edito

D'urgence, une Europe de la santé

Journaliste

La riposte sera insuffisante tant que les Vingt-Sept ne dépasseront pas les Traités pour créer, d'urgence, une politique européenne commune de la santé.

Depuis le début de l'épidémie de coronavirus en Chine, les États européens savaient qu'ils risquaient une propagation de la maladie sur leur territoire. Avertis par la Commission européenne en janvier, ils n'ont pas jugé bon de se coordonner. 

Les gouvernements savaient qu'ils devraient affronter un virus agressif et ignorant les frontières. Et que seuls, ils ne pourraient gagner la guerre

Le jour venu, il n'existait aucun plan européen pour lutter contre la pandémie. L'Europe, le marché le plus intégré et le plus riche de la planète, attendait, béant, le virus.

L'Europe, le marché le plus intégré et le plus riche de la planète, attendait, béant, le virus.

Chaque État a pris pour lui les mesures de santé publique qu'il a jugé bonnes. Fermeture totale des frontières pour les uns, restrictions partielles pour les autres. Confinement en France, en Allemagne, en Belgique et ailleurs. Mesures "light" aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Quand l'Italie a demandé des masques, la France et l'Allemagne se sont assises dessus.

Le virus a tué, en quelques semaines, plus de personnes en Europe qu'en Asie. Nos démocraties sont pourtant dotées des systèmes de santé les plus performants du monde.

L'absence de coordination des politiques de santé publique n'est pas de la faute de l'UE. Les présidents de la Commission, Ursula von der Leyen, et du Conseil, Charles Michel, se démènent pour parer au plus pressé. La riposte sera insuffisante tant que les Vingt-Sept ne dépasseront pas les Traités pour créer, d'urgence, une politique européenne commune de la santé.

La bataille ne se limite pas à la santé. L'économie européenne est en récession. La crise serait plus grave que celle de 2008, mais à ce jour, il n'existe aucun plan de riposte connu. Il faudra aussi faire progresser l'union bancaire et l'Europe sociale.

L'absence d'Europe de la santé est la faute de dizaines d'années d'immobilisme de gouvernements européens rivés sur leur baromètre politique national, sans vision ni conscience des risques qu'une Europe inachevée fait courir à ses citoyens. La faute, aussi, aux nationalismes d'un autre âge. Il est encore possible de changer, mais il est moins une.

Lire également