Cyberattaque en Europe: des documents liés au vaccin Pfizer/BioNTech ont été piratés

L'Agence européenne du médicament, basée à Amsterdam, a fait l'objet d'une cyberattaque, a-t-elle dévoilé. ©AFP

Pfizer a annoncé que des documents liés au vaccin Pfizer/BioNTech avaient été "illégalement consultés" lors d'une attaque contre l'Agence européenne du médicament.

L’Agence européenne du médicament (EMA), qui délibère actuellement sur la délivrance d’autorisations à plusieurs vaccins contre le Covid-19, s’est dite mercredi victime d’une cyberattaque. L’agence, basée à Amsterdam, a indiqué que l’incident faisait l’objet d’une enquête, sans préciser quand l’attaque a eu lieu. Hier soir, l’entreprise pharmaceutique Pfizer a annoncé que des documents liés au vaccin Pfizer/BioNTech avaient été «illégalement consultés» lors de cette attaque.

"Nous n’avons pas connaissance de l’accès à des données personnelles de participants à l’étude."
Le laboratoire BioNTech

"L’EMA a été l’objet d’une cyberattaque. L’agence a rapidement ouvert une enquête complète, en étroite coopération avec la police», a déclaré l’agence européenne, dans un bref communiqué.

BioNTech a déclaré que l’EMA l’avait informée que «l’agence avait fait l’objet d’une cyber-attaque et que certains documents relatifs à la soumission réglementaire pour Pfizer et le candidat vaccin contre le Covid-19 avaient été consultés illégalement». «Nous n’avons pas connaissance de l’accès à des données personnelles de participants à l’étude», poursuit le laboratoire.

Plusieurs cyberattaques en lien avec le Covid

L’Agence européenne du médicament, chargée d’autoriser et de contrôler les médicaments dans les 27 pays de l’UE, procède actuellement à l’examen de plusieurs vaccins contre le nouveau coronavirus. Sa décision sur une autorisation conditionnelle du vaccin Pfizer/BioNTech est prévue au plus tard pour le 29 décembre et sur celui de Moderna, d’ici le 12 janvier. Elle se penche aussi sur ceux développés par l’université d’Oxford et AstraZeneca, ainsi que Johnson & Johnson.

Des cybercriminels ont tenté de s’en prendre à plusieurs entreprises développant des vaccins comme Johnson & Johnson, Novavax, AstraZeneca.

Cette cyberattaque a eu lieu après une série d’avertissements sur des piratages en lien avec la pandémie de Covid-19. Londres a accusé des hackers basés en Russie et liés au Kremlin d’avoir ciblé en juillet des laboratoires menant des recherches pour des vaccins. Des cybercriminels ont tenté de s’en prendre à plusieurs entreprises développant des vaccins comme Johnson & Johnson, Novavax, AstraZeneca et des laboratoires sud-coréens, selon le Wall Street Journal.

Des laboratoires espagnols ont également indiqué avoir subi des attaques de cybercriminels chinois, avait rapporté en septembre le quotidien El Pais. Par ailleurs, IBM a révélé la semaine dernière qu’une série de cyberattaques avait ciblé la chaîne logistique des vaccins contre le coronavirus. La direction générale de la fiscalité et des douanes, un service de la Commission européenne, a été l’une des cibles de ces attaques. Des entreprises du secteur de l’énergie et de l’informatique basées en Allemagne, Italie, République tchèque, Corée du Sud et Taïwan ont aussi été visées, d’après IBM.

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