David Ghysels (Dinner in the Sky): "Je ressens le besoin d'enseigner"

David Ghysels, le créateur de Dinner in the Sky, est confiant pour la reprise du secteur de l'événementiel. Par contre, pour l'horeca, c'est plus compliqué, estime-t-il.

David Ghysels, le créateur de Dinner in the Sky, n'est pas trop inquiet pour le secteur de l'événementiel. Même s'il pense que la saison 2020 est "pliée", il croit en une reprise de ce secteur qui représente 80.000 emplois en Belgique. "C'est quoi un événement? C'est ce qui arrive et qui a de l'importance pour l'Homme. Et donc, crise ou pas crise, ce secteur va s'en remettre", nous a-t-il expliqué.

"On va se redresser, comme on l'a toujours fait."
David Ghysels
créateur de Dinner in the Sky

Dans l'immédiat, la crise du Coronavirus a forcé David Ghysels à repousser le lancement de sa nouvelle plateforme qui, dès le mois de juin, aurait dû permettre à douze chefs étoilés et à leurs clients de s'envoler pour un repas gastronomique au-dessus de la Place De Brouckère. Mais ce n'est que partie remise. Cette nouvelle plateforme, composée de huit tables rondes de quatre personnes, devrait s'élever dans le ciel bruxellois dès le mois de septembre. Surtout que cette nouvelle configuration devrait permettre aux gastronomes avides de sensations fortes de respecter les distanciations sociales.  

Plus intime, plus local et plus vertueux

Bien entendu, comme c'est le cas depuis le début de la crise, la question sera de savoir si le public et les entreprises vont suivre, s'ils seront au rendez-vous de la reprise. "J'y crois et on va se redresser, comme on l'a toujours fait", précise encore David Ghysels, estimant que l'événementiel est devenu un outil indispensable pour les entreprises et les villes. "Il faut créer l'événementiel pour exister, pour attirer les regards". Mais pour lui, l'événementiel, demain, sera sans doute plus intime, plus local et plus vertueux

"Quand on me parle de créativité, je trouve que ce sont les pouvoirs publics qui devront en faire preuve."
David Ghysels

Par contre, David Ghysels est plus inquiet pour le secteur de l'horeca. "J'entends qu'il faudra faire preuve de créativité, mais les restaurants ne sont jamais que des endroits où nous allons pour manger. Comment allons-nous faire si on ne peut exploiter qu'une partie de la surface des établissements", se demande celui qui, il y a quelques mois à peine, a lancé Gaufres & Waffles en compagnie de Michael Chiche, son bras droit, du chef Yves Mattagne et du fils de ce dernier, Sébastien.

"Quand on me parle de créativité, je trouve que ce sont les pouvoirs publics qui devront en faire preuve", estime-t-il. C'est à ce titre qu'il défend l'idée de la TVA déductible à 100%. "Cela fera venir des gens dans les restaurants et l'État sera gagnant car les gens demanderont leur souche, il n'y aura plus de noir", assure-t-il.

Gaufres & Waffles

Pour ses gaufres, comme pour le reste, l'entrepreneur devra se réinventer. Lancé en septembre, le concept Gaufres & Waffles était présent dans les galeries royales Saint-Hubert et au Food Market Wolf. Aujourd'hui, les initiateurs du projet cherchent de nouveaux endroits, des places où il y a du passage, comme c'est le cas des galeries du roi et de la reine.

100%
de déductibilité
David Ghysels défend l'idée de la TVA déductible à 100%. "Cela fera venir des gens dans les restaurants", assure-t-il.

"Nous ne voulons pas un endroit qui nous appartient, nous ne voulons pas de murs, c'est dans les gènes de la société", précise-t-il encore, ajoutant que ses associés et lui sont en train de développer le concept à l'étranger. Avant la crise, des discussions étaient en cours avec le Portugal et le Japon.

"Le soir, quand je vais me coucher, je dis souvent à ma femme qu'on vit un rêve, que l'on va se réveiller", raconte notre interlocuteur, qui met son temps à profit pour écrire. "Je réfléchis beaucoup également, je suis assez proche des jeunes. J'ai besoin de ce contact avec eux". C'est cela, sans doute, qui l'a poussé à écrire à Jean-François Raskin, le directeur de l'Ihecs, pour lui dire son envie d'enseigner. L'heure de la transmission a sonné. 

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