Covid-19: quelles nouvelles mesures vont être imposées aux Belges?

Le Premier ministre Alexander De Croo et le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke participent ce vendredi à un comité de concertation qui doit décider de nouvelles règles pour endiguer l'épidémie. ©Photo News

Couvre-feu étendu, télétravail, bulle réduite, nouvelles règles pour l'horeca... Un comité de concertation doit décider, ce vendredi, de mesures supplémentaires pour freiner la propagation du coronavirus en Belgique. On attend un effort particulier de pédagogie...

"Des mesures supplémentaires sont nécessaires" en vue de limiter la propagation du coronavirus, disait, jeudi à la Chambre, le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld). Un comité de concertation, réunissant les différents gouvernements du pays, va décider de cela ce vendredi à partir de 14h. Une conférence de presse suivra pour annoncer les mesures prises.

Frank Vandenbroucke (sp.a) a déjà promis que les mesures qui pourraient être prises respecteraient certains objectifs, dont "maintenir les écoles ouvertes."

Quelles mesures? Par rapport à ce qui se passe à l'étranger, plusieurs options sont envisageables: télétravail pour toutes les professions qui le permettent, bulle sociale encore réduite, couvre-feu, fermeture (ou horaire plus limité encore qu'actuellement) des cafés et restaurants...

Les options

Le couvre-feu. Il s'agit d'une sorte de lockdown nocturne. Où et quand? Rappelons que les provinces du Luxembourg et du Brabant wallon ont déjà imposé ce système, de 1h à 6h du matin. Le système pourrait être étendu, à tout le pays ou aux zones les plus peuplées. Différents horaires sont envisageables. Mais dès 21h, comme en France, serait de facto un coup de massue pour les restaurants.

Le télétravail. Actuellement, le télétravail est recommandé, mais la mesure pourrait être davantage encouragée pour devenir la norme dans tous les secteurs où c'est praticable. Cela permettrait de soulager les transports en commun, où la distanciation sociale s'avère impossible à respecter vu l'affluence.

Le masque. Alors que plusieurs villes avaient rendu obligatoire le port du masque en rue, l'une des dernières décisions du précédent gouvernement fut de supprimer cette obligation, sauf dans les lieux très fréquentés et dans les endroits où la distance de sécurité de 1,5 mètre ne peut être garantie. Cet assouplissement était jugé étonnant vu la recrudescence de l'épidémie déjà perceptible et le plaidoyer de nombreux experts pour l'utilisation massive de cet outil de lutte contre le virus. Un éventuel retour en arrière pourrait se justifier au niveau sanitaire, mais serait évidemment anti-pédagogique et représenterait à nouveau une mesure difficile à comprendre pour la population.

1
personne
La bulle pourrait être réduite à un seul contact

La bulle sociale. La bulle, qui représente ces personnes avec qui l'on peut avoir des contacts rapprochés sans porter le masque, est actuellement de trois. Mais rappelons qu'il est permis d'inviter quatre personnes chez soi et de se retrouver à une table de dix au restaurant. Ce système est devenu complexe et donc mal compris. Encore réduire cette bulle rapprocherait le pays d'un second véritable confinement. Sur ce dossier, le gouvernement De Croo marche sur des oeufs. À tout le moins, on attend des éclaircissements, voire une simplification. Mais les contacts sociaux pourraient encore être réduits... La bulle de 1 seul contact serait en discussion.

Les cafés et restaurants. Le secteur horeca a déjà payé un lourd tribut à la crise, mais il est caractérisé par des comportements antagonistes, entre les bons élèves respectant scrupuleusement le port du masque, la disposition de plexiglas entre les tables, un cheminement fléché dans l'établissement, et ceux qui organisent des fêtes "comme avant". Entre les deux: ceux qui se contentent du minimum... comme le masque pendouillant autour du cou. Alors, faut-il infliger de nouvelles mesures générales, comme des horaires encore réduits, et sanctionner ceux qui ont investi et s'investissent ou organiser un contrôle plus strict? Le secteur craint une fermeture pure et simple.

Baromètre

Frank Vandenbroucke (sp.a), ministre de la Santé, a déjà promis que les mesures qui pourraient être prises respecteraient certains objectifs: "Maintenir les écoles ouvertes, faire en sorte que les entreprises puissent continuer leur activité, veiller à ce que les soins de santé ne chavirent pas, permettre aux personnes qui souffrent d'un cancer d'être soignées et à une personne qui doit subir une opération grave d'être admise."

Ce qui est certain, c'est que notre pays va enfin être dotée d'un baromètre après plusieurs semaines d'atermoiements. Celui-ci est censé rendre la situation plus prévisible et plus claire pour les Belges souvent perdus entre les changements en cascade intervenus depuis quelques mois. Plus pédagogique, alors? Rien n'est moins sûr, vu qu'il pourrait s'agir d'un code couleur, un système déjà mis à plusieurs sauces (voyages à l'étranger...). Autre option: des niveaux 1, 2, 3, 4... comme cela existe déjà aussi, pour la menace terroriste.

Stratégie de tests

On sait aussi qu'une nouvelle stratégie de tests est en cours d'élaboration. Pedro Facon, le commissaire Corona, a lancé une task force avec des experts vu que le système actuel du testing est en pleine crise alors même que cette seconde vague était prévisible. Les laboratoires d'analyse sont structurellement dépassés et le résultat des tests n'est parfois communiqué qu'après cinq jours, voire six, rendant notamment problématique le suivi des contacts quand cela est nécessaire. Les tests antigéniques (rapides, avec un résultat en moins d'une heure) sont demandés par de nombreux experts et espérés par plusieurs secteurs.

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