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Dans les écoles, le flou règne à dix jours de la rentrée

Dans certaines écoles, on se demande si l'on pourra être prêt à assurer la rentrée du 18 mai. ©Photo News

Les établissements scolaires sont à pied d'œuvre pour organiser la rentrée des classes terminales du secondaire et des 6e primaires le 18 mai. Plusieurs inconnues leur compliquent toutefois la tâche.

Masques pour tous, marquages aux sols, locaux aménagés... La rentrée scolaire partielle du 18 mai s'apparente à un grand saut dans l'inconnu. Depuis deux semaines, directions, enseignants et personnels ouvriers s'activent pour qu'elle puisse se réaliser dans les meilleures conditions. Le mot d'ordre est limpide: pas question de badiner avec la santé des quelque 120.000 jeunes qui doivent revenir en classe. 

Dans certains établissements, c'était déjà le branle-bas de combat ce vendredi. Déplacement de bancs, création de circuits spécifiques ou encore délimitation d'espaces dans les cours de récréation occupaient les équipes. Dans d'autres, on est toujours en pleine réflexion quant aux mesures à prendre pour respecter les recommandations du Conseil national de sécurité (CNS). "Un vrai casse-tête", lâche la directrice d'une école hennuyère.

"C'est très difficile de prévoir les choses sans savoir exactement combien d'enfants seront présents."
Monique Simon
Secrétaire régionale CGSP-Enseignement

Combien d'enfants viendront?

Si les préparatifs sont enclenchés, la semaine à venir sera déterminante. Une inconnue de taille subsiste en effet: combien d'élèves se présenteront pour les garderies le 18 mai? "Des chiffres hypothétiques sont pris en compte par les établissements. Le risque est que certains se retrouvent avec un nombre trop important d'élèves, sans disposer de suffisamment de locaux", pointe la secrétaire régionale de la CGSP-Enseignement de Namur, Monique Simon.

Les recommandations des experts concernant la distanciation sociale sont particulièrement précises: chaque élève doit pouvoir disposer d'un espace de 4m², tandis qu'il faut prévoir 8m² pour les professeurs. Dans ces conditions, un maximum de 10 jeunes devrait être autorisé par classe, soit nettement moins qu'en temps normal.

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Afin de pouvoir évaluer au mieux les locaux nécessaires, la plupart des écoles ont demandé aux parents de leur faire part de leur intention de bénéficier d'une place en garderie, ou d'amener leurs enfants à l'école s'ils sont concernés par la rentrée. Car sur ce dernier point, c'est aussi l'incertitude qui domine. Ces dernières semaines, un groupe Facebook s'opposant à toute rentrée scolaire a rassemblé 75.000 personnes. Preuve, s'il en est, de l'anxiété de certains parents.

Monique Simon résume: "Les chefs d'établissements se coupent en quatre pour trouver des solutions, mais on reste dans le flou. C'est très difficile de prévoir les choses sans savoir exactement combien d'enfants seront présents."

L'état des locaux est-il adéquat?

Au-delà de la question de l'affluence sur laquelle ils n'ont pas de prise directe, certains acteurs de l'enseignement s'inquiètent de l'état de leurs locaux, d'autant plus au regard des règles à respecter en matière d'hygiène. "Dans de petits établissements du fondamental, on compte, par exemple, un seul lavabo, ce qui est logiquement problématique", soulève un enseignant.

"Cette crise sanitaire aura peut-être le mérite de mettre en lumière ce que nous dénonçons depuis de nombreuses années quant à l'état des bâtiments scolaires, particulièrement à Bruxelles", renchérit le permanent syndical bruxellois de la CSC-Enseignement, Fabrice Pinna.

Y aura-t-il des masques en suffisance?

Autre question ouverte: le matériel de protection et d'hygiène promis sera-t-il disponible à temps? Les marchés publics lancés par la Fédération Wallonie-Bruxelles pour des masques et du gel hydroalcoolique suivent leurs cours, nous assure-t-on au cabinet du ministre-président Pierre-Yves Jeholet. "Les commandes ont été passées afin de fournir deux masques en tissu lavable à chaque élève dès 12 ans et aux enseignants. Les besoins ont été estimés à 600.000 unités. Nous serons dans les temps pour l'organisation de la rentrée du 18 et ensuite celle du 25 mai."

600.000
Masques
Au cabinet du ministre-président Pierre-Yves Jeholet (MR), on estime qu'il faudra 600.000 masques pour les enseignants et les élèves concernés par les rentrées des 18 et 25 mai.

Les distributions de masques doivent avoir lieu dans le courant de la semaine prochaine. Inquiètes de ne pas disposer de l'ensemble du matériel requis, certaines directions ont toutefois entrepris des démarches afin de se procurer elles-mêmes les précieuses protections. "C'est un peu la débrouille. Beaucoup essayent de s'en sortir sans trop compter sur les promesses de la fédération", assure Monique Simon.

Qui aura le feu vert pour une reprise?

Pour veiller au respect de l'ensemble des prescrits de sécurité, les conseillers en prévention, déjà actifs sur le terrain, redoubleront d'efforts la semaine prochaine. Munis d'une checklist détaillée, ils vont enchaîner les visites d'écoles et prendre part aux comités de concertation entre les travailleurs et les directions. Les décisions de ces organes seront cruciales: sans leur feu vert, aucune reprise possible.

Le choix de ne pas reprendre, il a toutefois déjà été posé par quelques pouvoirs organisateurs. Les entités de Sivry-Rance, Chapelle-Lez-Herlaimont et Fleurus ont notamment renoncé, pointant la complexité des mesures à mettre en œuvre pour un nombre limité de journées d'école. 

Sans conteste, la semaine prochaine sera décisive. La réussite de la rentrée des 6e primaires et des années terminales du secondaire constituera un préalable indispensable au retour, le 25 mai, de trois autres classes. Mais ça, c'est déjà une autre histoire...

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