De nombreux Belges misent sur la bourse à l'occasion de la crise

Si la crise encourage certains à acheter des actions, elle provoque aussi une forte baisse des retraits de billets. ©Vince

Les courtiers en ligne ont enregistré l'arrivée d'un nombre élevé de nouveaux clients en mars. Dans les transactions sur actions, la proportion d'achats est nettement supérieure à celle des ventes.

La chute boursière des deux derniers mois a attiré des investisseurs belges à la recherche de bonnes affaires. D'après un coup de sonde de L'Echo auprès de plusieurs courtiers actifs en Belgique, les particuliers sont revenus en nombre vers la bourse en mars, principalement pour acheter des actions.

"Plus de la moitié des comptes de trading ouverts le mois dernier ont déjà été utilisés pour effectuer des transactions. C'est vraiment remarquable."
Fadwa Lahssini
Porte-parole de BinckBank

"Si nous comparons le nombre de comptes qui ont été ouverts le mois dernier et la moyenne par mois en général, nous remarquons une accélération", explique Fadwa Lahssini, porte-parole du site de transactions boursières en ligne BinckBank, qui évoque une multiplication par trois des ouvertures de compte. "Plus de la moitié des comptes de trading que nous avons ouverts le mois dernier ont déjà été utilisés pour effectuer des transactions à la bourse. En nous basant sur notre expérience, c'est vraiment remarquable."

Investisseurs confinés

Même son de cloche chez Bolero, la plateforme de transactions de KBC: "Le nombre de transactions en mars est supérieur de 400% au nombre mensuel de transactions en 2019", signale Viviane Huybrecht, porte-parole de la banque. "Le nombre d'ouvertures de comptes clients en mars a été supérieur de pas moins de 700% à celui de mars de l'année dernière." Les nouveaux venus en bourse semblaient pressés de passer à l'action, car Bolero ajoute avoir dû "accélérer le processus pour devenir client via itsme (application d'identification certifiée, NDLR), afin que les clients puissent commencer à travailler sans devoir attendre un digipass". Le confinement explique aussi le recours à cette procédure 100% numérique.

70%
Achats en hausse en mars
Chez Bolero, en mars, 70% des transactions étaient des ordres d’achat et 30% des ordres de vente, alors que la proportion normale se situe entre 60 à 65% d'achats et 35 à 40% de ventes.

Keytrade Bank a également attiré de nouveaux clients et a observé une forte hausse du nombre de transactions boursières: "Le nombre de comptes ouverts chez nous ces dernières semaines confirme que, maintenant que les gens sont confinés chez eux, ils sont vraiment à la recherche d’une alternative digitale et complète en ligne", dit Roel Vermeire, le porte-parole de la banque en ligne. "Le nombre d’ordres de bourse placés au cours du premier trimestre s’élève à plus du double de ce que nous avions prévu."

Hausse des achats

Si les Belges reviennent vers la bourse, c'est principalement pour acheter des actions, notent encore les courtiers. "Suite au krach boursier que nous avons connu récemment, nous constatons une plus forte activité à l’achat qu’à la vente, principalement auprès de nos clients avec un appétit au risque plus important", indique Jean-Michel Segers, porte-parole de Deutsche Bank Belgique.

BinckBank précise que les achats d'actions ont atteint 71,6% des transactions boursières en mars, pour 28,4% d'ordres de vente. "Dans des circonstances normales, l'achat et la vente d'actions sont à peu près en équilibre", précise Fadwa Lahssini. "Au mois de mars, nous avons pu observer que les particuliers ont détecté des opportunités d'achat, principalement en raison de la forte baisse des marchés boursiers."

Chez Bolero, en mars, "70% des ordres étaient des ordres d’achat, probablement parce que nous avons accueilli beaucoup de nouveaux clients qui achètent évidemment, et 30% des ordres de vente", souligne Viviane Huybrecht. "La proportion normale se situe plutôt entre 60 à 65% d'achats et 35 à 40% de ventes.

Même constat chez Axa Banque: "Les investisseurs sont plus actifs dans l’achat d'actions individuelles", dit la porte-parole, Lisa Pieters.

Parmi les titres les plus traités en mars chez Binck, Bolero et Keytrade (voir infographie), on trouve les actions AB InBev , Euronav , Galapagos , ING , KBC  et Royal Dutch Shell .

©Mediafin

Moins de retraits d’argent liquide

Si la crise a eu un effet sur les investisseurs, elle n’a pas perturbé les épargnants. D’après un rapide tour des banques belges, l’encours des comptes d’épargne n’a pas connu de fluctuation notable le mois dernier, contrairement à ce qui s’était passé en 2008 lors de la crise bancaire.

Par contre, la pandémie de coronavirus a provoqué une nette diminution des retraits de billets. "Nous constatons une nette diminution, d’environ 50% par rapport aux mois précédents, du nombre de transactions sur les distributeurs automatiques, tant pour les retraits que pour les dépôts", explique-t-on chez BNP Paribas Fortis.

 "Si l’on compare le mois de mars 2020 avec mars 2019, on constate une baisse de quelque 38% dans le nombre de retraits aux Cash&More (automates, ndlr) et de 40% pour les retraits aux guichets", ajoute-t-on chez Crelan. Argenta signale de son côté une baisse des retraits d’argent liquide, "jusqu’à moins 60%".

"Le nombre de retraits d’espèces aux ATM a diminué sensiblement, probablement parce que la plupart des magasins d’alimentation n’acceptent que des paiements électroniques, et aussi parce que beaucoup d’activités sont momentanément suspendues (cafés, restaurants, cinémas, etc.)", précise-t-on chez Belfius.

"Nous constatons une forte diminution de la demande de cash", confirme Axa Banque. "C'est logique, car les consommateurs sont encouragés à payer le plus possible par voie digitale, et de préférence sans contact." Manipuler des pièces et billets est en effet déconseillé en cette période.

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