent pas d'identifier précisément les variations.

"Les recherches de ces variants se font sur des profils suspects", explique l'épidémiologiste. En bref, les tests approfondis qui permettent de repérer les variants ne sont effectués que si la personne est de retour d'une zone rouge ou si le prélèvement est "un peu particulier et indique qu'il pourrait s'agir d'un variant".

Un système plus efficace pour mieux détecter les variants

Enfin, il précise que ces variants représentent actuellement seulement 5% des souches qui sont isolées chez nous. C'est-à-dire que lorsqu'il y a un doute sur la présence potentielle d'unvariant, seulement 1 souche sur 20 analysée en profondeur est effectivement une mutante.

Mais à l'avenir, les tests approfondis devraient être plus fréquents puisque notre pays va accroître le nombre de souches analysées en profondeur. "Un échantillon positif sur 50 sera génétiquement caractérisé donc à peu près 2% des souches ce qui donnera une image plus complète plus véritable de l’ensemble des variants du pays", se réjouit Yves Van Laethem.

Plus contagieux mais pas plus virulents

"Ce virus n'a pas changé dans sa virulence, son agressivité ou les manifestations cliniques qu'il induit."
Yves Van Laethem
Porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19

Qu'est-ce qui différencie au juste les variants des formes du virus que nous connaissions aupravant? "Ce virus n'a pas changé dans sa virulence, son agressivité ou les manifestations cliniques qu'il induit", tempère Yves Van Laethem. En d'autres termes, si vous êtes contaminé par l'un des variants, vos symptômes ne seront pas différents de ceux de la forme classique du virus. Ni plus graves ni plus légers, donc.

Toutefois, comme on le sait depuis plusieurs semaines, ces variants se transmettent plus facilement. "On estime à 40% le risque supplémentaire de contagiosité induit par les variants", explique le porte-parole de Sciensano.

Si cela peut paraître inquiétant, les experts s'accordent à dire qu'il s'agit d'une évolution normale pour ce type de virus. Lorsqu'il se transmet d'une personne à une autre, le virus change et les formes les plus efficaces, donc les plus contagieuses, l'emportent sur les autres qui disparaissent petit à petit. "C'est un processus typiquement darwinien qui guide toute l'évolution du monde vivant", ajoute Yves Van Laethem.

L'efficacité des masques "fait maison" en question

Face à cette contagiosité accrue, des voix s'élèvent pour critiquer l'efficacité de certains masques. Si bien qu'en France, le Haut conseil de santé publique recommande, par précaution, de privilégier les protections buccales dont les normes de filtration sont reconnues. Comprenez par là qu'il faut privilégier les masques FFP2 ou dits "chirurgicaux" aux masques "fait maison".

"Nous avons à notre disposition des outils efficaces s'ils sont employés quand il faut et convenablement."
Yves Van Laethem
Porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19

En Belgique, aucune autorité n'a encore tranché le débat et, selon Yves Van Laethem, il est préférable de porter correctement un masque potentiellement moins efficace que de mal porter un masque dont l'efficacité est prouvée. "Nous avons à notre disposition des outils efficaces s'ils sont employés quand il faut et convenablement."

"Les masques en tissus doivent être lavés, il faut préférer ceux qui ont une double couche et éventuellement un filtre", ajoute-t-il. Concernant les masques chirurgicaux, il rappelle qu'ils doivent aussi rester secs et être changés toutes les quatre heures.

Comment porter le masque efficacement ?

Il rappelle les bonnes pratiques à adopter en matière de protection anti-Covid. Un masque, quel qu'il soit, est rendu inefficace lorsqu'il est abaissé sur le menton, qu'il ne cache pas le nez ou qu'il baille sur le côté. "Il serait d'abord judicieux de réparer ces fautes avant de songer à employer d'autres systèmes", insiste l'épidémiologiste.

Faut-il abaisser l'âge du masque obligatoire?

Certains membres du Risk Assessment Group (RAG) préconisent d'abaisser à 10 ans l'âge du masque obligatoire si l'épidémie venait à s'aggraver en Belgique. Cependant, aucun accord n'a pu être dégagé à l'heure actuelle au sein du groupe d'experts, ni au sein du Risk Management Group, a-t-on appris mardi à bonnes sources.
Selon les partisans de la mesure, la balance pencherait en sa faveur si le virus circulait davantage, ce qui pourrait être le cas avec l'apparition de nouveaux variants plus contagieux. Pour l'instant, l'épidémie reste sous contrôle en Belgique, avec une baisse de 2% des contaminations sur 7 jours, à une moyenne journalière de 2.017, et un recul, sur la même période, des nouvelles hospitalisations (-9% à 115,9) et des décès (-7,9% à 50,3), selon les chiffres publiés mardi par Sciensano.
 Quoi qu'il en soit, c'est le comité de concertation qui devrait déterminer à partir de quel niveau cette mesure pourrait être appliquée, a précisé l'institut de santé publique.
La fermeture des écoles devrait, elle, être la toute dernière option, estiment par ailleurs les experts du RAG qui plaident néanmoins, en cas de détérioration de la situation, pour l'interdiction de regroupements d'enfants à l'intérieur dans le cadre d'activités sportives et culturelles.

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