1.000 emplois sur la sellette chez Brussels Airlines

"Brussels Airlines est menacée par la position de cash de Lufthansa. Il s’agira du 1er dossier économique difficile que nos autorités auront à gérer dans le cadre de la crise qui va nous frapper. Quel doit être l’avenir d’une compagnie aérienne qui n’est plus belge que de surface, mais qui fait vivre plusieurs milliers de foyers chez nous?"

Cette question, L’Écho la posait, telle quelle, le 12 mars dernier. Ce jour-là, Donald Trump venait d’annoncer qu’il fermait le ciel entre les États-Unis et l’Europe et les observateurs du monde entier s’inquiétaient de la survie de l’aérien.

Deux mois se sont écoulés. Deux mois durant lesquels il a toujours été clair que, face à la sélection naturelle qui va s’opérer dans le secteur, Brussels Airlines partait avec les mauvaises cartes. Son business n’est pas rentable, et c’est le cas depuis 10 ans.  

Deux mois durant lesquels personne n’a pu oublier que les Allemands, dans ce dossier, sont tout sauf des tendres. Doit-on, ici, rappeler l’entourloupe qu’ils ont utilisée en 2016 pour s’offrir les 55% restants de l’entreprise à prix plancher?

Dans les cénacles politiques, durant deux mois, beaucoup se sont pourtant laissés aller à de belles déclarations, à de beaux projets. La réalité est toute autre.

Dans les cénacles politiques, durant deux mois, beaucoup se sont pourtant laissés aller à de belles déclarations, à de beaux projets. Nous allions faire plier Lufthansa, sauver "notre" compagnie et en profiter pour influencer la stratégie. Faire de Brussels Airlines un symbole du monde d’après.

La réalité est toute autre. 1.000 emplois vont sauter. Et ce n’est, peut-être, qu’un début, car Lufthansa et son CEO Carsten Spohr ont décidé de gonfler le chèque qu’ils demandent désormais pour sauver leur filiale belge. Sans garanties pour la suite.

Incapables de s’accorder sur une stratégie d’avenir et incapables d’avancer sur un très hypothétique plan B pour faire monter la pression, nos dirigeants ont surtout démontré, ce mardi, qu’ils avaient été incapables d’anticiper la violence du choc et des annonces faites par Lufthansa. Ils ont été dépassés.

Cette crise du Covid-19 n’est pas à prendre à la légère. Le dossier de Brussels Airlines nous l’a prouvé. C’est un avertissement. Un avertissement qui coûtera cher.

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